Valentina FerreyraLe carton est trop lourd pour mes bras fatigués. Je le pose sur le palier, le souffle court, et je cherche mes clés dans mon sac éventré. Deux heures du matin. San Telmo sent le jasmin fané et la bière renversée. La rue Défensa est silencieuse, ou presque , un chien aboie au loin, une télévision murmure derrière une fenêtre éteinte.Je viens de perdre mon stage d'avocate.Enfin, pas « perdu ». On me l'a retiré. Le associé principal, un homme aux mains moites et au sourire de requin, m'a convoquée à dix-sept heures. Il m'a expliqué, avec des mots choisis, que je n'étais pas « compatible avec la culture du cabinet ». J'ai hoché la tête. J'ai rangé mes affaires dans un carton trop petit. J'ai dit au revoir à la réceptionniste qui ne m'a pas regardée. Et je suis rentrée chez moi, à pied, parce que je n'avais pas de quoi payer le bus.Mes clés tournent enfin. La porte s'ouvre sur mon studio — vingt mètres carrés, un lit qui grince, une kitchenette qui fuit, une fenêtre q
Última atualização : 2026-09-20 Ler mais