
MON CŒUR N’HABITE PLUS CHEZ TOI
Il lui a offert Paris, le luxe et l’illusion d’un amour absolu. Elle lui a donné ce qu’elle avait de plus précieux : un cœur sincère.
À 25 ans, Evestine pensait avoir enfin trouvé l’homme capable de l’aimer sans la blesser. Dans les bras de Canus, riche, élégant, fascinant, tout semblait avoir le goût d’un destin rare. Il connaissait les bons mots, les bonnes attentions, les silences qui séduisent. Avec lui, chaque nuit ressemblait à une promesse.
Mais Canus n’a jamais été honnête en amour.
Quand les mensonges commencent à fissurer leur relation, Evestine comprend que derrière le charme de cet homme parfait se cache un être incapable de fidélité émotionnelle. Trahie là où elle se croyait en sécurité, elle s’effondre. Pourtant, de cette douleur naîtra une nouvelle femme : plus forte, plus froide, plus libre.
Canus croyait pouvoir la perdre et la retrouver quand il le voudrait. Il ignorait qu’un jour viendrait où le cœur d’Evestine n’habiterait plus chez lui.
Dans le Paris des apparences, des secrets et des passions qui consument, jusqu’où peut aller une femme blessée ? Et que vaut le regret d’un homme qui a détruit l’unique amour vrai de sa vie ?
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Chapter: Chapitre 103 — Canus face à lui-mêmeCanus ne s'était jamais vraiment posé la question de savoir qui il était en dehors des regards.Jusqu'à ce que ces regards s'éloignent.L'appartement de Neuilly lui pesait maintenant comme un vêtement trop propre mais trop vide. Il y avait des espaces où il ne se tenait plus. La lumière de fin d'après-midi tombait sur les murs blancs avec une netteté presque accusatrice. Il n'y avait personne à attendre, personne à convaincre, personne à séduire ou à rassurer.Et pour la première fois de sa vie, Canus se retrouva seul face à la construction de son propre être.Il avait trente ans. Une fortune conséquente. Une réputation solide dans son monde. Des dossiers qui s'accumulaient et se signaient. Des appels d'associés. Des invitations à des dîners. Des femmes qui parfois, encore, le regardaient avec cette étincelle qu'il connaissait bien.Mais plus rien, en lui, ne répondait à ces signaux extérieurs avec la même énergie.Un soir, assis
Last Updated: 2026-07-13
Chapter: Chapitre 102 — La blessure qui ne gouverne plusLe matin du dimanche suivant, Evestine se réveilla avant Gabriel.Elle resta allongée quelques minutes, les yeux ouverts sur la lumière claire qui filtrait à travers les rideaux, et écouta sa respiration paisible près d'elle. Rien de spectaculaire. Un souffle régulier. Une épaule nue. Une main posée sur l'oreiller comme une promesse sans parole.Ce n'était pas de l'euphorie.C'était une forme plus rare : de la paix.Evestine se leva sans bruit, passa un peignoir et se dirigea vers la cuisine. Elle prépara du café, ouvrit la fenêtre, laissa entrer l'air frais de la ville qui s'éveillait à peine. Les toits luisaient au soleil pâle. Une cloche sonna quelque part, lointaine, apaisée.Elle but sa première gorgée en regardant Paris sans l'interroger.Longtemps, chaque rue, chaque bruit, chaque lumière avait été une question. « Est-ce qu'il a pensé à moi ? Est-ce que je vais le croiser ? Est-ce que j'ai mal aujourd'hui ? »Ce m
Last Updated: 2026-07-12
Chapter: Chapitre 101 — Une conversation que Gabriel ne fuit pasLe jour où Gabriel s'installa chez elle, Evestine comprit que l'amour adulte ne ressemblait à rien de ce qu'elle avait imaginé.Il n'y eut pas de déclaration spectaculaire. Pas de geste trop grand. Pas de promesse qui aurait voulu effacer tout le reste. Il y eut simplement un homme qui, un matin, posa une valise dans l'entrée, et une femme qui, en le regardant faire, ne sentit ni peur ni vertige, mais une forme de paix inattendue.— Tu es sûr de vouloir quitter ton appartement ? demanda-t-elle, debout près de la cuisine.Gabriel releva la tête, une main encore sur la poignée de sa valise.— Non.Elle le regarda, surprise par l'honnêteté de la réponse.— Alors pourquoi le fais-tu ?Il s'approcha lentement, non pour la toucher, mais pour se tenir à la bonne distance.— Parce que j'ai arrêté d'attendre que les choses soient parfaites pour les vivre vraiment.La phrase resta entre eux, simple, nue. Evestine sentit cette vérité se poser en elle avec une légèreté nouvelle.Pendant plusieurs
Last Updated: 2026-07-11
Chapter: Chapitre 100 — Ce qu'elle choisit aussi pour sa vieIl existe un instant où une femme comprend que le plus grand choix de son existence n'est pas celui d'un homme.C'est celui de la vie qu'elle décide de construire.Pendant longtemps, Evestine avait cru que son bonheur dépendait d'une relation.Aujourd'hui, elle savait qu'un amour solide ne pouvait grandir que dans une vie qui avait déjà un sens.Son cœur et sa destinée avaient enfin cessé de marcher dans deux directions différentes.Un lundi matin, Evestine fut reçue dans les bureaux d'une prestigieuse fondation culturelle européenne, installée au cœur de Paris.Depuis plusieurs mois, son travail attirait l'attention bien au-delà de la France.Ses conférences, ses projets artistiques et ses collaborations internationales avaient fait d'elle une voix écoutée.À la fin de la réunion, le président de la fondation lui tendit un dossier.— Nous aimerions vous confier la direction de notre nouv
Last Updated: 2026-07-10
Chapter: Chapitre 99 — L'homme qui doit renoncer vraimentIl est plus facile de perdre une femme que de renoncer à l'idée qu'un jour elle reviendra. Pendant des mois, Canus avait cru avoir accepté la rupture. Il avait cessé de l'appeler. Il ne cherchait plus à la croiser. Il ne lui écrivait plus. Il croyait avoir renoncé. Mais il lui restait encore une illusion. Au fond de lui, une petite voix murmurait encore : « Peut-être qu'un jour… » C'était cette espérance qu'il devait désormais abandonner. Un matin, Anaëlle frappa à la porte de son appartement. Elle trouva son frère devant une grande caisse en carton. Des albums photos. Des billets de voyage. Quelques lettres. Un foulard qu'Evestine avait oublié un hiver. Des souvenirs. Canus leva les yeux. — Je fais du tri.
Last Updated: 2026-07-09
Chapter: Chapitre 98 — Élina choisit sa propre sortieOn raconte souvent les histoires comme si une seule femme avait le droit de guérir.Comme si, lorsqu'une héroïne retrouvait enfin sa lumière, toutes les autres devaient rester figées dans l'ombre, prisonnières du rôle que le récit leur avait attribué.Mais la vie est plus juste que cela.Elle laisse aussi une seconde chance à celles qui ont longtemps été réduites à leur douleur.Élina méritait la sienne.Quelques jours après la réception où elle avait croisé Evestine, Élina se réveilla avant l'aube.Son appartement baignait dans un silence paisible.Elle resta longtemps assise devant la baie vitrée, une tasse de café entre les mains.Pendant des années, elle avait cru que sa vie s'était arrêtée le jour où Canus avait cessé de choisir.Elle avait continué à avancer.À travailler.À sourire.Mais une partie d'elle était restée suspendue à une histoire qui n'a
Last Updated: 2026-07-08
Chapter: CHAPITRE 21LE VISAGE DE LA LUNAPOINT DE VUE : AZURIANEJe restai figée.Mon cœur battait.Trop vite.Trop fort.Uras.Il était là.Debout.Immobile.Ses yeux argentés brillaient dans l'ombre.Il sourit.« Bonjour, Azuriane. »Sa voix était calme.Paisible.Comme s'il n'avait rien fait d'extraordinaire.Comme s'il ne m'avait pas sauvée.Comme s'il ne m'avait pas attendue.Comme s'il n'était pas apparu et disparu comme un fantôme.Je le regardai.« Vous... »Il inclina la tête.« Oui ? »Je serrai les poings.« Vous m'avez suivie. »Il ne répondit pas.« Pourquoi ? »Il fit un pas vers moi.Je reculai.« Ne vous approchez pas. »Il s'arrêta.« Je ne te veux aucun mal. »Je le regardai.« Alors pourquoi me suivez-vous ? »Il me regarda longtemps.Puis il dit :« Parce que je t'ai attendue. »Je fronçai les sourcils.« Vous m'avez déjà dit ça. »Il hocha la tête.« Oui. »« Et qu'est-ce que ça veut dire ? »Il sourit.Pas un sourire moqueur.Pas un sourire menaçant.Un sourire doux.Presque triste.
Last Updated: 2026-09-22
Chapter: CHAPITRE 20LE PREMIER POUVOIRPOINT DE VUE : AZURIANEJe ne m'arrêtai qu'à l'aube.Mes jambes me portaient encore, mais mon esprit était ailleurs.Je trouvai une petite clairière, à l'écart des sentiers battus. Un endroit calme. Un endroit où je pourrais réfléchir.Je m'assis contre un arbre.Le coffre était toujours contre ma poitrine. La pierre toujours à l'intérieur.Je l'ouvris.Elle était froide.Comme si elle n'avait jamais brillé.Comme si la voix que j'avais entendue n'avait jamais existé.Mais je savais qu'elle avait existé.Je l'avais entendue.Je l'avais sentie.Je fermai les yeux.Les mots de la vieille femme résonnaient encore.Elle était pourchassée.Elle t'a cachée.Elle t'a protégée.Ma mère.Une femme que je n'avais jamais connue.Une femme qui avait tout sacrifié pour moi.Une
Last Updated: 2026-09-20
Chapter: CHAPITRE 19 La Peur dans leurs yeux Point de vue : Azuriane Je ne m'arrêtai qu'à la tombée de la nuit. Mes jambes me portaient encore, mais mon esprit était épuisé. Trop de révélations. Trop d'émotions. Trop de vérités. Je trouvai un abri sous un surplomb rocheux, à flanc de colline. Assez grand pour m'abriter du vent. Assez profond pour me cacher des regards. Je m'assis. Le coffre était toujours contre ma poitrine. La pierre était froide. Mais je la sentais. Comme si elle attendait. Comme si elle savait. Je fermai les yeux. Les mots de Maître Orven tournaient dans ma tête. Ta mère n'était pas une traîtresse. Elle était une victime. Elle t'a sauvée. Elle m'a demandé de veiller sur toi. Ma mère. Celle que je n'avais jamais connue. Celle qui m'avait donné cette bague. Celle qui avait tout sacrifié pour moi. Je serrai le coffre contre moi. « Pourquoi ne m'as-tu rien dit ? » Ma voix était un murmure. « Pourquoi m'as-tu laissée seule ? » Le silence me répondit. Mais je co
Last Updated: 2026-09-20
Chapter: CHAPITRE 18LA FILLE QUI DEVAIT ÊTRE MORTEPOINT DE VUE : AZURIANEMaître Orven s'avança lentement. Son corps était plus frêle que dans mon souvenir. Son dos plus courbé. Ses cheveux plus blancs. Mais ses yeux brillaient, avec la même chaleur que j'avais connue enfant, la même bonté qui m'avait parfois offert un sourire quand personne ne me regardait.Il s'arrêta devant moi.« Tu as grandi. »Sa voix tremblait légèrement.Je sentis ma gorge se serrer.« Maître Orven... »Il hocha la tête.« Je savais que tu reviendrais. »La Luna ricana.« Bien sûr que tu le savais, vieil homme. Tu as toujours été de son côté. »Maître Orven ne la regarda pas. Il garda ses yeux sur moi.« Je sais ce qu'ils ont fait. »Il marqua une pause.« Je sais tout. »Je sentis mon cœur battre plus fort.« Alors dites-moi. »Il ouvrit la bouche. Mais la Luna l'interrom
Last Updated: 2026-08-31
Chapter: CHAPITRE 17JE NE SUIS PLUS CELLE QU'ILS ONT TUÉEPOINT DE VUE : AZURIANE Je marchai pendant deux jours. Je ne comptai pas les heures. Je ne mesurai pas la distance. Je suivis simplement le chemin que mes pieds semblaient connaître mieux que ma tête.La forêt s'éclaircit peu à peu. Les arbres devinrent moins denses. Les sentiers plus larges. Les traces de passage plus nombreuses.Je m'approchai d'une colline. Je la gravis. Lorsque j'atteignis le sommet, je m'arrêtai.Devant moi s'étendait une vallée. Une vallée que je connaissais bien. Trop bien. Obsidienne.Je restai immobile, le cœur battant. La meute était là. Ses toits, ses murs, ses feux. Les lieux où j'avais vécu. Les lieux où j'avais souffert. Les lieux où j'avais été tuée.Mon souffle s'accéléra. Mes doigts tremblèrent. Je me souvins de tout. Des coups. Des insultes. Des humiliations. Des regards méprisants. De la solitude. De la faim. Du froid. Des nuits passées à pleurer sans
Last Updated: 2026-08-30
Chapter: CHAPITRE 16LES CICATRICES DISPARUESPOINT DE VUE : AZURIANE Je me réveillai au premier rayon de soleil. Pas à cause de la lumière. Pas à cause du froid. À cause de la douleur. Une douleur étrange. À l'endroit précis où j'avais été frappée. Juste avant ma mort.Je portai ma main à ma poitrine. Rien. Pas de plaie. Pas de bleu. Pas de marque. Mais la douleur était là. Sourde. Profonde. Comme si quelque chose s'était enraciné en moi.Je me redressai. Le coffre était toujours contre moi. La pierre toujours à l'intérieur. Je l'ouvris. Elle était froide. Comme si elle n'avait jamais brillé. Comme si la voix que j'avais entendue n'avait jamais existé. Mais elle existait. Je le savais.Je me levai. Mon corps était raide. Pas de douleur musculaire. Pas de courbatures. Juste cette étrange sensation à la poitrine. Je sortis de mon abri. La forêt s'éveillait. Les oiseaux chantaient. La lumière du matin dansait entre les feuilles. Tout semblait paisible. Trop paisib
Last Updated: 2026-08-29
Chapter: CHAPITRE 83Sersy La douleur est arrivée un dimanche matin, sans prévenir, sans crier gare, comme une vieille connaissance qu'on croyait avoir oubliée. Je m'étais réveillée avec une sensation étrange dans le bas-ventre, une lourdeur sourde, presque familière. J'avais mis ça sur le compte de la fatigue, des jours trop longs, des nuits trop courtes. J'avais pris un antidouleur, j'avais bu un thé, j'avais essayé de me convaincre que ce n'était rien. Mais ce n'était pas rien. La douleur est revenue le lendemain, plus intense, plus précise. Une crampe qui irradiait, qui serrait, qui brûlait. Je me suis pliée en deux au milieu de la galerie, la main posée sur mon ventre, le souffle coupé. Une employée s'est précipitée vers moi. « Sersy, ça va ? Tu es toute pâle. » « Ça va. C'est rien. Juste une crampe. » Mais ce n'était pas rien. Je le savais. Mon corps me parla
Last Updated: 2026-09-25
Chapter: CHAPITRE 82Versus IILe cabinet du docteur Lemaître se trouvait dans une rue calme du seizième arrondissement, une rue bordée d'immeubles haussmanniens et de platanes centenaires. J'étais arrivé en avance, comme toujours. Je ne savais pas pourquoi j'étais là. Pas vraiment. Une recommandation de mon médecin traitant, qui m'avait dit : « Vous devriez consulter. Vous ne dormez plus, vous ne mangez plus. Il faut que quelqu'un vous aide. »Je n'avais pas répondu. J'avais pris le rendez-vous, machinalement, comme on prend une habitude. Mais je n'y croyais pas. Je ne croyais plus à grand-chose.La salle d'attente était petite, silencieuse, éclairée par une lumière douce. Des magazines s'empilaient sur une table basse, des revues de décoration, des journaux économiques, des magazines professionnels. J'ai pris celui du dessus sans regarder, sans vraiment y penser.C'était un magazine d'art et de luxe. Éclat. Un titre que je connaissais vaguement, pour l'avo
Last Updated: 2026-09-24
Chapter: CHAPITRE 81Sersy Le téléphone a sonné à dix heures du matin, un mardi comme les autres. J'étais dans mon bureau à la galerie, penchée sur un dossier d'exposition, un stylo entre les doigts, une tasse de café refroidie à côté de moi. La journée s'annonçait ordinaire, paisible, sans surprise. J'ai décroché sans regarder l'écran. « Sersy Delacroix ? » La voix était féminine, professionnelle, légèrement accentuée. Une voix que je ne connaissais pas. « Oui, à l'appareil. » « Bonjour, je m'appelle Hélène Vasseur. Je suis la directrice de la Fondation Art et Avenir, à Genève. » Mon cœur s'est arrêté une fraction de seconde. La Fondation Art et Avenir. L'une des institutions les plus prestigieuses d'Europe dans le domaine de l'art contemporain. Celle qui avait lancé des dizaines de carrières, qui avait validé des talents, qui avait imposé des visions. « Je vous écoute, madame Va
Last Updated: 2026-09-23
Chapter: CHAPITRE 80Versus IILes papiers étaient sur mon bureau depuis trois mois. Trois mois que je les regardais, que je les touchais, que je les retournais. Trois mois que je repoussais le moment. Trois mois que je freinais.Le divorce n'était toujours pas finalisé. Pas parce qu'elle refusait. Pas parce que les avocats s'opposaient. Parce que moi, je ne signais pas.Mon avocat, un homme patient et méthodique du nom de Bertrand, m'avait appelé la veille. Sa voix était calme, professionnelle, mais je sentais une pointe d'exaspération.« Monsieur Delacroix, le dossier est complet. Les conditions sont acceptées par les deux parties. Il ne manque plus que votre signature. »« Je sais. »« Puis-je vous demander ce qui vous retient ? »Je n'avais pas répondu. Pas parce que je ne voulais pas. Parce que je ne savais pas. Je ne savais pas pourquoi je freinais. Je ne savais pas pourquoi je gardais ces papiers dans un tiroir, pourquoi je
Last Updated: 2026-09-23
Chapter: CHAPITRE 79SersyLa salle de réunion de la galerie était baignée de lumière, une lumière blanche, franche, qui ne laissait aucune place aux ombres. J'étais assise au bout de la grande table en verre, les mains croisées devant moi, le dos droit, le regard calme. Face à moi, une journaliste d'une trentaine d'années, les cheveux bruns tirés en queue de cheval, un dictaphone posé entre nous.« Merci d'avoir accepté cet entretien, mademoiselle Delacroix. »« Appelez-moi Sersy. »Elle a souri, a consulté ses notes. C'était le troisième entretien de la semaine. Depuis que mon nom circulait, les sollicitations affluaient. Des magazines, des podcasts, des émissions culturelles. Tous voulaient parler de la femme qui avait transformé la Galerie de l'Éclat, qui avait imposé sa vision, qui avait fait de Lyon un nouveau pôle de l'art contemporain.Aucun ne voulait parler de mon passé. Et c'était très bien ainsi.« Votre parcours est fascinant,
Last Updated: 2026-09-22
Chapter: CHAPITRE 78Versus IIJe ne dormais plus. C'était devenu une habitude, une fatalité, une punition que je m'infligeais sans même y penser. Les nuits se ressemblaient toutes : quelques heures de sommeil agité, des réveils en sursaut, des pensées qui tournaient en boucle comme un disque rayé. Alors je travaillais. Encore. Toujours. Jusqu'à ce que l'épuisement me terrasse, jusqu'à ce que mon corps refuse de continuer.Ce matin-là, j'étais dans mon bureau avant sept heures. La ville s'éveillait à peine, les rues étaient calmes, les immeubles silencieux. J'aimais cette heure-là. Pas de bruit, pas de regards, pas de questions. Juste le silence et les dossiers qui s'empilaient.J'étais en train de parcourir un rapport financier quand mon téléphone a vibré. Un message de Daria, court, sec, comme toujours.« As-tu vu le magazine Éclat ? »Je n'avais pas vu. Je ne lisais plus les magazines, plus les journaux, plus rien. Je m'étais coupé du monde, comme on coupe une branche morte. Mais Daria ne m'envoyait ja
Last Updated: 2026-09-22

LA MARIÉE DU DIABLE NOIR
Vilanova Dersis n’a jamais eu le droit de choisir sa vie. Mais lorsqu’on lui impose d’épouser Kaelen Dravenor, l’homme redouté que tout le monde surnomme le Diable Noir, elle comprend que ce mariage n’a rien d’une alliance ordinaire. C’est une sentence.
Froid, puissant, inaccessible, Kaelen règne sur son empire avec une maîtrise terrifiante. Il ne pardonne rien et semble avoir fait de la vengeance sa seule loi. En entrant dans sa maison, Vilanova croit devenir la prisonnière d’un homme sans cœur. Pourtant, derrière son regard impitoyable, elle devine peu à peu une blessure plus ancienne, plus sombre… et plus dangereuse que tout ce qu’on raconte sur lui.
Mais Kaelen ne l’a pas épousée par hasard. Entre leurs deux familles dort un secret capable de réduire des vies entières en cendres. Et plus Vilanova s’approche de la vérité, plus elle comprend que son nom, son passé et même sa présence auprès de lui font partie d’un plan qu’elle n’a jamais vu venir.
Prise au piège entre la haine, l’attirance, les mensonges et une obsession grandissante, elle découvre que dans le monde du Diable Noir, aimer n’est jamais un refuge. C’est un risque. Une chute. Une condamnation.
Dans un univers de luxe, de pouvoir, de trahison et de passion dévorante, Vilanova devra choisir : fuir l’homme qui pourrait la détruire ou céder à celui qui est déjà en train de la consumer.
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Chapter: CHAPITRE 151KaelenIl y a des hommes qui tombent parce qu'on les pousse.Et il y a ceux qui s'effondrent parce que le sol qu'ils ont construit sous leurs propres pieds finit par céder.Auguste appartenait à la seconde catégorie.Je l'avais compris bien avant de le traquer, bien avant de briser les portes de ses refuges, bien avant de le poursuivre à travers trois comtés comme on poursuit un animal blessé. Il n'était pas vaincu par ma colère, ni par mes hommes, ni par les preuves que j'avais accumulées contre lui. Il était vaincu par lui-même. Par ses propres mensonges, ses propres trahisons, ses propres lâchetés.Il ne restait plus qu'à l'achever.Le dernier refuge d'Auguste se trouvait au nord, dans une propriété que la famille possédait depuis des générations mais que personne n'utilisait plus. Une maison de chasse, isolée, entourée de bois et de brumes, à deux heures de route du domaine. Un endroit où il avait cru pouvoir se cacher, attendre que l'orage passe, préparer sa contre-attaque.Il se
Last Updated: 2026-09-22
Chapter: CHAPITRE 150VILANOVA Le grand salon du domaine n'avait jamais été aussi plein.Des visages que je connaissais à peine, des noms que j'avais entendus murmurés dans les couloirs, des représentants de familles alliées, de branches éloignées, de maisons que je n'avais jamais vues. Tous étaient venus. Tous avaient répondu à l'appel d'Isadora. Tous savaient que ce qui allait se dire ici marquerait un tournant.Je me tenais debout près de la cheminée, les mains posées sur le rebord de marbre, le regard fixé sur l'assemblée. Kaelen était à quelques pas derrière moi, silencieux, solide comme une ombre bienveillante. Isadora était assise au premier rang, son visage fermé, ses doigts croisés sur ses genoux. Selene se tenait près de la porte, les bras croisés, le regard attentif.Je portais une robe sombre, simple, sans bijoux. Je ne voulais pas impressionner. Je voulais être écoutée.Le silence se fit peu à peu, les murmures s'éteignant comme des bougies que l'on souffle une à une.Je pris une inspiration.
Last Updated: 2026-09-20
Chapter: CHAPITRE 149VILANOVA La route du retour fut un tunnel de silence et d'ombre.J'étais assise à l'arrière de la voiture, blottie contre Kaelen, ses bras autour de moi comme une armure. Mes poignets étaient rouges, irrités par les cordes qui m'avaient retenue si longtemps. Mes jambes tremblaient encore, mais je ne sentais pas la fatigue. Je sentais autre chose. Une colère froide qui s'installait dans mes os, plus durable que l'adrénaline.— Ils n'ont pas réussi à me briser, dis-je, ma voix plus basse que je ne l'aurais voulu.— Je sais, répondit Kaelen.— Mais ils ont essayé.— Et ils ont échoué.Je relevai la tête pour le regarder. Son visage était marqué par la fatigue, par les heures de traque, par la peur qu'il ne m'avait pas montrée. Mais dans ses yeux, il y avait autre chose. Une lueur que je ne lui avais jamais vue. Une rage à peine contenue.— Qu'est-ce que tu vas faire ? demandai-je.Il ne répondit pas tout
Last Updated: 2026-08-31
Chapter: CHAPITRE 148KAELEN La nuit était noire comme une tombe. Les phares des véhicules trouaient l'obscurité, découpant la route sinueuse qui menait à la propriété. Derrière moi, une colonne d'hommes armés, silencieux, prêts à suivre mes ordres. Selene était assise à ma droite, son visage pâle éclairé par les reflets du tableau de bord. Elle ne disait rien, mais je sentais sa tension, sa peur, sa détermination.Les informations qu'elle m'avait données étaient précises. Un refuge isolé, à la lisière des bois, une propriété qu'Auguste utilisait pour ses affaires les plus secrètes. Un lieu que personne ne connaissait, que personne ne soupçonnait. Un lieu parfait pour cacher une prisonnière.Je n'avais pas attendu. J'avais rassemblé mes hommes, préparé les armes, planifié l'assaut. Pas de négociations, pas de sommations, pas de délais. J'allais entrer, et je ne laisserais personne sur mon chemin.La voiture s'arrêta à quelques centaines de mètres de la propriété. Je c
Last Updated: 2026-08-30
Chapter: CHAPITRE 147SELENE Les couloirs du domaine étaient déserts quand je sortis de ma chambre. La nuit était tombée depuis longtemps, mais je n'avais pas dormi. Je n'avais pas pu. Les nouvelles étaient arrivées quelques heures plus tôt, comme un coup de poing dans l'estomac : Vilanova avait disparu. Enlevée. Emmenée par des hommes qui n'avaient pas laissé de traces, pas de message, pas de revendication. Juste un vide, une absence, un silence qui hurlait plus fort que tous les cris.Je n'avais pas pleuré. Pas tout de suite. Je m'étais assise sur le bord de mon lit, les mains serrées sur mes genoux, le regard fixé sur le mur. Les heures avaient passé, lentes, interminables, et je les avais comptées une par une, comme on compte les battements de son propre cœur.Je pensais à elle. À Vilanova. À cette sœur que j'avais passée des années à haïr, à jalouser, à mépriser. Cette sœur qui avait tout reçu sans jamais le demander. Cette sœur qui avait été choisie, protégée, aimée, alo
Last Updated: 2026-08-29
Chapter: CHAPITRE 146VILANOVA L'obscurité avait une texture, ici. Elle n'était pas simplement l'absence de lumière. Elle était une présence, dense et humide, qui vous enveloppait comme un linge froid. Elle avait une odeur — de poussière, de moisissure, de bois pourri, et de quelque chose d'autre, plus ancien, plus trouble. Une odeur de secrets que les murs avaient absorbés au fil des années.Je ne savais pas depuis combien de temps j'étais là. Les minutes, les heures — elles s'étaient dissoutes dans cette noirceur qui semblait vouloir m'engloutir. Mes poignets étaient liés derrière mon dos, la corde rude contre ma peau, irritant mes poignets à chaque mouvement. Ma bouche était libre, mais je n'avais pas parlé depuis qu'ils m'avaient enfermée. À quoi bon ? Les murs n'avaient pas d'oreilles, et ceux qui m'avaient amenée ici ne méritaient pas ma voix.La porte s'ouvrit. Une lumière crue, venue du couloir, me frappa en plein visage. Je clignai des yeux, aveuglée un instant, senta
Last Updated: 2026-08-28