LOGINIls l'ont traitée comme un monstre. Ils l'ont tuée comme un animal. Ils auraient dû s'assurer qu'elle ne revienne jamais. Pendant vingt et un ans, Azuriane a survécu comme la seule humaine de la Meute d'Obsidienne. Sans loup, sans famille, sans protection, elle n'a connu que les humiliations et la cruauté. Le jour où la meute la massacre et abandonne son corps dans une rivière, tous croient avoir effacé leur plus grande honte. Mais la mort refuse de la garder. Réveillée par un mystérieux inconnu qui lui transmet une partie de son propre pouvoir, Azuriane renaît avec une force qu'elle ne comprend pas. Désormais, chaque ennemi qui tente de l'abattre réveille une puissance capable de terrasser les plus redoutables guerriers. Son sauveur se présente sous le nom d'Uras Kilamor, un voyageur discret qui lui offre simplement son amitié. Ce qu'Azuriane ignore, c'est qu'il est le Dernier Lycan Primordial, le souverain légendaire devant lequel même les Alphas baissent la tête. Alors que des secrets millénaires resurgissent et qu'une guerre menace toutes les meutes, une vérité bouleversante éclate : Azuriane n'a jamais été une simple humaine. Et ceux qui l'ont condamnée à mort pourraient bien avoir réveillé la femme qui changera à jamais le destin des Lycans.
View MoreILS SONT VENUS ME TUER
POINT DE VUE : AZURIANE Le goût du sang emplissait ma bouche. Je courais. Je ne sentais plus mes jambes, seulement la douleur qui déchirait chacun de mes muscles. Les branches me fouettaient le visage. Les ronces s'accrochaient à ma robe déjà déchirée. Derrière moi, les hurlements des loups résonnaient dans toute la forêt. Ils étaient proches. Beaucoup trop proches. « Elle est par là ! » Cette voix. Je l'aurais reconnue entre mille. Kaïden. Mon souffle se brisa. Je trébuchai contre une racine, roulai dans les feuilles mortes et m'écrasai lourdement contre le tronc d'un vieux chêne. Une douleur fulgurante traversa ma cheville. Je mordis ma lèvre jusqu'au sang pour étouffer un cri. « Relève-toi » Ma voix n'était plus qu'un murmure. « Relève-toi, Azuriane » Je pris appui sur le tronc. Mes jambes tremblaient. Mon corps entier me suppliait d'abandonner. Mais je savais ce qui m'attendait si je cessais de courir. La mort. Les aboiements se rapprochaient. Ils étaient partout. À ma gauche. À ma droite. Devant. Derrière. Ils m'encerclaient. Une larme roula sur ma joue sans que je puisse l'empêcher. « Pourquoi ? » Je ne comprenais pas. J'avais toujours obéi. J'avais accepté les humiliations. J'avais supporté les coups. Je n'avais jamais levé la main contre un membre de la meute. Alors pourquoi. Pourquoi voulaient-ils ma mort ? Un craquement retentit derrière moi. Je me retournai brusquement. Deux loups noirs surgirent des fourrés. Leurs crocs luisaient sous la lumière de la lune. Leurs yeux étaient rivés sur moi. Ils grognèrent à l'unisson. Je reculai d'un pas. Puis d'un autre. Mon talon rencontra le vide. Je me retournai. Une falaise. La rivière grondait plusieurs mètres plus bas. Mon cœur s'arrêta. Je n'avais plus aucune issue. Les deux loups avancèrent lentement. Leurs babines retroussées découvraient des crocs immenses. Ils n'étaient plus qu'à quelques mètres. Puis des silhouettes humaines émergèrent des arbres. Une. Deux. Cinq. Dix. Toute la Meute d'Obsidienne. Des torches éclairaient leurs visages. Je les connaissais tous. J'avais grandi parmi eux. Ils avaient partagé mon pain. Je leur avais préparé leurs repas. J'avais lavé leurs vêtements. Soigné leurs chevaux. Nettoyé leurs maisons. Et pourtant, aucun regard ne contenait la moindre pitié. Seulement de la haine. Kaïden s'avança en premier. Un sourire cruel étira ses lèvres. « Tu ne peux plus fuir. » Je secouai lentement la tête. « Qu'est-ce que je vous ai fait ? » Personne ne répondit. Le silence fut plus douloureux que n'importe quelle insulte. Puis les guerriers s'écartèrent. Une silhouette imposante apparut. L'Alpha. Varkhan Crowe. Sa simple présence fit taire toute la forêt. Il s'arrêta devant moi. Ses yeux gris me fixaient avec une froideur que je ne lui avais jamais connue. Je rassemblai le peu de courage qu'il me restait. « Alpha. Dites-moi au moins pourquoi. » Il resta silencieux quelques secondes. Puis il déclara d'une voix glaciale : « Parce que ton existence est une menace pour cette meute. » Je sentis mon cœur se serrer. Une menace ? Moi ? Je n'étais qu'une simple humaine. Sans loup. Sans pouvoir. Sans famille. « Je ne comprends pas. » Il ne répondit pas. À sa droite, la Luna esquissa un sourire satisfait, comme si cet instant était celui qu'elle attendait depuis des années. L'Alpha leva lentement la main. Tous les guerriers retinrent leur souffle. Puis il prononça trois mots qui glacèrent mon âme : « Capturez-la vivante. » À cet instant précis, toute la meute se jeta sur moi.LE PIÈGEPOINT DE VUE : AZURIANEJe n'aurais jamais dû suivre ces traces. Je le compris trop tard.La forêt s'étendait devant moi, silencieuse, humide et presque irréelle sous la lumière pâle de la lune. Les arbres devenaient de plus en plus serrés à mesure que j'avançais. Leurs branches s'entremêlaient au-dessus de ma tête, empêchant la lumière de pénétrer complètement.Je m'arrêtai. Pour la première fois depuis mon réveil, je me demandai sérieusement ce que je faisais là.Quelques heures plus tôt, j'étais morte. Je n'arrivais toujours pas à prononcer cette vérité sans sentir mon ventre se nouer. J'étais morte. La Meute d'Obsidienne m'avait condamnée. On m'avait frappée. On m'avait laissée sans défense. Puis mon corps avait été jeté dans une rivière comme si ma vie n'avait jamais eu la moindre valeur.Et pourtant, j'étais debout. Vivante.Je portai instinctivement une main à ma poitrine. Mon cœur battait. Régulièrement. Comme si rien ne s'était passé. Pourtant, je savais que quelque
LA RIVIÈRE DES MORTSPOINT DE VUE : AZURIANELe silence. Il n'y avait plus ni rivière. Plus de douleur. Plus de froid. J'avais l'impression de flotter dans un vide infini. Mon corps ne pesait plus rien. Je ne sentais même plus mes mains.Était-ce cela la mort ?Une étrange lumière argentée apparut au loin. Elle grandissait lentement. Je voulus m'en approcher. Ou peut-être était-ce elle qui venait vers moi. Je n'en étais plus certaine.À mesure qu'elle se rapprochait, une silhouette se dessina. Une femme. Sa longue chevelure blanche flottait autour d'elle comme une cascade de lumière. Sa robe semblait tissée avec les rayons de la lune. Son visage demeurait voilé. Impossible de distinguer ses traits. Pourtant sa présence m'apaisait.Je voulus lui parler. « Qui êtes-vous ? »Aucun son ne franchit mes lèvres.La femme leva doucement une main vers moi. « Il n'est pas encore temps »Sa voix ressemblait au murmure d'un ruisseau. Douce. Paisible. Je tendis instinctivement la main. Nos doigts
LA RIVIÈRE DES MORTSPOINT DE VUE : AZURIANELe froid. C'était la dernière sensation dont je me souvenais. Puis plus rien.Lorsque les guerriers m'avaient précipitée du haut de la falaise, je n'avais même pas eu le temps de crier. La rivière s'était ouverte sous moi comme une gueule immense avant de m'engloutir dans un fracas assourdissant.À présent je sombrais. Mon corps descendait lentement vers les profondeurs. Mes bras ne répondaient plus. Mes jambes non plus. Mes cheveux flottaient autour de mon visage comme de longues algues noires.J'ouvris difficilement les yeux. L'eau était sombre. La lumière de la lune n'atteignait presque plus cet endroit. Je ne voyais que des ombres. Des silhouettes mouvantes.Était-ce la mort ?Une étrange paix envahissait peu à peu mon esprit. La douleur avait disparu. Les coups. Les humiliations. La peur. Tout semblait s'éloigner. Je n'avais plus besoin de lutter. Je n'avais plus besoin de courir. Je pouvais enfin me reposer.Une dernière bulle d'air s
LA DERNIÈRE NUIT POINT DE VUE : AZURIANE Je n'entendis plus rien. Les lèvres de l'Alpha continuaient de bouger, mais aucun son ne parvenait jusqu'à moi. « À la peine de mort. » Ces mots résonnaient encore dans ma tête. Encore. Et encore. Je restai immobile, incapable de respirer. Autour de moi, les membres de la meute commencèrent à se disperser. Certains semblaient soulagés. D'autres satisfaits. Comme si ma mort allait enfin leur apporter la paix. Je cherchai un seul visage. Un seul regard. Quelqu'un qui me dirait que tout cela était une erreur. Je ne trouvai personne. Les guerriers s'avancèrent vers moi. Je ne résistai pas. À quoi bon ? Toute ma vie, j'avais obéi. Je pouvais bien obéir une dernière fois. Kaïden s'arrêta devant moi. Ses poignets furent liés derrière mon dos avec une corde épaisse. Je baissai les yeux. « Tu as enfin obtenu ce que tu voulais », murmurai-je. Il resta silencieux. Pendant une fraction de seconde, je crus apercevoir une hésitation dans son regard.






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