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Mme Harris (2)

Author: Man.S
last update publish date: 2026-01-20 16:47:30

Devon

Aucune émotion visible. Soit elle était très douée pour masquer ses réactions, soit elle était incroyablement professionnelle. Peut-être un peu des deux. Je la suivis jusqu'à une petite pièce au fond de l'institut. L'endroit était apaisant : huiles essentielles, plantes vertes, bougies, senteurs d'eucalyptus et de lavande. Pour moi, pourtant, l'atmosphère était chargée de tension. Une table de massage occupait le centre de la pièce. Une serviette blanche, un peignoir, un paravent pour se déshabiller. C'est là que la vraie partie du jeu commençait.

— Je t'en prie, mets-toi à l'aise, je reviens dans quelques minutes.

Elle quitta la pièce, laissant l'air chargé de son parfum léger. J'aurais voulu être une petite souris et entendre ce qu'elle disait à l'autre fille. Comment elle s'appelle déjà ?

Derrière le paravent, je me déshabillai lentement, la serviette autour des hanches, puis m'assis sur la table, le cuir frais contre ma peau.

Quand elle revint, son regard croisa le mien. Une hésitation passa dans ses yeux, vite dissimulée. Pas une seule fois elle ne s'arrêta sur moi. Le temps semblait s'étirer, chaque instant amplifiant l'anticipation. Elle prit une profonde inspiration, comme pour chasser toute émotion superflue.

— Allonge-toi, dit-elle, sa voix douce mais ferme.

Je m'exécutai. Je me couchai sur le ventre, la serviette soigneusement placée autour des hanches. Je pouvais sentir son regard sur moi alors qu'elle préparait son huile de massage, les flacons glissaient entre ses mains habiles.

Elle commença par mes épaules. Le premier contact de ses mains tièdes et expertes s'enfonça dans mes muscles tendus. Chaque pression me faisait frissonner, l'expertise de son toucher contrastant avec l'excitation palpable. J'eus besoin de toute la maîtrise de moi pour ne pas laisser mon corps réagir davantage. Je sentais mes muscles se détendre sous ses mains, mais une autre tension se formait, plus insidieuse.

La façon dont ses doigts glissaient le long de ma colonne, éveillait en moi des sensations que je ne pouvais ignorer, comme un courant électrique traversant chaque fibre de mon être. Elle continuait, ses mains glissant lentement le long de mon dos, ses doigts dessinant des cercles apaisants. Je pouvais presque lire ses pensées, cette lutte entre la professionnelle qu'elle était et l'homme presque vulnérable, qui se trouvait devant elle.

À chaque mouvement, je voyais son regard se perdre un instant, trahissant une curiosité qui ne voulait pas s'exprimer. Mes cuisses et mes mollets étaient maintenant à sa portée. Elle prit le temps d'alterner entre pression ferme et caresses légères, chaque coup de poignet accentuant sa concentration. J'étais conscient de son souffle, légèrement accéléré, comme si elle ressentait une frénésie sous-jacente. Je me surpris à apprécier chaque contact, chaque effleurement, alors qu'elle s'attardait sur mes muscles, les détendant tout en éveillant une tension nouvelle.

Quand elle me demanda de me retourner, mon cœur fit un bond, une excitation mêlée à une appréhension. Je savais que ce serait un moment crucial. J'allais pouvoir la regarder pendant qu'elle continuerait sa délicieuse torture. Je n'avais jamais trouvé aussi excitant de me faire masser. La serviette glissa légèrement. Son regard s'élargit une fraction de seconde avant qu'elle ne se reprenne.

Elle n'était pas aussi indifférente qu'elle voulait le faire croire. J'en étais certain. Pendant un instant, j'aurais juré sentir ses yeux s'attarder sur mon tatouage, une œuvre d'art qui racontait une histoire, qui dissimulait une partie de ma vie, un souvenir douloureux, comme une piqûre de rappel à l'encre noire.

Alors qu'elle continuait la danse silencieuse de ses mains sur ma peau, je pris une profonde inspiration. La tension dans l'air était palpable, comme une corde tendue, prête à céder. Pendant une minute, je me surpris à imaginer la prendre violemment dans cette pièce, des images de son corps nu traversant mon esprit. Cette pensée fugace s'insinua directement vers la partie préférée de mon anatomie. Rapidement, je chassai ces images de ma tête, conscient de la ligne que je ne voulais pas franchir, retrouvant ainsi la maîtrise de mon corps pour qu'il ne laisse rien transparaître.

Elle commença à masser mon visage, ses doigts glissant avec délicatesse le long de ma mâchoire, chaque pression éveillant des sensations inattendues. Je pouvais sentir son hésitation, mais aussi son désir d'exécuter parfaitement sa tâche. Mes yeux l'observaient, cherchant à lire ses pensées, alors qu'elle se concentrait sur chaque détail. Son souffle léger trahissait une lutte intérieure.

Ses mains glissèrent le long de mon torse, frôla ma clavicule. J'aurais juré l'avoir vue se lécher les lèvres, un geste presque instinctif. Puis ses mains se posèrent sur mes cuisses. Je pouvais presque entendre son cœur battre, un rythme désaccordé face à la tranquillité de la pièce. Chaque mouvement était à la fois un geste de soin et une danse délicate, une exploration de la frontière entre le professionnel et le personnel. Je savais que l'excitation était partagée, j'en étais sûr, invisible mais indéniable. Nous étions captifs d'un moment suspendu, jouant à ce jeu de pouvoir tout en restant sur le fil du rasoir.

À la fin de la séance, elle quitta la pièce pour me laisser me rhabiller. Je pris mon temps. Beaucoup trop de temps. J'espérais qu'elle revienne. Je me rhabillai avec la lenteur d'un enfant de trois ans en plein apprentissage. Chaque seconde était une éternité, mais l'anticipation me faisait sourire.

Quand elle revint dans la pièce, je fermai la porte. Je la collai contre le mur, mon corps faisant pression sur le sien. Son parfum mélangé aux huiles de massage me submergea d'un coup.

— Victoria ne mentait pas à propos de vos... compétences, lui murmurai-je à l'oreille, ma voix basse et chargée de sous-entendus. Étrangement, elle ne me repoussa pas. Son souffle devint plus rapide, une réaction que je ne pus ignorer. C'était exactement ce que je voulais.

— Accepte mon offre.

Je me reculai légèrement pour croiser ses iris. Leur éclat trahissait un mélange d'hésitation et d'intérêt.

— J'accepte, souffla-t-elle enfin, comme si elle avait franchi une ligne invisible.

Parfait.

Je la laissai retrouver son espace personnel, récupérai ma veste en cuir sur le porte-manteau et me dirigeai vers l'entrée en laissant deux cents dollars sur le comptoir de manière peu cordiale.

— Gardez la monnaie.

C'était un geste à la fois généreux et calculé. L'autre bredouilla quelques mots, sûrement quelque chose comme au revoir ou bonne journée. Je n'ai pas compris.

Je partis sans me retourner. Satisfait d'avoir gagné ce petit jeu qui ne faisait que commencer.

En allumant ma cigarette près de ma moto, je me sentais étrangement détendu. La fumée s'élevait lentement, me donnant un instant de répit. J'envoyai rapidement un SMS à Matt pour lui dire que Calie avait accepté mon offre. J'avais obtenu ce que je voulais, et les filles au club allaient être aux anges quand je leur annoncerais les petits plus que Matt et moi avions mis en place pour elles.

Un bon coup de fouet pour le club !

Je pouvais encore sentir ses mains sur ma peau, la pression de ses doigts apaisant les tensions accumulées dans mon corps. C'était à la fois agréable et troublant. Je ne savais pas si j'allais bientôt la revoir. Je doutais qu'elle revienne au club, et il serait étrange que je retourne me faire masser dans les prochains jours. Les choses pourraient devenir compliquées si je continuais de cette manière.

Le grondement du moteur me ramena à la réalité. Quoi qu'il arrive maintenant, j'allais bientôt la revoir. Je ne savais juste pas où ni quand...

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