تسجيل الدخولEllie
— James, il faut qu'on parle.
Cela faisait trois jours que je tournais en rond dans la villa, incapable de dormir, incapable de manger, incapable de penser à autre chose qu'à cette conversation surprise dans le couloir. Les mots de James résonnaient dans ma tête comme un écho sinistre , "je te ferai disparaître de la surface de la terre" et chaque fois que je fermais les yeux, je voyais son visage dur, ses y
JamesLes années passent, douces et paisibles, comme les saisons qui se succèdent sur le lac derrière notre villa. Les printemps apportent les fleurs de Fergus, des explosions de couleurs dans la roseraie, des parfums de glycine et de jasmin qui embaument l'air. Les étés sont chauds et langoureux, remplis de baignades dans le lac, de pique-niques sur la pelouse, de soirées sur la terrasse à regarder les lucioles et à écouter les cigales. Les automnes parent le parc de rouge et d'or, et les enfants courent dans les allées, lançant des poignées de feuilles mortes vers le ciel. Les hivers transforment la villa en un cocon douillet, où le feu crépite dans la cheminée et où la neige recouvre le parc d'un manteau blanc immaculé.Rose a maintenant dix ans. Elle est devenue une petite fille espiègle, curieuse de tout, qui pose des questions incessantes sur le monde, la nature, les étoiles, les livres. Elle a hérité de la détermination de son père et de ma passion pour la lecture. Elle dévore
La grossesse de Lily est plus facile que celle de Rose. Moins de nausées, moins de fatigue, moins d'inconnu. Je sais ce qui m'attend, je connais les sensations, les douleurs, les joies. Et puis, j'ai déjà une famille autour de moi. James, bien sûr, mais aussi Thomas et Rose, qui sont aux petits soins avec moi.Rose est fascinée par mon ventre. Elle passe des heures à le caresser, à lui parler, à lui raconter des histoires de princesses et de dragons.— Il y a un bébé là-dedans ? demande-t-elle pour la centième fois.— Oui, ma chérie. Un bébé. Ta petite sœur ou ton petit frère.— Elle s'appelle comment ?— On ne sait pas encore. Papa et moi, on réfléchit.— Moi, je veux qu'elle s'appelle Princesse.— Princesse Sullivan ? dis-je en riant. C'est un peu long, non ?— Alors Fleur. Ou Étoile. Ou Papillon.— On va y réfléchir, promis.Thomas, lui, est plus discret, mais tout aussi attentionné. Il m'apporte des tasses de thé, me prépare des tartines, me rappelle de me reposer. Il a quatorze a
Je n'écoute pas vraiment le reste. Je regarde William, je regarde Isabella, et je repense à notre propre mariage, à James et moi. Nous ne nous sommes jamais mariés officiellement. Pas de cérémonie, pas de robe blanche, pas d'église. Juste une promesse échangée un soir, au bord du lac, sous les étoiles. Une promesse d'amour éternel, de fidélité absolue, de soutien inconditionnel. Et nous avons tenu cette promesse, jour après jour, année après année.— Tu regrettes de ne pas avoir eu un vrai mariage ? me demande James, comme s'il lisait dans mes pensées.— Non. Nous avons eu mieux. Nous avons eu la vérité.— La vérité ?— Oui. Pas de robe blanche, pas de fleurs, pas de prêtre. Juste toi et moi, nus et vulnérables, nous promettant l'éternité. C'est plus fort que n'importe quelle cérémonie.Il me sourit, ce sourire rare qui me fait encore chavirer après toutes ces années. Puis il prend ma main, la porte à ses lèvres, embrasse mes doigts.— Je te promets à nouveau, murmure-t-il. Devant Die
Ce soir-là, après avoir couché les enfants, je me retrouve seul dans le salon. Ellie est montée se coucher, épuisée par l'émotion de la journée. Le feu crépite dans la cheminée, et je regarde les flammes danser, perdu dans mes pensées. Je pense à George. À tout ce que nous avons traversé ensemble. Aux nuits de planque, aux fusillades, aux négociations tendues. Aux moments de doute et de peur, aux moments de victoire et de soulagement. À cette fraternité silencieuse qui nous a unis pendant trente ans.La porte du salon s'ouvre doucement, et Ellie entre, vêtue d'un pyjama en soie, les cheveux dénoués. Elle s'assied à côté de moi, pose sa tête sur mon épaule, ne dit rien. Elle n'a pas besoin de parler. Sa présence suffit.— Tu vas lui écrire ? demande-t-elle au bout d'un moment.— Toutes les semaines. Des lettres, des cartes postales, des photos des enfants. Je veux qu'il reste connecté à notre vie, même à distance.— Et l'Italie, ce n'est pas si loin. Deux heures d'avion.— Je sais. Mai
JamesGeorge part en retraite. Après trente ans de service, trente ans de combats, trente ans de loyauté sans faille, il a décidé de s'installer en Italie, dans une petite maison au bord de la mer. Je m'y attendais, bien sûr. Il m'en parlait depuis des années, de cette maison aux volets bleus, de ce jardin planté d'oliviers, de cette terrasse où il voulait finir ses jours en buvant du vin rouge et en regardant le soleil se coucher sur la Méditerranée. Mais savoir et voir sont deux choses différentes. Et aujourd'hui, en ce matin de juin, debout devant la villa Elysium, je le vois monter dans la voiture qui va l'emmener à l'aéroport, et je sens mon cœur se serrer comme s'il allait exploser.La matinée est radieuse, presque insultante de beauté pour un jour d'adieu. Le soleil brille sur le lac, les roses de Fergus embaument l'air, les cygnes glissent majestueusement sur l'eau. Tout est calme, serein, parfait. Et pourtant, je voudrais que le ciel soit gris, que la pluie tombe, que le mond
Je me souviens du jour où je t'ai vu pour la première fois, à l'orphelinat Sainte-Anne. Tu avais huit ans, des yeux verts comme les miens, et tu portais en toi une colère que je reconnaissais parce qu'elle était la mienne. Tu étais assis sur un banc, dans la cour, et tu ne pleurais pas. Tu ne parlais pas. Tu regardais le monde avec une intensité qui m'a glacé le sang. Et j'ai su, à cet instant, que tu étais celui que je cherchais. Pas un héritier, pas un successeur. Un fils.Je t'ai adopté parce que je voyais en toi ce que j'aurais voulu être. Un survivant, un combattant, un homme capable de tout endurer sans jamais plier. Et tu es devenu tout cela, et bien plus encore. Tu es devenu le chef que je n'ai jamais réussi à être, le stratège que j'aurais rêvé d'être, le leader que les hommes suivent par respect et non par crainte. Tu as dépassé toutes mes espérances, et je ne te l'ai jamais dit. Je ne te l'ai jamais dit parce que je ne savais pas comment. Parce que les mots d'amour étaient
Mais là, dans ce garage, contre cette voiture, il n'y a pas de faiblesse. Il y a de la force. Une force que je ne connais pas. Une force que je n'aurai jamais. Une force qui me donne envie de pleurer, moi, George, l'homme de fer, le soldat, le tueur.Je reste là, adossé au mur, les yeux fixés au pl
Sa bouche s'écrase sur la mienne, dure, chaude, impatiente. Il n'y a pas de douceur dans ce baiser. Pas de timidité. Pas de demande. Il prend. Il prend ce qu'il veut, ce qu'il désire, ce qui lui appartient. Et je lui appartiens. Je lui appartiens depuis le premier soir, depuis le premier regard, de
EllieLa journée avance.Le soleil est haut dans le ciel, les rayons de l'après-midi transpercent les fenêtres sales et projettent des ombres allongées sur le sol cimenté. La poussière danse dans la lumière. Marco et Tony sont sortis chercher des pièces chez un fournis
Je termine ma blague. Je le regarde avec un grand sourire, attendant sa réaction. J'attends un rire poli. J'attends un sourire forcé. J'attends même un grognement désapprobateur – ce serait déjà une réaction.Il ne rit pas.Son visage est impassible. Ses yeux me fixent sans







