Rosalie La chambre est sombre, éclairée seulement par la lueur tremblante des bougies qui dansent sur les murs, qui projettent des ombres mouvantes sur les tentures de velours rouge, sur les draps de soie noire, sur nos corps nus. Le miroir est là, un grand miroir encadré d'or, posé contre le mur, qui attend, qui observe, qui juge. Alessandro est derrière moi, il me tient par la taille, ses mains posées sur mes hanches, ses doigts qui s'enfoncent légèrement dans ma chair, qui me retiennent comme si j'allais m'envoler, comme si j'allais disparaître. Il a déposé la chaîne, il a enlevé la chaîne de ma cheville, je suis libre de mes mouvements, libre de marcher, libre de courir, libre de fuir. Mais je ne fuis pas. Je suis trop épuisée, trop brisée, trop perdue. Je suis trop liée à lui pour m'en aller. — Regarde-toi, Rosalie, dit-il, et sa voix est un murmure à mon oreille, son souffle chaud sur ma nuque. Regarde-toi, et dis-moi ce que tu vois. Je regarde le miroir, et je vois une femm
Last Updated : 2026-09-02 Read more