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H&B

Author: Man.S
last update Last Updated: 2026-01-20 16:45:44

Le réveil a sonné à sept heures le lendemain matin. Scott était déjà levé et avait préparé le petit déjeuner : des pancakes dorés, des croissants, des fruits frais et du café fumant qui embaumait la cuisine. Il sait vraiment comment me faire sentir spéciale, pensais-je en souriant. L’institut n’ouvrait qu’à dix heures, j’avais donc le temps.

J’ai profité qu’il soit occupé dans la cuisine pour aller me préparer. C’était facile de se préparer chez Scott, j’avais laissé beaucoup d’affaires chez lui afin d’éviter les allers-retours à mon domicile avant d’aller travailler.

D’ailleurs pensais-je, il faudrait que je commence à les rapporter chez moi petit à petit. Si je voulais clore cette histoire, autant ne pas laisser traîner les choses pour ne pas avoir à le revoir et avoir une énième conversation embarrassante.

Après une douche rapide, je me suis sentie revigorée. J’ai opté pour un jean slim noir, un top beige en maille côtelée et une veste de blazer noire à manches trois-quarts, ainsi qu’une paire d’escarpins rouges pour contraster avec la tenue.

En attachant mes cheveux en une queue-de-cheval coiffée-décoiffée, je laissais quelques mèches encadrer mon visage. Mes cheveux tombaient bas sur mon dos, ni lisses ni bouclés, avec des ondulations naturelles qui leur donnaient un petit côté sauvage.

Un léger trait d’eye-liner, du mascara et un rouge à lèvres rouge qui rappelait mes escarpins, quelques gouttes de parfum, et j’étais prête. Prête à affronter une nouvelle journée.

En arrivant dans la cuisine, Scott me tendait mon café, noir sans sucre. L’odeur riche et réconfortante remplissait l’air.

« Je ne comprends toujours pas comment tu fais pour boire ça comme ça, » me dit-il, un sourire amusé sur les lèvres.

« C’est comme ça que je l’aime, » lui répondis-je avec un haussement d’épaules, un petit geste qui cachait une certaine fierté.

Après avoir englouti mon petit déjeuner, il était huit heures et demie, et j’avais décidé qu’il était temps de partir. J’arriverais en avance, le temps de préparer la journée d’aujourd’hui. Après un bref coup d’œil à l’emploi du temps sur mon téléphone, tout en fourrant une viennoiserie dans mon sac, je récupérais les clés de ma voiture sur l’îlot de la cuisine.

Je fis une bise sur la joue de Scott en lui disant « À plus. » Son regard s’attarda sur moi, un mélange de tendresse et de mélancolie dans ses yeux.

C’était ça, notre relation : chaque fois qu’on se quittait au petit matin pour reprendre nos vies respectives, on ne se disait jamais quand on se reverrait. Ce silence pesant à la fin de chaque rencontre, comme une promesse non dite, me laissait toujours un goût amer.

Dans l’ascenseur, je regardais une seconde fois l’emploi du temps de la journée. Rien d’inhabituel : des manucures, des massages. Pourtant, un rendez-vous avec un client inconnu entre midi et deux me titillait l’esprit.

Le type avait demandé un rendez-vous avec la gérante. Pourquoi un client mystérieux voudrait-il parler de vive voix ? Il était resté plutôt vague, disant simplement qu’il voulait discuter en personne. C’était plutôt étrange. Nos clientes étaient généralement régulières, et celles qui ne l’étaient pas revenaient pour des occasions comme des mariages, des baptêmes ou des anniversaires.

L’institut marchait bien, et nous savions comment fidéliser notre clientèle. Mon employée, Lisa, était géniale, avec des doigts de fée qui faisaient des merveilles. Au fil des ans, nous avions construit une vraie clientèle : certaines venaient pour se faire les ongles, d’autres pour des massages, parfois les deux, mais toutes avaient leurs préférences en ce qui concerne la praticienne.

Nous avions vite trouvé notre rythme, et aller travailler n’avait jamais été une corvée. J’avais bossé dur pour ouvrir l’institut, pour qu’il fonctionne et devienne rentable, et je ne voulais pas que cela change.

Je suis arrivée à l’institut à neuf heures et quart. L’odeur familière des huiles essentielles et des produits de beauté flottait dans l’air. Lisa avait déjà ouvert la boutique. En ouvrant la porte, elle me sauta presque dessus, le sourire aux lèvres.

« Tu as l’air de bonne humeur, » fis-je remarquer en lui rendant son sourire.

Je savais déjà que je l’avais lancée.

« J’ai passé une soirée INCROYABLE ! » s’empresse-t-elle de dire, les yeux pétillants. « J’ai été dans ce nouveau club qui vient d’ouvrir, il faut absolument qu’on y aille ! Le concept est tellement différent de ce qu’il y a en ville. »

J’attendais qu’elle m’en dise plus, mais elle se contenta d’un clin d’œil, me laissant sur ma faim. Son enthousiasme était contagieux, et j’adorais travailler avec Lisa, qui était devenue bien plus qu’une simple employée au fil des ans. Nous sortions souvent déjeuner ensemble, et nous allions boire des verres après le travail. Elle était une femme pétillante, pleine d’énergie, mais aussi d’une douceur et d’une gentillesse infinies. L’essayer, c’était l’adopter.

C’est ce que j’aimais chez elle, c’était cette façon naturelle qu’elle avait de décomplexer les choses. Tous les sujets du monde étaient abordables avec elle. Elle ne jugeait jamais ; elle se contentait d’écouter et de faire des blagues parfois déplacées qui me faisaient rire aux éclats.

Lisa était légèrement plus grande que moi, peut-être 1m65. Elle avait de longs cheveux bruns bouclés qui tombaient en cascade sur ses épaules, une peau dorée qui semblait toujours lumineuse, des yeux verts incroyables qui brillaient d’intelligence, et une bouche charnue, pleine de vie. Ses courbes pulpeuses attiraient indéniablement l’attention des hommes, mais elle n’en jouait jamais. C’est ce que j’aimais le plus chez elle : sa simplicité et son authenticité.

Après avoir préparé et mis en place nos espaces de travail personnels pour la journée qui nous attendait, l’odeur des crèmes et des huiles essentielles flottait dans l’air, créant une atmosphère apaisante. Nos premières clientes sont arrivées, et chacune de nous s’est affairée à la tâche, prête à offrir un moment de bien-être.

Nous n’avions pas vu la matinée passer.

Lisa encaissait son dernier rendez-vous de la matinée avant de fixer le prochain. En la raccompagnant à la porte, elle me fait un signe de tête, m’indiquant qu’elle allait nous chercher à manger. J’ai acquiescé d’un hochement de tête tout en terminant le soin des mains de Madame Ashford, qui me parlait de son dernier voyage sur une île paradisiaque.

Je n’en avais évidemment rien à faire, mais je l’écoutais, posant de temps à autre quelques questions pour l’encourager à parler et éviter les blancs gênants. Nous étions un peu comme des psys pour ces femmes, pensais-je en souriant intérieurement.

Notre clientèle était principalement composée de femmes, à l’exception de quelques hommes qui venaient se faire masser. La plupart étaient des hommes d’affaires travaillant dans le coin, profitant de ces moments pour se détendre entre deux rendez-vous. C’était l’avantage d’être dans la cabine de massage : on ne parlait pas pendant la prestation, laissant aux clients la relaxation pour laquelle ils payaient.

Après avoir raccompagné Madame Ashford jusqu’à la sortie, tout en lui tenant la porte et en affichant mon plus beau sourire de courtoisie, je me suis dépêchée de remettre en ordre nos espaces de travail.

J’ai également eu le temps de lancer une machine de peignoirs et de serviettes pour éviter d’être débordée en fin de journée, de ranger les huiles de massage et de nettoyer la table. Pareil pour le coin manucure ; la poussière est notre ennemie dans ce genre de prestation.

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