로그인Le Tueur Silencieux
La calèche s'arrêta avec un lourd sifflement de freins en laiton.
Je restai assise dans l'obscurité pendant une longue minute avant que la serrure ne cliquette. Quand la porte s'ouvrit, l'air humide du Quartier Bas, lourd de poisson, avait disparu. À sa place flottait l'odeur d'aiguilles de pin écrasées, de pierre froide et de cire coûteuse.
"Dehors," dit le Capitaine.
Je descendis de la calèche, les jambes raides à cause du trajet. Mes poignets étaient toujours liés derrière mon dos, la corde de chanvre raide de sang séché.
Je me tenais dans une immense cour pavée de marbre blanc frotté si proprement qu'il reflétait le ciel gris comme de la glace. De hautes murailles de pierre coupaient le reste du monde, et au-dessus d'elles se dressait le palais, une montagne dentelée de granit sombre et de flèches pointues qui m'observait comme un oiseau de proie.
Il n'y avait pas de gardes qui criaient, pas de marchands vendant leurs marchandises, et pas de chiens qui aboyaient. Le silence était si lourd qu'il me serrait la poitrine.
"Garde les yeux baissés," marmonna le garde derrière moi, me poussant vers un ensemble de doubles portes en fer.
Ils m'emmenèrent à travers des corridors étroits et en spirale qui s'enfonçaient au cœur du palais. Des tapisseries tapissaient les murs, étouffant nos pas jusqu'à ce qu'ils ressemblent à des fantômes se déplaçant dans la pierre.
Enfin, le Capitaine s'arrêta devant une lourde porte en chêne renforcée de bandes de fer noir. Il la déverrouilla et la poussa.
"Entre."
Je franchis le seuil. La pièce était grande, dominée par un énorme lit à baldaquin drapé de velours vert sombre. Un feu crépitait dans un âtre en briques noires. Au centre de la pièce se tenait une petite table en bois couverte de plats en argent.
L'odeur me frappa comme un coup à la poitrine. Du poulet rôti, du pain fraîchement cuit, et des pommes d'hiver sucrées.
Mon estomac grogna bruyamment. Je n'avais rien mangé à part un bouillon de navet aqueux depuis deux jours.
Le Capitaine se plaça derrière moi et trancha la corde de chanvre avec un petit couteau aiguisé.
Je haletai tandis que le sang retournait dans mes mains. Je frottai mes poignets à vif, puis regardai de la table au Capitaine.
"C'est mon dernier repas ?" demandai-je.
"Mange," répondit le Capitaine. Son visage resta vide. "Quelqu'un viendra te chercher quand le moment sera venu."
La lourde porte en chêne se referma avec un sourd fracas, et la clé en laiton tourna fermement dans la serrure, m'enfermant à l'intérieur.
Je regardai lentement autour de la pièce. De hautes fenêtres étroites étaient couvertes d'épaisses grilles de fer. Il n'y avait pas d'échappatoire.
Puis une ombre bougea près de l'âtre froid.
Je me retournai, ma main cherchant automatiquement la ceinture où mon couteau à éviscérer aurait dû être. Mes doigts se refermèrent sur du vide.
Un homme sortit de l'obscurité.
Il était grand, portant une tunique noire à col haut sous une brigandine en cuir sombre. Une longue épée droite reposait à sa hanche.
Ses yeux étaient d'un ambre pâle, comme de l'herbe morte sous le givre. Son visage était anguleux et inexpresif. Il ressemblait plus à une statue qu'à un homme vivant.
"Qui es-tu ?" exigeai-je, reculant jusqu'à ce que mes mollets heurtent le bord de la table.
L'homme ne répondit pas. Il marcha vers moi sans un bruit et s'arrêta à quelques mètres.
"Assieds-toi," dit-il. Sa voix était basse et complètement dénuée de chaleur.
"J'ai demandé qui tu étais."
"Peu importe qui je suis. Assieds-toi et mange."
La faim vainquit finalement la peur.
Je m'assis par terre à côté de la table et attrapai un pilon de poulet rôti avec des mains tremblantes.
Il resta parfaitement immobile, suivant chaque bouchée que je prenais.
Ses yeux suivaient chaque mouvement de mes doigts meurtris.
"Tu me regardes comme si tu prenais mes mesures pour un cercueil," dis-je la bouche pleine de pain.
Le coin de sa bouche se crispa avant que l'expression ne disparaisse.
"C'est le cas," dit-il doucement.
Je me figeai. Le pain devint des cendres dans ma bouche.
"Les trois qui se sont assis sur cette chaise avant toi," dit-il, se penchant en avant jusqu'à ce que son ombre engloutisse la mienne, "ont tous mangé le même pain. Ils ont tous bu le même vin."
Il désigna le gobelet en argent à côté de mon assiette.
"Et ils sont tous en terre."
LA PROPOSITIONLes portes de la Chambre du Haut Conseil s’ouvrirent à notre entrée, et les voix à l’intérieur s’éteignirent l’une après l’autre. Lord Karo se tenait près de la table du conseil avec plusieurs commandants du Nord derrière lui. La baronne Alice se tenait près des hautes fenêtres, les bras croisés, tandis que les autres seigneurs observaient le duc Varn des différents côtés de la pièce. Varn se tenait au centre de la chambre, sans armure ni épée. Il avait l’air calme. Ça m’inquiéta plus que de le voir prêt pour le combat.Karo s’avança vers lui. « Tu as demandé cette réunion, Varn, alors parle. » Varn balaya la pièce du regard avant que ses yeux ne se posent sur moi. « Je veux que ce combat cesse avant que d’autres personnes ne meurent. » Alice fit un pas en avant. « Alors abdique de la régence. » Varn se tourna vers elle. « Tu crois que ma démission mettra fin au combat ? » « Tu es la raison pour laquelle nous battons pour le trône, » répliqua Ali
L’ODEUR DU FER ET DE LA GUERRETrois lourds coups de cor de guerre en fer résonnèrent depuis les remparts extérieurs et firent trembler la pierre sous nos bottes.« La corne du Nord, » souffla Cassian en écoutant. « Karo est aux portes. »Au-dessus de nous, le plafond gémit sous le poids des pas qui couraient. Les gardes du duc Varn se précipitaient pour défendre la cour inférieure et abandonnèrent l’aile de Clara. Le couloir resta imprégné de l’odeur de sueur froide et d’huile de lampe brûlée.Cassian ouvrit d’un coup violent le panneau caché derrière la garde-robe. Il attrapa mon poignet et me tira dans le couloir vide où des hallebardes abandonnées traînaient sur le sol poli.Au lieu de prendre l’étroit passage des serviteurs, il me conduisit vers le grand escalier qui montait jusqu’au corps de garde. Nous contourna l’arche de la salle d’entrée et tombâmes droit sur un groupe de nobles paniqués et de gardes armés.« Rangez vos armes, bande d’imbéciles ! » cria une voix tranchante a
LE CHOIX DE L’OMBRELes lourdes bottes devant la chambre de Clara finirent enfin par s’éloigner dans le couloir de pierre. Le silence à l’intérieur de la gaine du mur était si profond que je pouvais entendre le cœur de Cassian battre contre ma clavicule. Sa grande main restait posée sur ma bouche tandis que nous attendions que le dernier bruit des soldats de Drake disparaisse.Lentement, ses doigts glissèrent de mes lèvres jusqu’à ma mâchoire. Il ne s’éloigna pas.Le passage exigu derrière la garde-robe était à peine assez large pour deux personnes. Mon dos était plaqué contre le granit froid tandis que le corps de Cassian bloquait l’étroit passage. La poussière flottait dans l’obscurité tandis que de fines raies de lumière de torches filtraient à travers les fissures de la pierre.Je glissai la main dans la poche de ma tunique et sentis mes doigts tremblants se refermer sur le petit carnet que nous avions pris derrière la plinthe de Clara.« Il faut bouger, » murmura Cassian près d
L’AILE NORDLa lourde porte du passage secret fit taire le chaos rugissant de la Salle du Haut Conseil dans un sourd bruit sourd.Un air humide et glacial nous enveloppa tandis que je m’adossais au mur de granit rugueux et que je respirais profondément. Mon cœur battait contre mes côtes tandis que de pâles filets de lumière s’infiltraient à travers les fissures entre les pierres.À côté de moi, Cassian se tenait immobile dans la pénombre. Ses oreilles se dressaient vers le mur tandis qu’il écoutait les coups étouffés des hommes de Drake qui criaient de l’autre côté.« Ils ne briseront pas ce panneau rapidement, » chuchota Cassian. « C’est quatre pouces de chêne renforcé de fer. »Je baissai les yeux sur mes poignets en sang là où les menottes venaient à peine de me retenir.« Où mène ce tunnel ? »« Il traverse le mur extérieur de la forteresse. » Cassian tendit la main et m’assura en me tenant le coude. « Il relie les galeries inférieures aux quartiers résidentiels. »Une idée soudai
LE PROCÈS BLOQUÉLes portes de chêne de la Grande Salle du Conseil claquèrent derrière nous dans un grondement sourd.Le Capitaine Drake et six soldats de la Garde Sanglante nous firent marcher dans l’allée centrale de marbre, leurs épées tirées reflétant la lumière des hautes fenêtres. Des dizaines de hauts seigneurs et de nobles dames se penchaient au-dessus des balustrades de bois des galeries, leurs chuchotements et disputes emplissant la vaste salle.Au bout de la salle, le duc Varn était assis sur le trône du Régent, les mains posées sur les accoudoirs sculptés.Les gardes nous donnèrent un coup derrière les genoux, forçant Cassian et moi à tomber au sol devant l’estrade du Conseil. Mes chaînes de fer cliquetèrent contre la pierre polie, mais je gardai le menton levé. À côté de moi, Cassian s’agenouilla en silence, ses yeux balayant la pièce et comptant les gardes armés à chaque issue.Le duc Varn se leva du trône et leva le maillet d’argent.« Seigneurs et Dames du Haut Conseil
L’HEURE DE MIDIL’air froid s’engouffrait par l’étroite meurtrière, rafraîchissant la sueur sur ma nuque. Le dos appuyé contre le mur de pierre, j’avais ramené mes genoux contre ma poitrine. À côté de moi, Cassian posa sa tête contre le mortier, sa respiration sifflant doucement dans sa poitrine. Sa lèvre fendue saignait encore sur le col de sa tunique sale, mais ses yeux étaient vifs et concentrés dans la pénombre. « Tu es blessée quelque part ? » chuchota Cassian, la voix à peine plus forte que le vent dehors. « Juste des bleus, » répondis-je en faisant reposer mes mains sur mes chaînes de fer. « Et toi ? » « J’ai pris pire aux casernes, » dit Cassian en testant ses poignets contre les anneaux de métal. « On n’a pas beaucoup de temps. Quand le soleil sera au zénith de la tour, Drake nous traînera en bas, dans la grande salle. » « On a perdu le livre noir du Docteur Denmark, » dis-je en grinçant des dents de frustration. « Sans cette preuve matérielle, c’est ma parole contr







