Se connecterNous avons enchaîné le reste de l’après-midi entre massages et manucures. Les dernières clientes venaient de partir, et nous nous activions à ranger. L’excitation de la débauche se faisait sentir.
Il était vingt heures quand nous avons fermé l’institut. « Tu prends un verre avant de rentrer ? » demanda Lisa, une lueur d’enthousiasme dans ses yeux. « Carrément. Je pensais qu’on pourrait aller au Darknight Club pour dire à ces messieurs que nous ne travaillerons pas avec eux. T’en dis quoi ? » Lisa sourit, les mains sur les hanches. « Une pierre deux coups, c’est ça ? » Affirmatif, ma douce. Tu as tout compris. Nous sommes parties manger un morceau dans une petite brasserie à quelques mètres de l’institut avant d’aller boire un verre dans le club de Monsieur Nonchalant. Règle numéro un : interdiction de boire le ventre vide. Vomir au bout de deux verres ? Non merci. Règle numéro deux : prendre un taxi et ne pas vomir dedans. À l’entrée du Club des Grayson, un gros malabar à la carrure d’un rugbyman nous arrête. Il nous dévisage, fait entrer deux personnes avant nous, probablement des habitués des coins VIP. Lisa et moi avions l’air un peu trop habillées à côté de la file d’attente. Le malabar ouvre la porte et nous fait signe d’entrer. Nous sommes accueillies dans un petit vestibule sous vidéosurveillance. Deux vigiles, l’air impassible, se tiennent droits devant une grosse double porte noire. Ils vérifient nos sacs à main et passent un détecteur de je ne sais quoi tout autour de nous, comme si nous étions des criminelles en puissance. J’ai dû faire une drôle de tête. « Tu comprendras quand tu verras l’intérieur du club, » me dit Lisa, un sourire malicieux aux lèvres. Ah oui, j’oubliais. Elle y avait déjà mis les pieds. Je n’avais pas fait le rapprochement entre les frères Grayson d’aujourd’hui et sa soirée d’hier, et je n’avais pas posé plus de questions après leur départ. Vraiment à côté de la plaque ces derniers temps ! Une fois que les vigiles ont décrété que nous n’étions pas une menace, les grosses portes noires se sont ouvertes. L’espace était faiblement éclairé par des spots roses et violets. Le sol noir était parsemé de petites paillettes qui reflétaient la lumière des néons. Sur la droite, un grand bar en bois noir vernis, avec derrière de grandes étagères éclairées remplies de bouteilles étincelantes. Un homme grand et baraqué, au crâne lisse, se tenait derrière le bar, son t-shirt noir moulant mettant en valeur ses muscles. De jolis tabourets noirs longeaient le bar, invitant à s’asseoir. Au centre, une grande scène au carrelage néon rose et violet accueillait des barres de pole dance. Des danseuses acrobatiques faisaient leur show pendant que des hommes les observaient, affalés sur des canapés Chesterfield capitonnés, l’air fascinés. Sur la gauche, derrière des barrières et des vitres teintées un espace VIP semblait plus calme. Des gens y sirotaient du champagne, à l’abri de la musique rythmée qui pulsait autour de nous. L’endroit était vraiment joli, presque trop beau pour avoir été conçu par des hommes. Je l’avoue, mes propos sont clichés, avec ses couleurs et son ambiance inspirée de la couverture de Playboy, vous comprendriez si vous pouviez le voir. Nous nous installons au bar et commandons une bouteille de vin blanc. Le serveur la déboucha devant nous, et nous fit un clin d’œil avant d’aller servir d’autres clients. Une fois qu’il s’est éloigné, nous pouffons de rire et goûtons le nectar. « Il est là, » me dit Lisa. « Qui ça ? » « Devon ! Et oh bordel ! Tu as vu qui se trémousse sur la scène ?! » Je me tords presque le cou en tournant la tête pour apercevoir Victoria. La vache ! Elle avait été étrangement discrète concernant son activité me dis-je intérieurement. Elle enchaîne les cascades de danseuse sexy, en short en cuir et bas résille. « T’en savais quelque chose ? » demande Lisa en sirotant son verre. « Non, » je réponds. « La plupart du temps tu sais je ne les écoute que d’une oreille. » j’annonce un air gêné et Lisa rit. « Victoria parle beaucoup mais reste discrète sur… ses activités. » Devon est affalé sur un canapé Chesterfield, un verre de liquide ambré dans la main gauche, son téléphone dans la droite. Une danseuse se trémousse sur lui, sans qu’il ne lui accorde le moindre regard et la demoiselle semblait désespérée de lui arracher un petit peu attention. Je reste plantée sur mon tabouret, verre en main, à le dévisager. Ses cheveux noirs en bataille, quelques mèches sur le front, ses yeux foncés qui semblent invoquer les ténèbres. Une barbe de quelques jours mal rasée souligne une mâchoire sculptée qui donne envie d’être embrassée. Son t-shirt blanc, près du corps, laisse ses bras et son cou apparents. On devine un tatouage qui remonte de son bras jusqu’a son cou. Je me demande à quoi il ressemble entièrement. Son jean noir ajusté tombe bas sur les hanches, complété par des bottes. Bordel, ce mec est taillé comme un dieu grec. Il semble sorti tout droit d’un film de bikers sexy. Il m’avait beaucoup moins perturbé ce midi. Je vais mettre ca sur le compte du vin. « Hé ho, tu m’écoutes ? » dit Lisa en riant. Elle ne précise rien, mais c’est gênant. « On devrait aller leur parler avant d’être trop ivres, tu ne crois pas ? » « Je ne sais pas, Lisa… il a l’air plutôt occupé, non ? » « Eh bien sois créative alors ! On ne peut pas dire qu’il soit vraiment distrait par cette femme, il ne lui jète même pas un coup d’œil, ce genre de mec trop beau est toujours gay de toute façon.» J’avale la dernière gorgée de mon verre, sort mon téléphone et la carte qu’il m’avait donnée plus tôt dans la journée. Au dos, son numéro. « Qu’est-ce que tu fais ? » demande Lisa en remplissant nos verres. « Tu m’as demandé d’être créative, non ? C’est ce que je fais. » Je crée rapidement un nouveau contact et envoie un message : EXPÉDITEUR INCONNU 22:45 : Tournez la tête à droite. Alors que je le fixe pour voir s’il suit mes instructions, il lève la tête. Nos regards se croisent. Il claque doucement le flanc de la danseuse, dit un mot à son frère et s’avance vers nous. Il s’installe entre Lisa et moi, lui tournant littéralement le dos, posant son verre sur le bar en faisant signe au barman de lui remplir. Ok… c’était quoi ça ? Un concours de phéromones ? Ce type me tape sur les nerfs ! Lisa a compris le message. Elle se lève, me fait une bise et murmure : « Tu me fais un debrief demain. Écris-moi quand tu es rentrée. »J’avais le sentiment de sortir la tête de l’eau ces derniers jours et d’aller de l’avant. Bien sûr, je pensais souvent à Calie. Son parfum sur l’oreiller n’avait pas encore totalement disparu. J’avais retrouvé un rythme et j’appréciais retourner au bureau. Je sortais avec des collègues, nous allions voir des matchs de foot. Évidemment, je surveillais ma consommation ; il n’était pas question que je me ridiculise une nouvelle fois après avoir été expulsé du Darknight et avoir annoncé à ma mère que celle que je croyais être la bonne n’était finalement pas amoureuse de moi.J’étais prêt à tout pour elle, j’aurais pu tout accepter. Elle était parfaite, si vous pouviez la voir. Belle à en crever, je crois qu’elle n’en avait même pas conscience. Ses cheveux châtain moyen, rappelant les couleurs de l’automne, tombaient en cascade dans son dos, laissant apparaître de petites ondulations. Ses yeux noisettes et ses longs cils incarnaient la luxure, et son sourire avait le pouvoir de mettre u
« Et puis merde, » soufflai-je, laissant mes inhibitions de côté. J’en avais envie, et ce désir était devenu irrésistible. Je l’ai attirée contre moi, ma main glissant dans le bas de son dos tandis que l’autre restait fermement accrochée à sa joue.Sans réfléchir, j’ai écrasé mes lèvres contre les siennes, une impulsion sauvage mêlée à une douceur brûlante, elle me rendit mon baiser passant ses bras autour de mon cou, ses lèvres se sont entrouvertes dans un accord silencieux, elle m'invita à entrer, la savourant d’avantage. Les caresses de nos langues, ses doigts maintenant enfouis dans mes cheveux, elle me le rendait bien. Je l’ai lentement dirigée vers l’estrade derrière nous, la soulevant délicatement sans rompre notre baiser. Ses jambes s’enroulèrent instinctivement autour de ma taille, créant un contact encore plus intime. Son dos plaqué contre le carrelage en néon. Nos mains, avides de découverte, commencèrent à s’explorer.Elle agrippa l’ourlet de mon t-shirt, le faisant gl
Point de vue de DevonMatt m’avait prévenu de l’arrivée de Calie pendant que je prenais la route. J’avais choisi de laisser ma moto au garage, le temps était vraiment dégueulasse.Quand je suis arrivé au club, mon frère était dans le bureau, plongé dans les commandes d’alcool pour le bar. J’ai rapidement franchi la porte pour le saluer, mais il s’est levé, enfilant sa veste avec une certaine hâte.« J’ai rendez-vous avec un commercial pour une nouvelle marque de whisky qui fait fureur en ce moment. Ça pourrait vraiment faire de la pub pour le club. Et j’ai aussi rendez-vous avec une journaliste qui veut écrire un article sur le Darknight. T’es libre plus tard pour en discuter ? »J’ai hoché la tête en signe d’accord. « Dis moi quand et j’y serais. »J’ai filé vers le vestiaire des femmes, mais personne. Pourtant, son matériel était là.En arrivant dans la grande salle, je suis resté, figé. La scène qui se déroulait sous mes yeux était à la fois comique et captivante. Je me suis insta
Les semaines qui ont suivi s’étaient écoulées à toute vitesse. Les échanges avec Devon étaient devenus purement professionnels, et je ne l’avais pas revu depuis ce fameux jour dans ma cuisine. C’était la deuxième fois que Lisa et moi nous occupions de Kim et Elena, et ça s’était étrangement bien passé. J’étais vraiment soulagée.Chaque fois que nous nous occupions de l’une d’entre elles, nous faisions un rapide debrief, échangeant nos avis respectifs sur leur comportement et discutant des nouvelles choses à mettre en place. Le lundi approchait à grands pas, et c’était mon tour de m’occuper de Lydia au club. Cela faisait quinze jours que je n’avais pas vu Devon, et un mélange d’appréhension et d’excitation m’envahissait à l’idée de me retrouver face à lui.Pas une seule fois nous n’avions abordé le sujet de ce qui s’était passé chez moi. Les semaines avaient été plutôt calmes. En pliant mes affaires, j’envoyai rapidement un SMS à Devon pour qu’il me donne l’heure de notre rendez-vous
J’arrivai à ma voiture, le moment était venu d’aller rendre visite à Scott.Dans le parking sous-terrain, l’anticipation se faisait sentir. Je n’étais pas hyper à l’aise avec le fait de discuter avec lui des incidents du lundi soir, mais il était important qu’on instaure quelques règles. J’avais aussi besoin de parler avec lui de ses intentions envers Devon et du comportement qu’il avait eu au club, ainsi que des menaces qu’il avait proférées avant d’être expulsé.Les étages défilaient, et je commençais à avoir les mains moites. Trois petits coups à la porte plus tard, Scott se tenait devant moi, en tenue décontractée.« Salut, » dis-je timidement.« Je suis content de te voir, entre, fais comme chez toi, » répondit-il avec un léger sourire.Je hochai la tête en entrant dans son appartement, qui me semblait complètement étranger depuis. Je remarquai assez facilement qu’il avait dû se laissé aller ces derniers jours. Scott était généralement à cheval sur les petites tâches quotidienne
Mon réveil sonna à 7h et je n’avais clairement pas assez dormi. La caféine serait mon allié aujourd’hui, pensais-je.Debout dans la cuisine, une tasse de café à la main, je repensais à Devon et à ce qui s’était passé ici, à cet endroit précis. Je me demandais ce qu’il se serait passé ensuite si Matt n’était pas arrivé.Le liquide chaud dans ma bouche m’aidait à sortir de mon état mollasson. J’aurais bien dormi quelques heures de plus. Je jetais un rapide coup d’œil à l’agenda. L’emploi du temps d’aujourd’hui était encore bien rempli, pas de Madame Harris à l’horizon, me dis-je.Mon téléphone vibra à ce moment-là et mon cœur s’emballa, j’espérais au fond de moi que ce serait peut-être Devon.Scott 7:20 : Je voulais m’excuser pour hier soir. Je n’étais pas moi-même. Tu me manques, c’est dur sans toi.J’appréciai son message, même si d’une certaine manière, ce n’était pas à moi qu’il devait des excuses pour son mauvais comportement. Je savais qu’il avait besoin de savoir que je ne le dé







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