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CHAPITRE 266 – La main d’Armand

Author: L'encre
last update publish date: 2026-09-04 14:02:34

— Légère. Comme si on m’avait enlevé un poids énorme de la poitrine. Comme si je respirais pour la première fois depuis trente ans.

— C’est exactement ça. Moi aussi, quand j’ai parlé à Armand, quand je lui ai dit tout ce que j’avais sur le cœur, j’ai senti quelque chose se libérer en moi. Quelque chose qui était enfermé depuis si longtemps que j’avais oublié que ça existait.

— Quoi donc ?

— La liberté. La liberté de dire ce que je pense, ce que je ressens, ce que je veux. La liberté d’être moi-
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    Étienne regarda cette main tendue, cette main qui avait signé les papiers du procès, cette main qui avait construit un empire sur les ruines de leur amitié. Il la regardait comme on regarde un objet étrange, venu d’un autre monde, d’un autre temps. Cette main qui avait serré la sienne, autrefois, quand ils étaient jeunes, quand ils étaient frères, quand ils croyaient que rien ne pourrait jamais les séparer.Il ne la prenait pas. Il restait immobile, les yeux fixés sur les doigts tremblants d’Armand, et dans sa tête, les images défilaient. L’atelier, les machines, l’odeur de l’huile de vidange et de la limaille de fer. Armand à vingt-cinq ans, les bras croisés, le regard conquérant. Vincent, avec son costume gris et son sourire trop parfait. Le procès, le tribunal, les regards accusateurs. La caravane, le vent qui sifflait sous la porte, Hélène qui pleurait tous les soirs en croyant qu’il ne l’entendait pas.— Tu ne peux pas savoir, dit-il enfin. Tu ne peux pas savoir ce que c’était.—

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    — Légère. Comme si on m’avait enlevé un poids énorme de la poitrine. Comme si je respirais pour la première fois depuis trente ans.— C’est exactement ça. Moi aussi, quand j’ai parlé à Armand, quand je lui ai dit tout ce que j’avais sur le cœur, j’ai senti quelque chose se libérer en moi. Quelque chose qui était enfermé depuis si longtemps que j’avais oublié que ça existait.— Quoi donc ?— La liberté. La liberté de dire ce que je pense, ce que je ressens, ce que je veux. La liberté d’être moi-même.Hélène prit la main de Catherine, la serra doucement.— Alors restons libres, dit-elle. Ne laissons plus personne nous réduire au silence.— Même pas nos maris ?— Surtout pas nos maris.Elles rirent doucement, et ce rire était un pacte, une alliance, une promesse. Deux femmes qui avaient passé leur vie à se taire venaient de décider qu’elles ne se tairaient plus jamais.Au même moment, la porte du bureau s’ouvrit, et Armand apparut dans l’encadrement, suivi d’Étienne. Les deux hommes avai

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