Ombretta De LucaGiulia me regarde comme on regarde un animal blessé.Elle est assise en face de moi, dans ce café près de l’université, les mains autour d’un latte qui fume, les yeux plissés, la bouche pincée. Elle ne dit rien depuis au moins deux minutes. Deux minutes de silence, c’est long. Surtout pour Giulia. Giulia parle tout le temps. Giulia rit tout le temps. Giulia vit tout le temps. Mais là, elle se tait. Et son silence me fait plus mal que n’importe quel cri.— Tu n’as pas touché à ton thé.Je hausse les épaules. Le thé est froid. La tasse est froide. Mes doigts sont froids. Tout est froid depuis trois semaines.— Je n’ai pas soif.— Tu n’as jamais soif. Tu n’as jamais faim. Tu ne dors plus. Tu ne ris plus. Tu ne réponds plus à mes messages. Tu es là, mais tu n’es pas là. Tu es… ailleurs. Partie. Loin. Quelque part où je ne peux pas te suivre.Je fixe la vitre. Dehors, les gens marchent. Ils courent. Ils rient. Ils s’embrassent. Ils vivent. Moi, je suis assise dans ce café,
Last Updated : 2026-10-13 Read more