ValentinaLa porte du bureau se referme derrière moi avec un cliquetis sec, et je sais que nous sommes seuls. Le campus est désert à cette heure, les couloirs silencieux, les salles plongées dans l'obscurité. Seule la lampe de son bureau brûle, dorée, intime, dessinant des ombres longues sur les murs tapissés de livres. L'odeur du papier ancien, du café froid, de sa peau. L'odeur de lui, partout, dans chaque recoin de cette pièce où nous avons déjà tout fait, où nous avons tout vécu, où nous avons tout risqué.Il me regarde. Ses yeux sont noirs, brûlants, affamés. Depuis des jours, nous nous évitons. Depuis des jours, nous nous privons. Depuis des jours, cette faim nous ronge, nous dévore, nous rend fous. Les rumeurs, les regards, la peur, tout cela nous a tenus éloignés. Mais ce soir, je n'en peux plus. Ce soir, j'ai besoin de lui. Ce soir, je suis venue le chercher.— Tu n'aurais pas dû venir, dit-il.Sa voix est grave, rauque, tendue. Mais
Última actualización : 2026-09-14 Leer más