INICIAR SESIÓNPOV : Ayana — Hôtel "Le Panorama", 18h30Je fixai la porte de l'hôtel.Trois étoiles. Respectable. Cher.Trop cher.J'avais appelé en sortant de chez Adrien. La voix du réceptionniste résonnait encore dans ma tête. 35 000 francs CFA la nuit. Petit-déjeuner inclus.35 000 x 182 jours.Je fis le calcul mentalement. Une fois. Deux fois.6 370 000 francs.Presque six millions.Que je n'avais pas.Mes économies ? 800 000 francs. Peut-être. Et encore, avec les dettes du cabinet qui s'accumulaient, les créanciers qui appelaient, les échéances qui approchaient...— « Mademoiselle ? » Le réceptionniste me regardait, un sourire professionnel aux lèvres. « Vous réservez ? »Je sentis mon estomac se tordre.— « Je... » Ma gorge se serra. « Combien pour un mois ? »Il tapa sur son clavier.— « 950 000 francs. Tarif mensuel réduit. »Un mois = toutes mes économies.Après ? Rien. Littéralement rien.Je restai figée, la main crispée sur la bandoulière de mon sac.— « Je... je vais réfléchir. Merci. »
POV : Mathias — Résidence Akinlabi, 09h45Je n'avais pas dormi.Le dîner de la veille tournait en boucle. Ce qu'elle avait dit. Ce qu'elle n'avait pas dit. Cette lumière dans ses yeux quand elle parlait de lui sans prononcer son nom. J'étais rentré tard, avais erré dans la maison vide, m'étais retrouvé dans le salon sans savoir comment. La baie vitrée donnait sur le jardin, ce jardin qu'elle avait dessiné elle-même il y a trois ans. Chaque plante, chaque allée. « Pour qu'il y ait des fleurs toute l'année », elle avait dit.Il y avait encore des fleurs.Je détournai les yeux.La suspension du Dr. Koffi. L'information m'était parvenue la veille au soir, juste avant le dîner. Maître Koné m'avait transmis un message de sa source à l'hôpital. « Le cardiologue a été suspendu temporairement. Enquête en cours. »Je n'avais rien demandé.Pas explicitement.Quelques jours plus tôt, j'avais appelé l'hôpital. En tant que fiancé. Inquiet. Légitime. J'avais posé des questions sur la durée d'hospita
AYANA — Restaurant "La Terrasse", 19h30La voiture s'arrêta devant l'entrée.Un chauffeur en costume ouvrit ma portière. Je descendis, ajustant machinalement ma robe, ce geste automatique de quelqu'un qui se prépare à jouer un rôle.Six mois.Commence maintenant.Le restaurant était exactement ce que Mathias choisissait toujours. Élégant sans être ostentatoire. Discret mais visible. Le genre d'endroit où les gens importants dînaient et où les photographes de presse mondaine passaient par hasard, ce hasard soigneusement orchestré.Il était déjà là.Debout près de la table, costume sombre, montre qui brillait discrètement. Il me vit entrer et quelque chose traversa son visage que je n'aurais pas su nommer six mois plus tôt.Maintenant, je le reconnaissais.Du soulagement du calcul. Et quelque chose d'autre, quelque chose de plus sincère peut-être, qui me mettait encore plus mal à l'aise que le reste.— « Tu es venue. »— « Le contrat dit que je devais. »Il accusa le coup sans le montre
Ayana, Adrien & la décision 03h27AyanaJe n'ai pas dormi de la nuit.Comment je pourrais ? Adrien est allongé à côté de moi, lui non plus ne dort pas. Je le sens à sa respiration trop contrôlée, trop consciente.Nous fixons tous les deux le plafond. Entre nous, un gouffre invisible mais bien réel.Le choix.— Dis quelque chose, je murmure finalement. S'il te plaît.Silence.Puis :— Que veux-tu que je te dise ? Sa voix est rauque. Que je veux que tu refuses ? Que l'idée de toi avec lui pendant six mois me détruit ? Il se tourne vers moi. Ou que je comprends que tu n'as pas le choix ?— J'ai toujours le choix.— Non. Il secoue la tête. Tu as trois mauvais choix. Ce n'est pas pareil.Je me redresse, le regardant dans la pénombre.— Alors aide-moi. Dis-moi quoi faire.— Je ne peux pas.— Pourquoi ?— Parce que… Sa voix se brise. Parce que quel que soit mon conseil, tu vas finir par me détester.— Je ne te détesterai jamais.— Si je te dis de refuser, tu perds tout. Ton cabinet. Ta carri
Mathias — Son bureau, 08h00 — Trois jours plus tardJe fixe les documents étalés devant moi.Option A : annulation simple. Perte pour moi : 500 millions.Option B : récupération des investissements. Elle paie : 200 millions.Ma secrétaire entre avec le café.— Monsieur Akinlabi ? Maître Koné attend votre décision.— Dites-lui que je lance l'option B. Récupération intégrale. 200 millions.Elle hésite.— Elle n'a pas 200 millions, monsieur.— Je sais. Je souris. C'est exactement le but.Parce que si Ayana ne peut pas payer, elle devra négocier. Et quand on négocie, on crée des occasions. De la revoir. De lui parler. De lui prouver que j'ai changé.Tu crois que tu peux m'effacer, Ayana ? Tu crois que ce médecin peut t'offrir ce que moi je peux te donner ?Tu te trompes.Mon téléphone vibre.Lola : Échographie dans 2h. Tu viens ?Je regarde le message. Un enfant. Mon enfant. Quelque part dans cette ville, en train de grandir sans que je le voie.Moi : Désolé. Réunion importante. Envoie-mo
Ayana & Adrien — 07h15POV :AyanaLe soleil filtrait à travers les rideaux.Je me suis réveillée lentement, un peu perdue. Puis j'ai senti quelque chose. De la chaleur. Un poids. Une respiration régulière contre mon cou.Adrien.Il était resté. Toute la nuit.Son bras autour de ma taille, son corps contre mon dos, nos jambes mélangées sous les draps. Je n'ai pas osé bouger. J'avais trop peur de briser ce moment. Cette chose fragile et parfaite qu'on avait construite hier soir.C'était réel.Le restaurant. Les bougies. Les mots qu'on s'était dits.Sa voix contre mon oreille dans le noir.Mon cœur s'est emballé rien que d'y penser.— Je t'entends penser.Sa voix, encore endormie et un peu rauque, contre ma nuque.J'ai souri malgré moi.— Comment tu peux entendre penser ?— Ton cœur bat plus vite. Ses lèvres ont effleuré mon épaule. Ça me réveille toujours.— Désolée.— Ne le sois pas. Il m'a serrée un peu plus fort. C'est mon son préféré.Je me suis retournée dans ses bras pour lui fair
POV: AyanaLe lendemain matin.Sophie me donna mes médicaments avec un sourire qui contenait trop de choses pour n'être que professionnel. Adrien me donna mes instructions de sortie avec une voix trop contrôlée pour être naturelle.— « Repos complet deux semaines. Pas de stress. Suivi hebdomadaire.
AYANA — 22h43Nous parlâmes pendant des heures.De tout. De rien. De nos enfances et de nos rêves et de nos peurs les plus honteux. Il me raconta comment il était devenu médecin. Comment sauver des vies était devenu une obsession après avoir perdu sa grand-mère d'une crise cardiaque que personne n'
POV: Ayana Le silence qui s'ensuivit fut le plus long que j'aie jamais vécu.Il me regardait. Vraiment. Sans la tablette entre nous, sans le stéthoscope comme bouclier, sans rien du tout sauf ces yeux orageux qui portaient trois ans de deuil et quelque chose de plus neuf, de plus fragile, de plus
POV : Ayana MensahCinq jours.Cinq jours que je comptais les carreaux du plafond comme si leur nombre pouvait me donner une réponse à tout ce que je ne comprenais plus. Cinq jours que je regardais cette porte s'ouvrir et se refermer au rythme des visites médicales, des prises de sang, des ECG et d







