LOGINJe m'appelle Ayana Mensah. À vingt-sept ans, j'avais tout. Une carrière, un fiancé, un mariage dans trois jours. Un soir, une porte poussée et en trois secondes, je découvre mon fiancé et ma meilleure amie enlacés dans notre lit. Deux ans de trahison. Un bébé en route. Mon cœur s'arrête. Quarante-trois secondes. Le Dr Adrien Koffi me ramène à la vie. Un homme tout aussi brisé que moi, qui cache un secret que je suis loin d'imaginer. Et pendant que je tombe amoureuse de mon sauveur, Mathias et Lola vivent ensemble la vie que j'avais planifiée. Mais Mathias décide de revenir. De me reconquérir. De reprendre ce qu'il a lui-même détruit. Mon cœur est déjà ailleurs. Quand l'homme qui t'a brisée revient te supplier, et que celui qui t'a sauvée cache encore des secrets, lequel est le plus dangereux ? Peut-on aimer à nouveau quand le dernier amour a failli te tuer ?
View MoreChapitre 1 :
POV : Ayana Mensah
Les gens disent toujours que le bonheur est une question de perspective. Que c'est une construction mentale, un choix conscient, une architecture de l'esprit.
Moi, je construisais des buildings.
Et ce matin-là, debout dans mon cabinet d'architecture situé au cœur du quartier des affaires de Cotonou, je contemplais l'empire que j'avais bâti de mes mains. Littéralement. Pierre par pierre. Contrat par contrat. Nuit blanche après nuit blanche.
Le soleil de fin d'après-midi filtrait à travers les immenses baies vitrées, projetant des ombres géométriques sur les plans architecturaux étalés devant moi. Mon empire. Mon royaume. Ma revanche sur un monde qui m'avait dit qu'une orpheline de douze ans ne deviendrait jamais rien.
–« Mademoiselle Mensah ? »
La voix de ma secrétaire, Estelle, me tira de ma rêverie. Elle se tenait dans l'encadrement de la porte, un sourire complice aux lèvres, tenant une enveloppe crème qui sentait l'argent et les opportunités.
–« Le contrat Bakayoko vient d'être signé. »
Je sentis une vague de satisfaction pure m'envahir. Le contrat Bakayoko. Trois mois de négociations acharnées. Un complexe commercial de vingt étages qui allait redéfinir le skyline de la ville. Mon plus gros projet à ce jour.
À vingt-sept ans, j'étais l'architecte d'intérieur la plus demandée du pays.
Pas mal pour une fille qui avait grandi dans un orphelinat miteux de Akpakpa, où les rêves mouraient avant même d'avoir eu la chance de naître.
–« Parfait, » dis-je en prenant l'enveloppe, mes doigts effleurant le papier luxueux.
– « Prévois une réunion avec l'équipe pour lundi. Nous commençons les esquisses préliminaires. »
Estelle hocha la tête et s'apprêtait à partir quand mon téléphone vibra sur le bureau. L'écran s'illumina.
"Mathias "
Mon cœur fit ce petit bond stupide qu'il faisait toujours quand je voyais son nom. Même après six ans. Même après mille « je t'aime ». Même à trois jours de notre mariage.
Peut-être surtout à trois jours de notre mariage.
–« Tu peux y aller, Estelle. Merci. »
Elle sortit avec un clin d'œil complice, refermant doucement la porte derrière elle. Je décrochai.
–« Salut, toi. »
La voix de Mathias était ce mélange parfait de professionnel et d'intime qu'il avait perfectionné au fil des années. Mathias Akinlabi. Mon fiancé. Mon partenaire. L'homme avec qui j'allais passer le reste de ma vie.
–« Salut, mon cœur. » Sa voix était chaude, réconfortante.
–« Comment s'est passée ta journée ? »
–« Incroyable. Le contrat Bakayoko est dans la poche. »
–« Bien sûr qu'il l'est. Tu es brillante. » Il marqua une pause.
–« Écoute, je voulais te prévenir : je ne pourrai pas passer ce soir. Un truc de dernière minute au bureau. Tu sais comment c'est. »
Je sentis une légère déception, mais elle s'évapora rapidement. Mathias était consultant financier, toujours débordé, toujours en train de jongler avec dix dossiers à la fois. C'était l'une des choses que j'aimais chez lui : son ambition égalait la mienne.
–« Pas de problème. De toute façon, j'ai les derniers ajustements pour ma robe demain matin. Lola vient me chercher à neuf heures. »
–« Lola. » Il y avait quelque chose dans sa voix. Une hésitation imperceptible.
– « C'est bien. Vous deux, vous êtes... proches. »
–« Elle est ma meilleure amie depuis quinze ans, Mathias. Elle est comme ma sœur. »
–« Je sais, je sais. » Il rit, mais le son sonnait légèrement creux.
–« Bon, je dois y aller. Je t'aime, Ayana. »
–« Je t'aime aussi. »
Je raccrochai, un sourire flottant sur mes lèvres.
Dans trois jours, je deviendrais Madame Akinlabi.
Dans trois jours, j'aurais enfin la famille que j'avais toujours désirée. Dans trois jours, ma vie serait parfaite.
Dix-huit heures plus tard, je fixais les échantillons de dentelle ivoire étalés sur la table de ma créatrice de robes, Madame Kouassi, une femme ivoirienne élégante qui avait conçu des robes pour la moitié de l'élite ouest-africaine.
–« Celui-ci, » dit Lola en pointant un tissu délicat orné de perles.
–« Définitivement celui-ci. Il te rendra absolument éblouissante. »
Je regardai mon amie, ma sœur de cœur et je me sentis submergée par une vague de gratitude. Lola Mensah. Nous avions le même nom de famille par pure coïncidence, mais nous aurions pu être vraiment sœurs. Orphelines toutes les deux. Survivantes toutes les deux. Nous nous étions trouvées dans cet orphelinat glacial il y a quinze ans, deux filles brisées qui s'étaient promises de conquérir le monde ensemble.
Et nous l'avions fait.
Lola était devenue photographe de mode, voyageant à travers l'Afrique, capturant la beauté là où d'autres ne voyaient que la misère. Moi, j'avais construit des empires de verre et d'acier.
–« Tu as raison, » souris-je.
– « C'est parfait. »
Madame Kouassi hocha la tête avec satisfaction.
–« Je ferai les ajustements finaux. Vous pourrez récupérer la robe après-demain. Le jour avant le mariage. »
Le jour avant le mariage.
Les mots résonnèrent dans ma poitrine comme une promesse, comme une prière exaucée.
–« Ayana, » dit Lola alors que nous sortions de la boutique, la chaleur de Cotonou nous enveloppant comme une couverture humide.
–« Tu mérites tout ce bonheur. Tu le sais, n'est-ce pas ? »
Je la regardai, surprise par l'intensité dans sa voix.
–« Pourquoi tu dis ça ? »
Elle détourna le regard, fixant la circulation chaotique de la rue.
–« Parce que... tu as traversé tellement de choses. L'orphelinat. Construire ton cabinet de zéro. Te battre contre tous ces hommes qui pensaient qu'une femme ne pouvait pas réussir dans ce domaine. » Elle se tourna vers moi, ses yeux brillants.
–« Tu mérites un homme qui t'aime comme Mathias t'aime. »
Quelque chose dans son ton me mit mal à l'aise. Comme si elle essayait de se convaincre elle-même.
–« Lola, tout va bien ? »
–« Oui, oui. » Elle sourit, mais le sourire n'atteignit pas ses yeux.
–« Je suis juste émotive. Ma meilleure amie se marie. C'est... c'est énorme. »
Je la pris dans mes bras, sentant sa minceur sous mes mains. Elle avait perdu du poids récemment. Le stress du travail, avait-elle dit.
–« Tu es ma demoiselle d'honneur. Tu es ma famille. Je ne pourrais pas faire ça sans toi. »
Elle se raidit légèrement dans mes bras, puis me serra plus fort.
–« Je sais. »
Nous nous séparâmes et je consultai ma montre. Dix-sept heures. Mathias avait dit qu'il ne serait pas là ce soir, mais j'avais pensé passer chez nous pour finaliser quelques détails pour la cérémonie.
Notre appartement. L'espace que nous avions transformé ensemble en foyer.
–« Je vais rentrer. Quelques derniers détails à régler. »
–« Tu veux que je vienne avec toi ? » demanda Lola, trop rapidement.
–« Non, ça va. Repose-toi. Tu as l'air épuisée. »
Quelque chose passa sur son visage. Du soulagement ? De la panique ?
Mais avant que je puisse analyser, elle avait déjà attrapé un taxi et disparu dans le trafic.
L'appartement était situé dans un immeuble moderne du quartier Haie Vive, avec vue sur la lagune. Je l'avais entièrement rénové moi-même, mon premier grand projet personnel. Chaque couleur, chaque meuble, chaque détail avait été choisi avec amour.
Notre nid. Notre futur.
J'insérai la clé dans la serrure, poussai la porte.
L'appartement était plongé dans la pénombre. Étrange. Mathias laissait toujours des lumières allumées quand il sortait.
–« Mathias ? »
Silence.
Peut-être qu'il n'était jamais passé ce matin. Peut-être qu'il était allé directement au bureau.
Je posai mon sac sur la console de l'entrée, enlevai mes talons. Mes pieds nus s'enfoncèrent dans le tapis moelleux que j'avais fait venir de Turquie.
C'est alors que je l'entendis.
Un son. Un gémissement.
Faible. Presque imperceptible.
Venant de notre chambre.
160 joursPOV : Mathias — Route de Kota, 06h30Je passai la prendre avant l'aube. Elle m'attendait sur le trottoir, un sac à dos léger, des chaussures de marche, les cheveux protégés par un foulard noué serré. Elle avait préparé du café dans une thermos et m'en tendit une tasse sans un mot en montant dans la voiture.— Tu as bien dormi ? demandai-je.— Pas vraiment.— Moi non plus.Je n'ajoutai rien. La route défila dans le petit matin, Cotonou s'effaça derrière nous, remplacée par des champs de maïs et des plantations d'anacardiers. L'air devint plus sec, plus chaud, chargé de poussière et de l'odeur des herbes sauvages. Ayana regardait par la vitre, silencieuse, mais son silence n'était plus celui des premiers jours. Il était habité, comme si elle emmagasinait chaque détail pour le redessiner plus tard.— Tu sais que les chutes de Kota sont classées patrimoine mondial ? dit-elle soudain.— Je sais.— Et que la roche est un grès vieux de deux cents millio
POV : Mathias — Appartement d'Ayana, 16h00Je m'étais garé devant l'immeuble de Zongo sans lui envoyer de message. La proposition que j'avais à lui faire ne tenait pas dans un texto. Il fallait qu'elle me voie, qu'elle lise sur mon visage que ce n'était pas une stratégie, pas un dîner imposé par le contrat, pas une sortie destinée à convaincre un promoteur. Juste une invitation. Simple, nue, sans filet.Elle est descendue au bout de quelques minutes, en jean et t-shirt, les cheveux attachés à la hâte. Elle s'est arrêtée en me voyant adossé à la voiture.— Qu'est-ce que tu fais là ? On n'a pas de réunion aujourd'hui.— Je sais. Je ne viens pas pour le projet.— Alors pourquoi ?— J'aimerais t'emmener quelque part. Rien d'officiel. Rien de professionnel. Juste un endroit que je voudrais te montrer.Elle a croisé les bras, ce geste de défense qu'elle avait chaque fois qu'elle sentait une intention qu'elle ne maîtrisait pas.— Où ?— Ganvié. La cité lacustre. On y sera pour le coucher du
163 joursPOV : Mathias — Restaurant Le Lodge, 19h45Le promoteur Koné avait insisté pour ce dîner. « Pas de travail ce soir, avait-il dit, juste un moment entre associés. » J'avais réservé la table près de la baie vitrée, celle qui donnait sur la lagune, avec les lumières de Cotonou qui s'allumaient une à une. Nappe blanche, bougies, trois couverts.Ayana est arrivée avec cinq minutes de retard, un dossier sous le bras, sa démarche rapide et son regard qui balayait la salle avant même de s'asseoir. Elle portait une robe noire, des boucles d'oreilles discrètes, et la bague que je lui avais passée au doigt. Elle ne l'enlevait jamais en public. Je savais que ce n'était pas de l'amour, mais c'était une forme de respect pour le contrat, et je prenais ce qu'elle acceptait de me donner.— Tu es très élégante.— J'ai mis ce que j'avais.— Alors ce que tu as te va bien.Elle s'assit sans répondre. Koné arriva deux minutes plus tard, costume anthracite, sourire affable. Il serra la ma
164 joursPOV : Mathias — Siège du projet Koné, 08h00La salle de réunion était un capharnaüm ordonné. Des plans étalés sur trois tables, des échantillons de matériaux empilés contre les murs, des tasses de café froid oubliées un peu partout. L'équipe était arrivée à sept heures, et à huit heures précises, Ayana se tenait déjà devant le tableau blanc, un marqueur à la main, en train de détailler les fondations du complexe.Je m'étais assis au fond de la salle, près de la fenêtre, sans faire de bruit. Le promoteur Koné était à ma droite, un bloc-notes sur les genoux, le visage impassible. Il avait insisté pour que je sois présent aux réunions, arguant que le mariage impliquait une responsabilité partagée. Je n'avais pas discuté. J'étais venu.— Les pieux devront descendre à trente-cinq mètres, disait Ayana en traçant une ligne verticale sur le schéma. La nappe phréatique est haute, on ne peut pas faire l'économie d'un bon ancrage. Si on veut quarante-deux étages, il f






Bienvenue dans Goodnovel monde de fiction. Si vous aimez ce roman, ou si vous êtes un idéaliste espérant explorer un monde parfait, et que vous souhaitez également devenir un auteur de roman original en ligne pour augmenter vos revenus, vous pouvez rejoindre notre famille pour lire ou créer différents types de livres, tels que le roman d'amour, la lecture épique, le roman de loup-garou, le roman fantastique, le roman historique et ainsi de suite. Si vous êtes un lecteur, vous pouvez choisir des romans de haute qualité ici. Si vous êtes un auteur, vous pouvez obtenir plus d'inspiration des autres pour créer des œuvres plus brillantes. De plus, vos œuvres sur notre plateforme attireront plus d'attention et gagneront plus d'adimiration des lecteurs.