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Après des fausses couches, aucun de ceux qui m'ont fait du mal n'a été épargné
Après des fausses couches, aucun de ceux qui m'ont fait du mal n'a été épargné
Auteur: Claire Moreau

Chapitre 1

Auteur: Claire Moreau
À l'hôpital, dans une chambre.

Une odeur de désinfectant lui soulevait le cœur ; Céleste Louveau gisait, affaiblie, sur son lit.

L'appel a été décroché. Céleste a parlé la première : « Il faut la signature d'un proche pour l'avortement : viens à l'hôpital. »

Un silence d'une demi-seconde a plané à l'autre bout du fil.

Puis, la voix grave d'un homme a résonné : « Quand étais-tu enceinte ? Comment se fait-il que je ne le sache pas ? Céleste, il y a une limite à tes caprices ! »

« Est-ce que tu viens, oui ou non ? »

Ces paroles prononcées d'un ton si dur ont fait bondir Céleste de rage.

« Je n'ai vraiment pas le temps de me disputer avec toi aujourd'hui ! »

Face à la fureur de Céleste, Fabien Yvignac essayait de tempérer son ton.

Le sang de Céleste s'est glacé. Murée dans le silence, elle a écarté le téléphone de son oreille.

Alors qu'elle s'apprêtait à raccrocher, une voix féminine lui est parvenue : « Vous êtes de la famille ? La césarienne s'est très bien passée, ce sont des jumeaux, un garçon et une fille ! »

Le monde de Céleste a sombré totalement dans les ténèbres.

Lui aussi se trouvait dans cet hôpital, mais il accompagnait la femme de son frère pour son accouchement.

Pendant ce temps, son propre enfant, à lui, était voué à l'avortement.

Sans aucune hésitation, Céleste a appuyé sur le bouton pour raccrocher.

Une femme médecin aux lunettes à monture noire est entrée. Elle s'est installée au chevet du lit et a sorti un stylo, en le faisant courir sur le formulaire avec un léger crissement.

D'un ton grave, elle a interrogé Céleste : « Quand votre mari arrive-t-il pour signer ? Le bloc est déjà prêt. »

Céleste refoulait sa rage : « Sa signature est-elle vraiment indispensable ? »

Le médecin a marqué un temps d'arrêt.

Sa main, qui parcourait le formulaire, s'est figée.

Céleste a tourné les yeux vers elle, son regard était devenu d'une froideur glaciale : « Il est trop occupé avec Yolande qui accouche. Puis-je signer ce document moi-même ? »

Ce mot, « jumeaux », qu'elle venait d'entendre au bout du fil, lui a transpercé le cœur comme une épine.

Une lueur de compassion a traversé le regard du médecin.

Puis, elle lui a tendu le formulaire : « C'est d'accord. »

Céleste a saisi le stylo et a signé rapidement son nom.

Le médecin lui a ensuite donné un cachet : « Prenez ce médicament, l'opération aura lieu dans une demi-heure. »

Céleste l'a pris et l'a mis directement dans sa bouche.

D'habitude, elle redoutait l'amertume, mais à cet instant, elle a laissé l'âpreté du médicament envahir sa bouche.

......

Le soir tombait.

Après être restée en observation suite à son intervention, Céleste est rentrée seule, au volant de sa voiture, à la villa qu'elle partageait avec Fabien.

Martine Morel, la gouvernante chargée de l'entretien de la villa, a eu un choc en voyant son visage livide : « Madame, que vous arrive-t-il ? »

Le regard de Céleste était froid. En entendant la voix de Martine, elle a forcé un sourire sur ses traits pâles : « Martine, j'ai un peu faim. »

Le matin même, Fabien l'avait conduite au domaine familial.

Mais à midi, alors qu'elle n'avait pris que quelques bouchées du banquet, Yolande Beaumont s'était soudainement mise à saigner abondamment : le travail avait commencé.

Le domaine avait alors sombré dans le chaos face à cet accouchement imminent.

Yolande était la femme d'Adrien Yvignac, le frère de Fabien.

Six mois plus tôt, celui-ci avait disparu dans un accident d'avion ; son corps n'avait jamais été retrouvé.

Depuis lors, au moindre souci concernant Yolande ou son enfant à naître, un simple appel suffisait pour que Fabien accoure à son chevet.

Les scènes de chaos de la journée défilaient dans l'esprit de Céleste.

Quand le travail de Yolande avait commencé, cette dernière l'avait poussée avec une telle violence que Céleste s'était instantanément effondrée au sol, incapable de se redresser.

Pourtant, à ce moment-là, l'attention de tout le monde se portait sur Yolande qui hurlait de douleur.

Fabien l'avait portée, passant juste à côté de Céleste.

Céleste a agrippé le bas de son pantalon : « J'ai tellement mal au ventre ! »

Pourtant, Fabien n'a jeté sur elle qu'un regard qui signifiait « arrête de faire des histoires », avant de s'éloigner avec Yolande dans les bras sans un seul regard en arrière.

Voyant qu'elle était à bout de forces, Martine l'a aidée à s'installer dans la salle à manger : « La cuisine vient de préparer quelques plats, je vous les apporte tout de suite. »

Il y avait un velouté fumant et quelques accompagnements légers.

Céleste venait de prendre deux bouchées quand des éclats de rire et des voix joyeuses ont retenti à l'extérieur. Les nouveaux arrivants se sont approchés jusqu'à franchir le seuil de la porte.

C'était Fabien et sa mère, Françoise Yvignac.

En voyant Céleste, et comme la naissance des jumeaux marquait un jour de fête pour la famille, Françoise ne lui a fait aucun reproche.

Elle ne lui a même pas accordé un regard.

Elle a simplement dit à Fabien : « Je monte chercher quelque chose. »

« D'accord. »

Françoise est montée directement.

Le sourire de Fabien s'est éteint. Il s'est approché de Céleste pour s'asseoir en face d'elle.

Il a croisé les jambes avant de sortir son briquet.

Une flamme a jailli ; il a allumé une cigarette et a commencé à fumer.

Céleste mangeait la tête basse sans faire attention à lui.

Fabien a tiré une bouffée de sa cigarette, l'air las.

Il a effleuré doucement le sommet de la tête de Céleste : « Pourquoi as-tu été si capricieuse aujourd'hui ? »

« Adrien est mort, mais Yolande a gardé leurs enfants. Pourquoi as-tu fait cette scène ? »

« Les bébés sont adorables, ils sont tout petits. Tu les aimerais si tu les voyais. »

En entendant ce ton si doux et la tendresse avec laquelle il parlait de ces enfants, Céleste a perdu patience.

Elle a jeté ses couverts sur la table avec violence : « Est-ce que les enfants des autres sont si adorables que ça ? »

Elle regardait Fabien avec colère, les yeux rouges.

Fabien a vu qu'elle s'emportait à nouveau et son visage s'est assombri : « Comment ça ? Ce sont les enfants d'Adrien ! »

Il a fini par hurler, laissant éclater sa propre colère.

Céleste a fixé Fabien, qui laissait ainsi éclater son tempérament.

Elle a laissé échapper un rire méprisant : « Ah, tu te souviens donc que ce sont les enfants d'Adrien ? À te voir, j'aurais juré que c'était ta propre progéniture ! »

« Céleste Louveau ! »

Fabien était hors de lui.

Céleste s'est levée d'un bond et a giflé Fabien de toutes ses forces.

Ses yeux brillaient de haine : « Divorçons ! »

Peu importait à qui appartenait cette progéniture ; il pouvait bien s'en occuper s'il le voulait.

Elle était à bout : ces six derniers mois l'avaient brisée.

Le regard de Fabien est devenu glacial en un instant : « Elle a accouché des enfants aujourd'hui. Adrien est mort, tu voulais vraiment que je reste là sans rien faire ? »

Céleste a ri jaune : « Ah, les enfants d'Adrien. Est-ce une raison suffisante pour dépasser les bornes et te désintéresser totalement du sort de ton propre enfant ? »

Quelle belle excuse, les enfants d'Adrien...

Les paroles du médecin lui sont revenues en mémoire : si elle avait été transportée à l'hôpital à temps, l'enfant aurait pu être sauvé.

Pourtant... elle ressentait encore la douleur de cet enfant broyé qu'on avait dû lui retirer par opération.

Céleste a fixé Fabien d'un regard de marbre : « Toute la famille Yvignac, soit plus de vingt personnes, l'entourait déjà. Ce n'était pas assez ? Il fallait absolument que tu sois là, toi aussi ? »

Le torse de Fabien se soulevait à un rythme saccadé.

Il est resté silencieux quelques secondes, luttant pour se contenir. Il a pris la main un peu froide de Céleste, puis a touché son front ; elle était brûlante. À chaque fois qu'elle avait ses règles, sa température devenait instable.

« Ça suffit. Je sais que tu as toujours voulu un enfant, mais c'est une question de destin. On ne peut pas forcer les choses, d'accord ? »

Ce ton de compromis résigné a fait bouillir le sang de Céleste.

« Qu'est-ce que tu veux dire ? Tu insinues que ma grossesse était fausse ? »

Voyant son agitation, Fabien l'a prise dans ses bras : « D'accord, tu étais enceinte. C'est ma faute, d'accord ? »

C'était son attitude habituelle.

Depuis six mois, chaque fois qu'elle se mettait en colère à cause de Yolande, il s'excusait et faisait semblant de la croire de cette manière, avec une désinvolture totale.

Mais cette fois, était-ce vraiment le moment de faire semblant ?

Françoise est descendue après avoir récupéré ses affaires.

Elle a fait comme si elle ne voyait pas la tension entre eux.

Tout en descendant les escaliers, elle a lancé à Céleste : « Céleste, Yolande a subi une césarienne et elle n'a absolument pas d'appétit. Elle ne jure que par ton consommé de volaille. Lève-toi demain de bonne heure pour lui en préparer un et apporte-le lui à l'hôpital. »

« Va au marché dès le matin pour choisir de bons produits, c'est pour sa santé. Elle vient d'accoucher, elle doit bien manger pour reprendre des forces. »

Après avoir dit cela, elle a regardé Fabien : « Allons-y. »

La naissance des jumeaux de Yolande était un événement capital ; il fallait à tout prix éviter que la jeune accouchée ne ressente le moindre vide affectif.

La présence de Fabien était, à cet égard, providentielle : avec ce visage qui était le portrait craché de celui d'Adrien, il suffisait à l'apaiser.

Fabien a effectivement lâché Céleste.

Il lui a pincé la joue avec affection : « Je rentrerai tard ce soir, ne m'attends pas. Sois sage. »

Sur ces mots, Fabien a fait demi-tour avec Françoise.

Alors qu'ils arrivaient à la porte, Céleste, dont la fureur avait atteint ses limites, a violemment renversé la table à manger.

Tout ce qui se trouvait sur la table a volé en éclats sur le sol, dans un fracas de vaisselle brisée.

Ce bruit assourdissant a stoppé net les deux personnes qui s'apprêtaient à partir.

Françoise et Fabien se sont retournés en même temps.

« Céleste, qu'est-ce que tu fais ? » Françoise a d'abord sursauté avant de se mettre à hurler.

« On accueille des jumeaux aujourd'hui ! En un jour aussi joyeux pour notre famille, tu crois impressionner qui avec ton cinéma ? »

Le visage figé par une expression de glace, Céleste l'a fixée : « Yolande veut mon consommé ? Depuis quand est-ce que je sais préparer ce genre de choses, au juste ? »
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