LOGINTrois jours avaient passé depuis leur rencontre au café.
Trois jours pendant lesquels Léa avait essayé de se convaincre que Julien n'occupait pas autant ses pensées qu'elle le prétendait.
Sans succès.
Son téléphone vibrait régulièrement.
Julien : « Tu travailles aujourd'hui ? »
Léa : « Oui. Jusqu'à 19 h. »
Quelques minutes plus tard :
Julien : « Alors je t'attendrai après. »
Léa avait souri devant son écran.
Léa : « Tu n'as pas peur que je te fasse attendre ? »
Julien : « Si. Mais je commence à aimer prendre des risques. »
Elle avait relu cette phrase plusieurs fois.
Ce soir-là, lorsqu'elle termina son travail, elle trouva Julien appuyé contre sa voiture.
— Tu es sérieux ?
Il se redressa.
— À propos de quoi ?
— Tu m'attendais vraiment.
— Je t'avais dit que je le ferais.
Léa sourit.
— Tu es têtu.
— On me le dit souvent.
Il lui tendit une petite enveloppe.
Léa la regarda avec méfiance.
— C'est quoi ?
— Une invitation.
Elle l'ouvrit.
Une soirée était organisée le lendemain dans une grande maison appartenant à la famille de Julien.
Léa fronça les sourcils.
— Non.
— Tu n'as même pas réfléchi.
— Je viens de le faire.
Julien éclata de rire.
— Pourquoi non ?
— Parce que c'est chez toi.
— Et alors ?
— La dernière fois que j'étais dans un endroit appartenant à ta famille, ton père m'a regardée comme si j'avais volé quelque chose.
Le sourire de Julien disparut.
— Il ne sera pas là.
Léa le regarda.
— Tu en es sûr ?
Il hésita.
— Presque.
— Julien...
— D'accord. Je ne peux pas te le garantir.
Léa lui rendit l'invitation.
— Alors c'est non.
Il la regarda quelques secondes.
— Je comprends.
Il ne protesta pas.
Et c'est précisément cela qui fit hésiter Léa.
Elle s'attendait à ce qu'il insiste.
Il ne le fit pas.
— Bonne soirée, Julien.
Elle commença à partir.
— Léa ?
Elle se retourna.
— Oui ?
— Si tu changes d'avis, je serai là.
Elle sourit légèrement.
— Je sais.
Le lendemain soir, Léa changea d'avis.
Elle ne savait pas vraiment pourquoi.
Peut-être parce qu'elle voulait découvrir le monde de Julien.
Peut-être parce qu'elle voulait le voir.
Ou peut-être parce qu'elle commençait à avoir envie de savoir jusqu'où cette histoire pouvait aller.
Lorsqu'elle arriva devant la propriété, elle resta quelques secondes devant le portail.
La maison était immense.
Des voitures luxueuses étaient garées dans l'allée.
Elle regarda sa tenue.
Une robe simple.
Elle se sentit immédiatement déplacée.
Puis la porte s'ouvrit.
Julien apparut.
Il portait une chemise blanche et un pantalon sombre.
Lorsqu'il la vit, il resta silencieux quelques secondes.
— Quoi ? demanda Léa.
— Rien.
— Tu me regardes bizarrement.
— Tu es magnifique.
Léa détourna les yeux, gênée.
— Merci.
Julien descendit les marches.
— Tu es venue.
— Oui.
— Je suis content.
Il lui tendit la main.
Elle hésita avant de la prendre.
Ils entrèrent ensemble.
La soirée était déjà bien commencée.
Léa remarqua immédiatement les regards.
Certains invités la dévisageaient.
Elle connaissait ce genre de regard.
Le regard de ceux qui se demandaient qui elle était et comment elle avait pu entrer.
Julien sentit son malaise.
— Ne fais pas attention à eux.
— Facile à dire.
— Reste avec moi.
Cette phrase lui fit quelque chose.
— D'accord.
Ils avancèrent dans la pièce.
Une jeune femme s'approcha alors de Julien.
Grande, élégante, parfaitement habillée.
— Julien !
Elle lui fit la bise avant de regarder Léa.
— Je ne savais pas que tu étais accompagné.
Julien répondit calmement :
— Léa.
La jeune femme sourit.
— Clara.
Elle tendit la main.
Léa la serra.
— Enchantée.
Clara regarda Julien avec un sourire étrange.
— Ça fait longtemps qu'on ne t'avait pas vu avec quelqu'un.
Léa sentit immédiatement une pointe de jalousie qu'elle n'avait pas envie de reconnaître.
— Clara est une amie d'enfance, précisa Julien.
— Une très vieille amie, ajouta Clara.
Léa sourit poliment.
— Je vais prendre quelque chose à boire.
Julien la suivit du regard.
— Léa...
— Ça va.
Mais ça n'allait pas vraiment.
Elle se dirigea vers une terrasse.
Quelques minutes plus tard, Julien la rejoignit.
— Tu es fâchée ?
— Non.
— Tu mens encore très mal.
Elle soupira.
— Je ne suis pas habituée à ton monde.
— Quel monde ?
— Celui où des filles comme Clara peuvent arriver, te toucher le bras et te parler comme si elles te connaissaient depuis toujours.
Julien sourit légèrement.
— Tu es jalouse ?
Léa le regarda.
— Absolument pas.
— D'accord.
— Ne souris pas.
— Je ne souris pas.
— Si.
Ils se regardèrent.
Cette fois, aucun des deux ne détourna les yeux.
Le bruit de la soirée semblait soudain très loin.
Julien s'approcha légèrement.
— Clara ne représente rien pour moi.
— Je ne t'ai rien demandé.
— Je sais.
Il s'arrêta à quelques centimètres d'elle.
— Mais j'avais envie que tu le saches.
Léa sentit son cœur accélérer.
— Julien...
— Oui ?
Elle ne répondit pas.
Pendant quelques secondes, ils restèrent simplement face à face.
Puis une voix retentit derrière eux.
— Julien.
Son père.
L'atmosphère changea immédiatement.
Julien se retourna.
Son père regarda Léa.
— Je t'avais demandé de ne pas la revoir.
Julien se plaça instinctivement à côté de Léa.
— Et moi, je t'ai dit que tu n'avais pas à décider avec qui je parle.
Son père serra la mâchoire.
— Tu ne comprends pas les conséquences.
— Non. Je comprends surtout que tu refuses de la connaître.
— Ce n'est pas une personne de notre monde.
Léa sentit la phrase comme une gifle.
Elle recula légèrement.
— Je vais partir.
Julien se tourna vers elle.
— Léa, attends.
— Non.
Elle prit son sac.
— Je ne veux pas être la raison pour laquelle tu te disputes avec ta famille.
Julien la suivit jusqu'à l'entrée.
— Ce n'est pas toi le problème.
Elle se retourna.
— Alors pourquoi j'ai l'impression de l'être ?
Il resta silencieux.
Léa baissa les yeux.
— Julien, je t'apprécie vraiment. Mais je ne veux pas être quelqu'un que ta famille regarde de haut.
Il s'approcha.
— Je ne te regarde pas comme eux.
Elle releva les yeux.
— Je sais.
Un silence.
Puis Julien prit doucement sa main.
— Alors ne pars pas à cause d'eux.
Léa regarda leurs mains.
Elle aurait dû partir.
Elle le savait.
Mais elle resta.
Et pour la première fois, Julien comprit que ce qui existait entre eux était devenu suffisamment important pour que sa famille ne puisse plus simplement l'ignorer.
Dans la maison, son père les observait depuis la fenêtre.
Son visage était fermé.
Il venait de comprendre quelque chose.
Son fils n'était plus simplement intrigué par Léa.
Il commençait réellement à s'attacher à elle.
Et cela changeait complètement la situation.
Les vitres continuaient d'exploser.Je me recroquevillai contre le sol, les mains sur ma tête.Mon compagnon était au-dessus de moi.— Ne bouge pas !Les policiers criaient des ordres.Des bruits de pas couraient dans la maison.Puis plusieurs coups retentirent à l'extérieur.Je serrai les yeux.— J'ai peur...Mon compagnon attrapa ma main.— Regarde-moi.Je levai les yeux.— Je suis là.— Ils ont ma mère.— On va la retrouver.— Et si...Il posa un doigt sur mes lèvres.— Ne pense pas à ça.Je hochai la tête, même si les larmes coulaient.Damien était accroupi près de la boîte métallique.Sébastien se trouvait à côté de lui.— Il faut sortir par l'arrière, dit Damien.Le policier secoua la tête.— Trop dangereux.— Alors ils vont nous encercler.Un bruit de moteur se fit entendre.Puis un deuxième.Le policier regarda par la fenêtre.— Ils sont nombreux.Mon compagnon se leva légèrement.— Qui sont-ils ?— On ne sait pas encore.Damien ouvrit la boîte.— Ils veulent ça.Il sortit les
Le téléphone resta allumé dans ma main.Je relus le message encore une fois.« Ton père n'est pas mort. »Je relevai lentement les yeux vers mon compagnon.Il ne bougeait plus.Son visage était devenu complètement blanc.— Ton père... murmurai-je.Il secoua la tête.— Non.— Tu viens de le voir sur la vidéo.— Ce n'est pas possible.Damien s'approcha.Il regarda l'écran.Puis il ferma les yeux.— Je savais qu'il finirait par revenir.Mon compagnon se tourna vers lui.— Tu savais ?— Pas qu'il était vivant.— Alors pourquoi tu dis ça ?Damien prit une profonde inspiration.— Parce que ton père n'a jamais été retrouvé après sa disparition.— Ma mère m'a dit qu'il était mort.Sa mère se trouvait toujours derrière nous.Elle ne disait rien.Mon compagnon la regarda.— Maman ?Elle baissa les yeux.— Je ne savais pas s'il était mort.Le silence fut terrible.— Tu m'as menti ?— Je voulais te protéger.— Encore cette excuse...Sa voix tremblait.— Toute ma vie, on m'a protégé en me mentant.
Damien était toujours figé devant l'ancienne gare.Je regardais la fenêtre où la silhouette venait de disparaître.— Qui était-ce ? demandai-je.Damien ne répondait pas.Mon compagnon s'approcha de lui.— Damien.Il leva lentement les yeux.— Je pensais qu'il était mort.— Qui ?Il avala difficilement sa salive.— Sébastien.Je fronçai les sourcils.— Qui est Sébastien ?Damien regarda mon compagnon.— Quelqu'un qui était là avant toi.Mon compagnon secoua la tête.— Je ne connais aucun Sébastien.— Tu ne t'en souviens pas.Cette phrase me donna immédiatement des frissons.— Encore quelqu'un dont il ne se souvient pas ?Damien hocha la tête.— Oui.Mon compagnon commença à s'énerver.— J'en ai assez de ne pas me souvenir !Il frappa du poing contre la voiture.— Tout le monde semble connaître mon passé sauf moi !Sa mère s'approcha de lui.— Je suis désolée.— Arrête de dire ça !Elle s'arrêta.Il respirait rapidement.Je posai mes mains sur son visage.— Regarde-moi.Il me regarda.—
La silhouette resta immobile dans l'encadrement de la porte.Personne ne bougeait.Je sentais le bras de mon compagnon autour de moi.Damien, lui, regardait l'homme avec une expression que je n'avais encore jamais vue sur son visage.De la peur.Une vraie peur.L'homme fit un pas en avant.La lumière provenant du couloir éclaira enfin son visage.Cheveux gris.Visage fermé.Regard froid.Antoine Morel.Le père de Nicolas.L'homme dont le nom revenait depuis plusieurs chapitres sans que nous sachions réellement jusqu'où son influence allait.Il sourit légèrement.— Bonsoir, Damien.Damien ne répondit pas.Le policier leva son arme.— Police ! Ne bougez plus !Antoine leva doucement les mains.— Je n'ai aucune arme.— À genoux !Il obéit.Mais son sourire ne disparut pas.Mon compagnon regardait son ancien ami.— C'est lui ?Damien hocha la tête.— Oui.— C'est lui qui a organisé tout ça ?Antoine répondit à sa place.— Pas exactement.Mon compagnon serra les poings.— Alors expliquez-v
Je regardais encore la photo.Damien était debout devant une vieille bâtisse que je ne reconnaissais pas.À côté de lui se trouvait une personne dont le visage était caché dans l'ombre.Le message était toujours affiché sur l'écran :« Tu connais déjà la personne qui se trouve à côté de moi. »Mon compagnon ne disait plus rien.Je le regardais.— Tu la reconnais ?Il secoua lentement la tête.— Je ne sais pas.— Regarde bien.Il agrandit la photo.La silhouette portait une veste sombre.Une montre au poignet.Et surtout...Une petite cicatrice sur la main.Mon compagnon pâlit.— Non...— Quoi ?Il approcha encore le téléphone de son visage.— Cette montre.Le policier s'approcha.— Vous connaissez cette montre ?Mon compagnon ne répondit pas tout de suite.Il regardait la photo comme si elle venait de faire remonter quelque chose qu'il avait essayé d'oublier.— Je l'ai déjà vue.Sa mère s'approcha.— Où ?Il leva les yeux vers elle.— Sur quelqu'un que je connaissais.— Qui ?Il resta
La voix résonnait encore dans l'entrepôt.« Ta mère t'attend. »Je regardai mon compagnon.Son visage avait changé.Il était devenu complètement pâle.— C'est vraiment elle ? demandai-je.Il ne répondit pas.Le policier fit signe à tout le monde de rester derrière lui.— Personne n'entre sans vérifier les lieux.Mais mon compagnon avançait déjà.Je lui attrapai le bras.— Attends.Il se tourna vers moi.— C'est ma mère.— Justement.Il me regarda quelques secondes.— Si elle est là, je dois la retrouver.Je hochai la tête.— Alors on la retrouve ensemble.Le policier soupira.— Très bien. Mais vous restez derrière nous.Nous entrâmes.L'intérieur de l'entrepôt était presque vide.Des vieilles machines se trouvaient contre les murs.Des cartons étaient empilés dans un coin.Une lumière blanche éclairait le fond.Puis nous entendîmes une voix.— Mathieu...Mon compagnon s'arrêta.Sa mère.— Maman ?— Je suis là.Il avança.— Ne bougez pas !Le policier leva la main.Nous avançâmes lente







