Les quatre-vingt-dix-huit ansCette année-là, Noah ne tint pas à ce qu'on l'oublie. Au contraire, il demanda lui-même, un mois à l'avance, qu'on organise une petite fête. Un déjeuner, simple, dans le Jardin des enfants, avec ceux qui voudraient venir.— Tu as changé d'avis, remarqua Léa.— Il faut croire.— Pourquoi ?— Je n'en sais rien. Je crois que j'ai envie de les voir tous réunis.— On en fera une belle.— Une simple, dit Noah. Pas de discours.— Pas de discours.— Pas de gâteau trop sucré.— Pas de gâteau trop sucré, répéta Léa, en souriant.Le jour dit, un dimanche d'avril, la grille de capucines s'ouvrit sur une centaine de visages familiers. Les enfants du jardin, les parents, les instituteurs, le maire, madame Rey, Fatima, tous avaient apporté quelque chose : un plat, une plante, un dessin, une chanson.— Il y a beaucoup de monde, murmura Noah, à Camille, qui poussait son fauteuil.— Ils t'aiment.— Je ne mérite pas ça.— Personne ne mérite ça, papy. On l'a, c'est tout.— T
Última actualización : 2026-10-19 Leer más