OcéaneÀ midi, on frappe à ma porte. Une femme. La quarantaine. Uniforme gris. Chignon serré. Visage neutre.— Madame. Le déjeuner est servi.— Je n'ai pas faim.— Madame Deveraux vous attend.Madame Deveraux. La mère. La femme froide. Je ne veux pas la voir. Mais je n'ai pas le choix. Je n'ai jamais le choix. Je me lève. Je regarde ma robe. Je ne peux pas descendre comme ça. La femme me tend des vêtements. Une robe simple. Bleu foncé. Taille correcte. Je me change. Je me regarde dans le miroir. Je ne me reconnais pas. Je descends.La salle à manger est immense. Une table de douze personnes. Des lustres. Des tableaux. Des domestiques. Au bout de la table, la mère. À sa droite, Elias. À sa gauche, une chaise vide. La mienne.— Asseyez-vous, dit la mère.Je m'assois. Je ne la regarde pas. Je regarde mon assiette. Vide. Une assiette vide.— Vous avez fait bonne route ?Route. Quelle route ? Celle de l'église à ici. Celle de ma vie à l'enfer.— Oui, dis-je.— Bien. Elias, sers-lui à boire
Last Updated : 2026-09-20 Read more