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Après ma mort, la famille a sombré dans la folie

Après ma mort, la famille a sombré dans la folie

By:  AdrienCompleted
Language: French
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Il y avait une vieille coutume dans notre village. Si une famille avait des jumeaux, quand l'un commettait une faute, l'autre devait assumer la responsabilité, pour qu'ils puissent être bien éduqués et grandir en sécurité. J'étais née quatre minutes avant ma sœur Adèle Durand, et je suis devenue le bouc émissaire. Adèle est allée nager secrètement dans la rivière. Ma mère, Louise Durand, ne l'a pas grondée. Au lieu de cela, elle a plongé ma tête sous l'eau, encore et encore. Ce n'est que lorsqu'Adèle, terrifiée, a crié en pleurant « Je n'irai plus jamais dans la rivière » qu'elle m'a épargnée. Adèle a oublié de cuire les pâtes. Quand Louise est rentrée du travail, elle a découvert que les pâtes étaient encore crues. Louise a apporté deux poignées de pâtes crues devant moi : « Mange. Finis tout. » Les pâtes m'ont déchiré la bouche et le sang m'emplissait la bouche. Mais elle, elle ne regardait qu'Adèle, et ce n'est que lorsque ma sœur a pleuré que Louise a retiré les pâtes avec satisfaction. J'ai été le bouc émissaire pendant seize ans. Jusqu'à cette année-là, quand une alerte rouge cyclonique a été émise et que tout le village a été évacuée dans la nuit. Adèle s'est amusée avec ses camarades jusqu'à l'aube avant de rentrer, trempée et insouciante.

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Chapter 1

Chapitre 1

Louise a poussé Adèle dans la voiture d'évacuation, puis s'est tournée vers moi, d'un ton neutre :

« Toi, tu restes. Quand le cyclone sera passé, Adèle saura qu'elle doit rentrer plus tôt la prochaine fois. »

Tout le monde du village est parti.

Les tuiles du toit se sont envolées une par une.

Louise me punissait toujours pour donner une leçon à Adèle.

Cette fois, le bouc émissaire allait vraiment mourir.

Elle serait satisfaite ?

...

« Où est Adèle ? Ce soir, c'est un cyclone exceptionnel ! »

Louise faisait les cent pas dans la salle.

Dehors, le ciel était d'un noir absolu. Le vent faisait rouler les bassines en fer dans la cour, qui heurtaient le mur avec un bruit métallique.

La radio du village avait déjà répété trois fois :

« Alerte rouge, évacuation de tout le village. Les véhicules de secours seront au point de rassemblement à l'entrée du village dans vingt minutes ! »

Louise s'est brusquement tournée vers moi, les yeux pleins de colère :

« Toi ! Sors immédiatement chercher Adèle ! »

J'ai jeté un coup d'œil à l'extérieur.

Il pleuvait à seaux.

Les arbres étaient presque couchés au sol par le vent. Le poulailler près du mur avait été renversé, et quelques poules se débattaient pour se réfugier sous l'avant-toit.

« Maman, Adèle a dit qu'elle allait chez une camarade. Maintenant, dehors... »

« Peu m'importe où elle se trouve ! Tu sors maintenant et tu me la ramènes ! Si tu ne la trouves pas, ne reviens pas non plus ! »

Louise m'a coupé la parole.

Je me suis instinctivement tournée vers mon père, Jacques Durand, assis dans un coin.

Il a dit lentement :

« Le vent est vraiment trop fort dehors, on pourrait peut-être attendre encore un peu... »

« Tais-toi ! »

Louise n'a même pas tourné la tête. « Si quelque chose arrive à Adèle, tu en assumeras la responsabilité ? »

Jacques s'est tu.

J'ai enfilé mes sandales usées. Au moment où j'ai ouvert la porte, le vent a failli me faire tomber.

J'ai avancé péniblement en m'accrochant aux murs. L'eau sur la route m'arrivait aux chevilles.

Je m'apprêtais à courir vers l'ouest du village, chez la camarade de ma sœur.

« Ah, le vent est si fort et si frais ! »

Une voix joyeuse est venue de derrière moi.

Je me suis retournée. Adèle sortait de la ruelle, les cheveux collés au visage par la pluie, les yeux pleins d'excitation.

Louise était déjà à la porte sans que je m'en rende compte.

Elle a saisi Adèle, l'a examinée de haut en bas, la voix pleine de tendresse et de frayeur rétrospective :

« Tu es enfin revenue ! Tu es trempée ? Tu as froid ? Entre vite te changer, ne prends pas froid. »

Je me tenais sous la pluie battante, trempée jusqu'aux os, tremblant de froid sous le vent.

Mais elle ne m'a pas jeté un seul regard.

À ce moment-là, le véhicule de secours est arrivé.

Ses phares traçaient deux colonnes de lumière dans la pluie, et le haut-parleur répétait :

« Tout le monde monte immédiatement ! Évacuation d'urgence ! »

Louise a enveloppé Adèle dans une couverture et l'a installée sur la banquette arrière.

Je suivais derrière et je voulais monter dans la voiture.

« Qu'est-ce que tu fais ? » Louise m'a arrêtée. « Tu connais la règle. Adèle a traîné dehors cette nuit, elle n'est pas rentrée à la maison à temps. Tu restes ici, pour qu'elle sache ce qu'est la peur. »

Je me suis figée.

Adèle, dans la voiture, s'est affolée. Elle a collé son visage à la vitre et a crié : « Maman, non ! Si Ambre reste, il va lui arriver quelque chose ! Le cyclone dehors... »

« Tu as peur maintenant ? Pourquoi tu n'avais pas peur quand tu t'amusais dehors ! » Louise l'a coupée d'une voix sévère. « C'est à cause de toi qu'Ambre est punie ! »

Adèle s'est recroquevillée, des larmes coulant sur ses joues.

Une personne à côté de nous a dit :

« Louise, c'est un cyclone de catégorie 5 ! Ça peut tuer ! Ta maison en tuiles ne tiendra pas ! »

Louise est restée inflexible.

Elle est retournée dans la maison et est sortie avec notre chien, Rio, dans les bras.

Elle a installé Rio à la dernière place libre, et elle a dit froidement :

« Rio est un animal, il ne sait pas se cacher. Je dois l'emmener aussi. »

Puis elle m'a jeté un coup d'œil.

« Ambre, tu sais où te réfugier ! »

Jacques, assis à l'avant, voulait intervenir.

Louise lui a lancé un regard en biais, et il a tourné la tête vers la fenêtre.

La portière s'est fermée.

À travers la vitre embuée par la pluie, j'ai vu Adèle s'appuyer contre la vitre et frapper désespérément, la bouche ouverte, criant quelque chose.

Mais le vent était trop fort, je n'entendais rien.

Louise lui a retenu la tête pour l'empêcher de me regarder.

Le moteur a démarré. Les feux arrière ont tracé deux lignes rouges dans la tempête, de plus en plus loin, de plus en plus petites.

Puis, plus rien.

Toutes les lumières du village Louya se sont éteintes.

Il ne restait que moi, debout dans le vent et la pluie.

Soudain, dans l'obscurité, quelqu'un a crié :

« J'ai une place ici ! »

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