Chapitre 51 Azrien Le théâtre est baigné par la lumière froide du matin, et l'odeur de poussière me saisit à la gorge dès que je franchis la porte. Sélénya est déjà là, assise à une table de tréteau installée au milieu de la scène, entourée de dossiers, de papiers, d'un ordinateur portable. Elle ne lève pas les yeux quand j'entre, et ce simple geste, cette indifférence calculée, me serre le cœur plus que tous les reproches. Je m'approche lentement, les mains dans les poches, et je m'arrête à quelques pas d'elle. — Bonjour. — Bonjour. Sa voix est neutre, professionnelle. Elle feuillette un dossier, prend des notes, et je reste là, debout, à la regarder travailler. Elle est belle, même dans cette lumière grise, même avec ces cernes sous les yeux, même avec cette raideur dans les épaules qui trahit sa tension. Je voudrais lui dire quelque chose, n'importe quoi, mais les mots me manq
Última atualização : 2026-09-13 Ler mais