เข้าสู่ระบบValdrenElle est là, dans mes bras, et elle se débat.Ses poings frappent ma poitrine, ses ongles griffent mon dos, ses dents cherchent ma lèvre, et chaque coup, chaque griffure, chaque morsure est une délicieuse torture, une souffrance exquise, une douleur qui me fait me sentir plus vivant que je ne l'ai jamais été.Elle est sauvage. Indomptée. Magnifique.Je la plaque contre le mur, mes mains sur ses poignets, mes jambes contre les siennes, mon corps contre le sien, et je sens sous mes doigts la finesse de ses os, la fermeté de ses muscles, la chaleur de sa peau, et je sens sous mon corps la rage qui l'habite, cette rage qui est devenue sa force, sa raison de vivre, son essence même.Elle est forte. Plus forte que je ne l'imaginais. Mais pas assez.— Lâche-moi, siffle-t-elle, et sa voix est un venin, un poison, une menace.— Non.— Je te tuerai.— Tu essaieras.Elle me mord la lèvre
LysandraOn me réveille à l'aube, quand les premières lueurs du jour filtrent à travers les fissures des murs, quand les rats regagnent leurs trous, quand les gardes changent de quart, et des mains brutales me tirent de mon sommeil, me tirent de mes cauchemars, me tirent de ce néant bienheureux où je n'étais plus captive, où je n'étais plus une bête en cage, où je n'étais plus rien du tout.Des gardes entrent dans ma cellule, me tirent par les bras, me traînent dans les couloirs, et je ne résiste pas, pas encore, je garde mes forces, je garde ma rage, je garde tout ce qui me reste pour le moment où cela comptera, pour le moment où je pourrai frapper, pour le moment où je pourrai mordre.Ils me conduisent dans une grande salle éclairée par des torches, une salle aux murs de pierre nue, une salle qui sent la peur et le sang et la mort, et au centre de cette salle, il y a une estrade, et sur cette estrade, il y a un homme, un homme grand, large, vêt
LysandraNous arrivons à la capitale au crépuscule, quand le soleil descend derrière les remparts comme une boule de feu qui se noie dans l'horizon, quand les ombres s'allongent sur les pavés comme des doigts de spectres, quand les lanternes s'allument une à une dans les rues comme des étoiles tombées du ciel.La ville est immense.Je n'ai jamais rien vu de tel. Des murs de pierre grise qui s'élèvent vers le ciel comme des falaises, des tours qui griffent les nuages comme des doigts osseux, des rues grouillantes de vie, de bruit, d'odeurs, des milliers de personnes qui vont et viennent, qui rient, qui crient, qui vivent, et je les regarde avec des yeux écarquillés, avec une curiosité que je voudrais cacher, avec une fascination que je ne peux pas nier.Hauterive était un village de trois cents âmes, un village de paysans et d'artisans, un village où tout le monde se connaissait, où tout le monde s'entraidait, où tout le monde vivait dans
Il insiste. Il murmure des mots que je n'écoute pas, des mots de paix, des mots de pitié, des mots qui me révoltent, et je crache dans l'outre, je crache ma haine, ma rage, ma soif de vengeance, je crache tout ce que j'ai dans le cœur et dans l'âme.Il lève la main pour me frapper. Je ne recule pas. Je ne ferme pas les yeux. Je le regarde, ce soldat, ce bourreau, cet homme qui va me frapper, et je souris, parce que je n'ai plus rien à perdre, parce que la douleur n'est qu'une vieille amie, parce que la mort serait une délivrance.— Non, dit la voix du roi, venue de nulle part, venue de partout, venue du ciel et de la terre et de mes cauchemars.Le soldat se fige. Se retourne. Valdren est là, à quelques pas, descendu de cheval sans que personne ne l'entende, sans que personne ne le voie, et il s'approche, prend l'outre des mains du soldat, et me la tend lui-même, ce roi, ce conquérant, cet homme qui a détruit ma vie, il me tend une outre d'eau comme si c'ét
Valdren ne bouge pas. Son visage reste impassible, un masque de marbre, un masque de roi, un masque qui ne laisse rien paraître de ce qu'il pense, de ce qu'il ressent, de ce qu'il désire, mais quelque chose change dans ses yeux, quelque chose s'allume dans ses prunelles d'acier, une lueur, une faim, une étincelle de quelque chose que je ne comprends pas encore mais que je comprendrai plus tard, beaucoup plus tard, quand il sera trop tard pour fuir, quand il sera trop tard pour se défendre, quand il sera trop tard pour tout.— Relevez-la, ordonne-t-il.Sa voix est calme, basse, contrôlée, la voix d'un homme qui n'a pas besoin de crier pour être obéi, la voix d'un homme qui sait que le monde entier se pliera à sa volonté, et cette voix roule dans ma poitrine comme un grondement de tonnerre lointain, comme une promesse de tempête, comme un avertissement que je refuse d'entendre.Des mains me tirent debout, des mains brutales qui ne connaissent pas la douceur, qui ne connaissent que la vi
Je ne vois pas son visage, la distance et les flammes me le cachent, mais je sens son regard, ce regard qui me transperce comme une lame, qui me fouille jusqu'à l'âme, qui me dépouille de tout ce que j'ai essayé de cacher, et je frissonne malgré moi, malgré la chaleur de l'incendie, malgré la rage qui me consume, parce que ce regard n'est pas un regard ordinaire, c'est le regard d'un homme qui a l'habitude de posséder, de conquérir, de prendre, et je sais, avec une certitude absolue, que cet homme ne me lâchera plus jamais.— Aldric, je murmure, les lèvres dans la boue, les lèvres dans le sang, les lèvres dans la mort.Mon frère. Où est mon frère ?Des mains brutales me saisissent par les cheveux, des mains qui tirent, qui arrachent, qui font crisser mon cuir chevelu, et je me sens soulevée du sol comme un pantin désarticulé, comme une poupée de chiffon qu'on jette dans un coin, et je hurle, non de douleur mais de rage, de cette rage qui ne me quittera jamais, qui est devenue mon souf







