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Chapitre 1
Point de vue d’Alessia Valeri
Le froid avait toujours eu une façon particulière de rappeler aux gens qu’ils étaient encore en vie. À Oslo, l’hiver ne demandait pas la permission avant de s’installer. Il enveloppait les rues d’un manteau blanc, glaçait les vitres des immeubles et forçait les habitants à avancer plus vite, comme s’ils fuyaient quelque chose qu’ils ne pouvaient pas voir. Moi, je fuyais réellement.Assise dans le taxi qui traversait les rues silencieuses de la capitale norvégienne, je regardais les lumières défiler derrière la vitre. Chaque bâtiment, chaque rue inconnue représentait une nouvelle chance. Du moins, c’était ce que j’essayais de me convaincre. J’avais passé des années à vivre avec des questions sans réponses. Des secrets murmurés lorsque je quittais une pièce. Des conversations interrompues dès que j’entrais. Des regards remplis de peur lorsque le nom de mon père était prononcé.
Aujourd’hui, j’avais décidé d’arrêter de chercher des réponses auprès de personnes qui refusaient de me les donner.
J’allais recommencer ailleurs.
– Vous êtes sûre que c’est bien cette adresse ? demanda le chauffeur en consultant son GPS.
Je sortis de mes pensées et regardai l’écran de mon téléphone.
– Oui. C’est bien ici.
L’homme hocha la tête avant de reprendre la route. Je serrai mon sac contre moi. À l’intérieur se trouvaient seulement quelques vêtements, des documents importants et une vieille photo que je n’avais pas réussi à abandonner. La seule chose qui me reliait encore à mon passé. Mon père. Marco Valeri. Un homme dont tout le monde disait qu’il avait été un homme respectable. Pourtant, chaque fois que son nom était prononcé, je voyais la peur dans les yeux de ceux qui l’avaient connu. Je n’avais jamais compris pourquoi. Le taxi s’arrêta devant un petit immeuble situé dans un quartier calme. Rien d’extraordinaire. Rien qui ressemblait à la vie luxueuse que certains imaginaient lorsqu’ils parlaient de nouveaux départs. Mais c’était chez moi maintenant. Je payai le chauffeur et descendis avec mes valises. Le vent froid frappa immédiatement mon visage. Je respirai profondément. Nouvelle ville. Nouvelle vie.
Je voulais y croire.
À l’intérieur de l’appartement, l’endroit était encore vide. Les murs blancs semblaient attendre que quelqu’un leur donne une histoire. Je posai mes affaires au sol et parcourus les pièces lentement. Pour la première fois depuis longtemps, j’étais seule.Sans les disputes. Sans les secrets. Sans cette sensation permanente d’être observée. Je me dirigeai vers la fenêtre du salon et regardai Oslo s’étendre devant moi. Je ne savais pas encore que cette ville allait changer ma vie. Je ne savais pas encore que quelques kilomètres plus loin, un homme observait déjà les mêmes lumières. Un homme dont le nom faisait trembler ceux qui avaient la malchance de le connaître. Dario Bellucci. Dario Bellucci n’aimait pas les surprises. Encore moins celles qui arrivaient au mauvais moment. Dans un bureau situé au dernier étage d’un bâtiment luxueux, il observait les dossiers posés devant lui sans montrer la moindre émotion. Son visage était fermé. Son regard froid.
Les hommes qui travaillaient pour lui savaient une chose : Dario Bellucci n’avait pas besoin de hausser la voix pour être dangereux.
Le silence autour de lui suffisait.
– Alors ? demanda-t-il finalement.
L’homme debout devant son bureau hésita une seconde avant de répondre.
– Elle est arrivée à Oslo ce matin.
Dario leva lentement les yeux.
– Elle ?
Nikolai Volkov resta immobile.
– Alessia Valeri.
Le simple nom sembla changer l’atmosphère de la pièce. Dario prit le dossier entre ses mains et l’ouvrit. Une photo tomba devant lui. Une jeune femme aux cheveux sombres, au regard déterminé. Elle ne souriait pas. Elle semblait porter une douleur que personne ne pouvait voir.
Dario resta silencieux.
– Tu es certain que c’est elle ? demanda-t-il.
– Oui.
Il referma le dossier.
– Pourquoi maintenant ?
Nikolai croisa les bras.
– C’est justement ce que nous essayons de comprendre.
Dario se leva lentement et s’approcha de la fenêtre. La ville était magnifique vue d’ici. Paisible. Mais il savait mieux que personne que les apparences étaient souvent des mensonges.
– Garde un œil sur elle.
Nikolai fronça légèrement les sourcils.
– Tu veux qu’on la surveille ?
Dario fixa les lumières de la ville.
– Je veux savoir qui elle est réellement.
– Et si elle n’a rien à voir avec tout ça ?
Un léger silence suivit.
Dario n’était pas un homme qui croyait aux coïncidences.
Pas dans son monde.
– Alors nous le découvrirons.
Le lendemain matin, je me réveillai avec une étrange sensation.Comme si quelque chose avait changé pendant mon sommeil. Je me levai, préparai un café et tentai de m’habituer à cette nouvelle vie. Je savais que les premiers jours seraient difficiles. Trouver un travail, rencontrer des gens, créer une routine. Des choses normales. Une vie normale. C’était tout ce que je voulais. Mais la normalité n’était peut-être pas faite pour moi. Alors que je quittais l’immeuble, mon téléphone vibra.
Un numéro inconnu.
Je fronçai les sourcils avant de répondre.
– Allô ?
Aucune réponse.
Seulement un silence lourd.
– Qui est-ce ?
Toujours rien. Puis la ligne se coupa. Je regardai mon téléphone avec une étrange inquiétude. Ce n’était sûrement rien. Je voulais m’en convaincre. Mais au fond de moi, une petite voix me disait le contraire. Parce qu’une chose était certaine :
Je n’avais pas fui mon passé.
Mon passé m’avait suivie jusqu’en Norvège.
Chapitre 45Point de vue du narrateurAlessia sentit immédiatement son cœur accélérer. Soren se tenait à quelques mètres d’eux. Derrière lui, trois hommes armés occupaient le couloir. Dario se plaça devant Alessia.– Tu nous suivais ?Soren esquissa un sourire.– Je vous cherchais.– Pourquoi ?– Parce que si je ne vous trouvais pas avant eux, vous seriez déjà morts.Dario leva son arme.– Je commence sérieusement à en avoir assez de tes avertissements.Soren regarda son arme sans montrer la moindre peur.– Alors baisse-la.– Non.– Dario, si j’étais venu pour vous tuer, tu serais déjà mort.Un silence lourd s’installa.Alessia regarda les hommes derrière Soren.Ils n’avaient pas l’air d’être avec son grand-père.– Qui sont-ils ?Soren répondit :– Ceux qui ont tiré sur le vieil homme.Dario fronça les sourcils.– Ils l’ont attaqué ?– Oui.Alessia sentit un frisson.– Pourquoi quelqu’un voudrait tuer mon grand-père ?Soren la fixa.– Parce qu’il n’est pas le seul à vouloir récupérer
Chapitre 44Point de vue du narrateurAlessia sentit immédiatement son cœur accélérer. Soren se tenait à quelques mètres d’eux. Derrière lui, trois hommes armés occupaient le couloir. Dario se plaça devant Alessia.– Tu nous suivais ?Soren esquissa un sourire.– Je vous cherchais.– Pourquoi ?– Parce que si je ne vous trouvais pas avant eux, vous seriez déjà morts.Dario leva son arme.– Je commence sérieusement à en avoir assez de tes avertissements.Soren regarda son arme sans montrer la moindre peur.– Alors baisse-la.– Non.– Dario, si j’étais venu pour vous tuer, tu serais déjà mort.Un silence lourd s’installa.Alessia regarda les hommes derrière Soren.Ils n’avaient pas l’air d’être avec son grand-père.– Qui sont-ils ?Soren répondit :– Ceux qui ont tiré sur le vieil homme.Dario fronça les sourcils.– Ils l’ont attaqué ?– Oui.Alessia sentit un frisson.– Pourquoi quelqu’un voudrait tuer mon grand-père ?Soren la fixa.– Parce qu’il n’est pas le seul à vouloir récupérer
Chapitre 43Point de vue du narrateurDario ne quittait plus la photographie des yeux. Quelque chose venait de se briser dans son regard. Alessia le remarqua immédiatement.– Dario ?Il ne répondit pas.Isabella, elle, s’était approchée lentement.Lorsqu’elle vit la photographie, son visage se décomposa.– Où avez-vous trouvé ça ?Le vieil homme sourit.– Tu te souviens donc.– Cette photo aurait dû disparaître.– Beaucoup de choses auraient dû disparaître.Isabella serra les poings.– Vous avez détruit nos vies.– Non. J’ai simplement rappelé à chacun sa place.Marco eut un rire amer.– Tu appelles ça une place ? Tu as détruit ta propre famille.Le vieil homme se tourna vers lui.– Et pourtant, tu es revenu vers moi.– Je suis revenu pour protéger ma fille.– C’est justement pour cela que tu as tout perdu.Alessia s’avança.– Arrêtez de parler comme si j’étais un objet.Le vieil homme la fixa longuement.– Tu as raison.Il fit quelques pas autour d’elle.– Tu n’es pas un objet.Il s’
Chapitre 42Point de vue du narrateurLe silence qui suivit l’apparition du vieil homme fut plus terrifiant que les coups de feu. Alessia resta immobile. Son regard ne quittait pas cet homme aux cheveux blancs qui avançait lentement au milieu des hommes armés. Il ne semblait pas pressé. Il n’en avait pas besoin. Tout le monde semblait retenir son souffle devant lui.Dario s’avança légèrement devant Alessia, comme pour la protéger.Le vieil homme esquissa un sourire.– Toujours aussi protecteur, Dario.Dario se figea.Il connaissait cette voix.Pas personnellement.Mais il l’avait déjà entendue.Dans les archives de son père.Dans les anciens enregistrements de la famille Bellucci.– Qui êtes-vous ? demanda Dario.Le vieil homme continua d’avancer.– Tu connais déjà mon nom.Soren baissa brusquement les yeux.Pour la première fois depuis qu’Alessia le connaissait, il semblait réellement effrayé.Marco, lui, était devenu livide.Alessia remarqua son changement d’expression.– Papa ?Mar
Chapitre 41Point de vue du narrateurLes lumières s’éteignirent. Alessia sentit immédiatement une main saisir son poignet.– Ne bouge pas.C’était Dario.Elle se rapprocha instinctivement de lui.Dans l’obscurité, personne ne parlait.Puis un bruit métallique retentit.Quelqu’un venait de charger une arme.Dario murmura :– Tout le monde au sol.Un coup de feu éclata.La balle traversa l’endroit où Alessia se tenait une seconde plus tôt.Marco se jeta sur elle.– À terre !Nikolai alluma la lampe de son téléphone.Une silhouette se trouvait près de la porte.Dario tira.L’homme esquiva et disparut dans le couloir.– Suivez-le ! cria Nikolai.Dario voulut partir, mais Alessia le retint.– Attends.– Quoi ?– Il voulait seulement nous faire peur.Dario regarda autour de lui.Elle avait raison.L’homme aurait pu les tuer.Il avait volontairement tiré à côté d’eux.– Il voulait qu’on sorte de cette pièce, murmura Alessia.Marco comprit.– C’est un piège.Ils restèrent quelques secondes d
Chapitre 40 Point de vue du narrateurAlessia resta immobile. Elle regardait Dario comme si elle attendait qu’il lui dise qu’elle avait mal entendu.– Giovanni ?Dario ne répondit pas.Son visage avait perdu toute couleur.Une nouvelle rafale frappa les fenêtres.– À couvert ! cria Nikolai.Tout le monde se baissa.Isabella attrapa Alessia par le bras et l’entraîna vers le couloir.– Viens !– Mais Dario…– Il sait se défendre.Alessia résista.– Je ne pars pas sans lui.Dario arriva près d’elles.– Je suis là.Il attrapa la main d’Alessia.– On doit trouver une sortie.Marco rejoignit le groupe.– Il y a un passage derrière la bibliothèque.Isabella se retourna immédiatement.– Non.Marco la fixa.– C’est notre seule chance.– Ils connaissent ce passage.– Comment ?Isabella hésita.– Parce que c’est Giovanni qui l’a construit.Un silence glacial s’installa.Dario regarda sa mère.– Alors comment peut-il être dehors ?Isabella secoua la tête.– Ce n’est pas lui.Dario fronça les sou







