LOGIN— Aujourd’hui, je te promets de t’aimer. Pas seulement dans les jours heureux, mais aussi dans les jours difficiles. Pas seulement quand tout sera facile, mais aussi quand il faudra se battre. Je te promets d’être là, toujours, quoi qu’il arrive. De te protéger, de te soutenir, de te faire rire. Je te promets de vieillir avec toi. De revenir chaque année à la cabane, pour regarder les initiales qu’on a gravées. Je te promets d’être le père de nos enfants, le mari de ta vie, l’homme qui ne renoncera jamais.Sa voix se brisa sur les derniers mots, et il dut s’arrêter un instant, les yeux humides. Puis il sourit, et ajouta dans un souffle :— Je t’aime, Élise. Je t’aimerai toujours.Élise ne cherchait plus à retenir ses larmes. Elles coulaient librement sur ses joues, mais elle souriait. Elle souriait comme on sourit quand on est heureux, profondément heureux, sans retenue, sans peur.— Gabriel, dit-elle à son tour. Moi aussi, je me souviens de ce soir de septembre. Tu es arrivé sur ta m
Élise arriva devant l’autel, et Armand, avec une solennité pleine de tendresse, déposa la main de sa fille dans celle de Gabriel.— Prends soin d’elle, murmura-t-il.— Toute ma vie, répondit Gabriel.Armand hocha la tête, recula d’un pas, et alla s’asseoir à côté de Catherine, qui pleurait déjà sans retenue. Hélène lui tendit un mouchoir, sans cesser de pleurer elle-même.Le prêtre, un vieil homme à la voix douce qui avait baptisé Élise vingt-cinq ans plus tôt, ouvrit la cérémonie. Il parla de l’amour, du pardon, de la fidélité. Il parla du chemin parcouru, des épreuves surmontées, de la grâce qui se donne et qui se reçoit. Puis il se tourna vers Gabriel.— Gabriel Moreau, voulez-vous prendre pour épouse Élise Fortier, ici présente, et lui promettre fidélité, soutien et amour, pour le meilleur et pour le pire, jusqu’à ce que la mort vous sépare ?— Oui, je le veux.Sa voix était ferme, claire, sans l’ombre d’une hésitation.— Élise Fortier, voulez-vous prendre pour époux Gabriel Morea
La petite église du village n’avait jamais été aussi belle. Elle datait du XIIe siècle, avec ses murs de pierre blonde, ses vitraux anciens qui filtraient la lumière en éclats de rubis et de saphir, et son clocher trapu qui dominait les toits de tuiles. Pour l’occasion, on l’avait parée de fleurs – des roses trémières, bien sûr, celles du jardin d’Hélène, mêlées à des pivoines blanches et à des branchages de tilleul. Les bancs de bois ciré étaient couverts de rubans de soie, et un tapis de pétales de roses menait de la porte jusqu’à l’autel.À l’intérieur, l’assistance était déjà au complet. Les deux familles, mélangées pour la première fois dans un lieu public, occupaient les premiers rangs. Les Fortier d’un côté, les Moreau de l’autre – mais la frontière était floue, désormais, et l’on voyait des visages émus des deux côtés de l’allée centrale. Catherine et Hélène, côte à côte, se tenaient par la main. Rebecca, au deuxième rang, serrait contre elle un petit mouchoir brodé qu’elle n’
— Moi non plus. Mais pour aujourd’hui, c’est nécessaire. Juste pour aujourd’hui. Ensuite, on portera plainte, on retrouvera qui a envoyé cette lettre, et on le fera arrêter. Comme on a fait pour Vincent.— Et si on ne le retrouve jamais ?— On le retrouvera. Rebecca est déjà sur le coup. Elle va prendre la lettre, elle va la faire analyser. Et puis, on a survécu à Vincent Delorme. On peut bien survivre à un morceau de papier.Élise baissa les yeux, respira profondément. Les mains de Gabriel étaient chaudes sur ses joues, solides, rassurantes.— Je suis fatiguée, murmura-t-elle. Fatiguée d’avoir peur. Fatiguée de me battre.— Je sais. Moi aussi. Mais aujourd’hui, c’est le dernier combat. Le dernier obstacle. Après, c’est fini. On sera mariés. On vivra notre vie. Sans peur, sans menaces.— Tu y crois ?— Oui. J’y crois. Parce qu’on l’a mérité. Parce qu’on s’est battus. Parce que l’amour, le vrai, il est plus fort que la haine. On l’a prouvé. On le prouvera encore.Élise le regarda, et d
Élise hocha la tête, lentement. Elle regarda la lettre, ce rectangle de papier blanc posé sur la commode, et elle sentit la peur refluer, remplacée par autre chose. De la colère. De la détermination. La même détermination qui l’avait portée pendant toutes ces semaines de prison dorée, toutes ces nuits de doute et d’espoir.— Tu as raison, dit-elle. Il ne mérite pas qu’on pense à lui. Pas aujourd’hui.— Alors on oublie cette lettre, dit Catherine. Et on se prépare.— On se prépare, répéta Hélène.— Et on va faire de ce jour le plus beau jour de votre vie, conclut Rebecca.Élise sourit, et ce sourire, peu à peu, effaça l’ombre qui avait obscurci ses traits. La lettre resta sur la commode, comme un insecte mort qu’on oublie d’écraser. Mais dans l’esprit de Rebecca, une petite alarme continuait de sonner. Elle irait voir Armand tout à l’heure. Elle lui montrerait la lettre. Elle s’assurerait que la sécurité était en place. Parce que si Vincent Delorme avait encore un complice en liberté,
Le jour s’était levé dans un ciel de soie. Un de ces ciels de septembre qui semblent avoir été lavés par la nuit, d’un bleu pur et profond, sans un nuage. Les tilleuls centenaires du parc bruissaient doucement dans la brise matinale, et les premières lumières du soleil faisaient scintiller la rosée sur les pelouses. Tout était calme, paisible, parfait. Un jour de mariage comme on n’ose pas en rêver.Élise s’était réveillée tôt, le cœur battant d’une excitation joyeuse. Elle avait ouvert les volets de sa chambre, dans la tour ouest, et elle était restée un moment à la fenêtre, à regarder le parc s’éveiller. Aujourd’hui, elle allait épouser Gabriel. Aujourd’hui, tout ce pour quoi ils s’étaient battus, tout ce qu’ils avaient espéré, pleuré, attendu, allait devenir réalité.Catherine était venue la rejoindre, un plateau de petit-déjeuner à la main. Puis Hélène était arrivée, les bras chargés de fleurs. Puis Rebecca, qui avait dormi au manoir pour être là dès l’aube, en tant que demoiselle







