POV : Dr. Adrien KoffiLa mort a une odeur. Pas celle qu'on imagine, douce, paisible, éthérée. Non. La mort sent l'antiseptique, le sang, et cette chose indéfinissable que seuls ceux qui ont passé des années dans les salles d'opération peuvent reconnaître : le désespoir humain.Et en ce moment, mes mains étaient plongées dedans.–« Tension artérielle chute, Docteur Koffi. 80 sur 50. »La voix de l'infirmière, Claire, une Béninoise compétente qui ne paniquait jamais, était tendue mais contrôlée. Exactement comme je l'aimais.–« Augmentez la dopamine. Deux milligrammes. » Ma voix était calme. Clinique. Détachée.Toujours détachée.Le patient sur ma table, un homme de cinquante-quatre ans, père de trois enfants, diabétique, avait fait un infarctus massif. Triple pontage coronarien. Une intervention que j'avais effectuée des centaines de fois.Mes doigts se déplaçaient avec une précision mécanique, suturant les artères, contournant les zones endommagées. Chaque geste calculé. Chaque mouve
Last Updated : 2026-02-23 Read more