Se connecterChapitre 118
Sophia
La cave est mon sanctuaire, le lieu où je peux enfin exercer mon pouvoir sans entraves. Isabelle est agenouillée devant moi, les bras liés, les cheveux défaits, le visage marqué par la fatigue et la peur. Lucas est attaché à quelques mètres, les yeux fixés sur elle, impuissant. Cette image est un tableau que je voudrais accrocher aux murs de ma mémoire pour l'&ea
Chapitre 118SophiaLa cave est mon sanctuaire, le lieu où je peux enfin exercer mon pouvoir sans entraves. Isabelle est agenouillée devant moi, les bras liés, les cheveux défaits, le visage marqué par la fatigue et la peur. Lucas est attaché à quelques mètres, les yeux fixés sur elle, impuissant. Cette image est un tableau que je voudrais accrocher aux murs de ma mémoire pour l'éternité.— Bonjour, ma sœur, dis-je en dépliant ma chaise. As-tu bien dormi ?— Que veux-tu encore, Sophia ? demande-t-elle d'une voix éteinte.— Ce que je veux ? Je veux que tu écrives une lettre.— Une lettre ?— Oui. Une lettre à Lucas. Une lettre de rupture.Elle lève les yeux vers moi,
Chapitre 117EliotLa carcasse du fourgon gît au fond de la carrière comme une bête morte, les pneus crevés, les vitres brisées, la tôle maculée de boue et de rouille. Mes hommes ont établi un périmètre de sécurité, et les techniciens de la police scientifique s'affairent autour du véhicule, prélevant des échantillons, photographiant les traces. L'air est glacé, chargé d'une humidité qui pénètre les os, et le vent soulève des tourbillons de poussière qui dansent au soleil pâle du matin.Je suis accroupi près de la portière ouverte, les coudes sur les genoux, et je scrute l'intérieur du fourgon. Des cordes coupées, des traces de sang séché sur le plancher métallique, un bâillon souillé, une bo
Chapitre 116HubertLe bureau de ma demeure est une pièce que j'aime pour son silence, ses boiseries sombres, l'odeur du cuir et du papier ancien qui imprègne les murs. Mais aujourd'hui, ce silence m'oppresse. Il est lourd de l'absence de mes filles, de l'absence d'Isabelle, de l'absence de Lucas. Chaque minute qui passe est un coup de poignard supplémentaire dans ma poitrine de père et de beau-père. Je suis assis derrière mon bureau, les mains croisées sur le sous-main en cuir, et je fixe le téléphone comme s'il allait sonner, comme si la police allait m'annoncer qu'ils les ont retrouvés, sains et saufs.Mais le téléphone reste muet.Agatha est dans le salon, prostrée. Elle ne mange plus, ne dort plus. Elle se consume de culpabilité, et je ne sais plus quoi lui dire pour la réconforter. Les mots
Chapitre 115LucasLe silence de l'aube est trompeur. Il enveloppe la vieille ferme d'une paix apparente, comme si les pierres elles-mêmes retenaient leur souffle, comme si la montagne tout entière attendait quelque chose. Je ne dors pas. Je n'ai pas dormi de la nuit, les yeux fixés sur la porte de la cave, les sens en alerte, le corps tendu comme un arc. Isabelle s'est enfin assoupie, épuisée par la douleur et la tension, sa tête reposant contre son bras lié. Elle a réussi à entamer sa corde, je l'ai vue, je l'ai entendue. Ma femme est une guerrière. Et sa bataille silencieuse m'a redonné une raison de me battre.La porte s'ouvre. Les gonds rouillés grincent, et Rodrigo apparaît en haut des marches, une tasse de café à la main, le visage fatigué, les yeux cernés. Il a troqué son costume de la veille
Chapitre 114IsabelleLe silence qui suit le départ de Sophia est plus lourd qu'un hurlement. Il s'installe sur ma poitrine comme une chape de plomb, oppressant, étouffant. Mes bras sont toujours liés au-dessus de ma tête, mes épaules en feu, mes poignets à vif. Les mots de ma sœur tournent dans ma tête, un manège infernal. « Intouchable. Vous êtes piégés. Personne ne viendra vous sauver. »Je ferme les yeux, tente de repousser le désespoir qui m'envahit. Lucas dort, à quelques mètres de moi, attaché à son anneau, le visage marqué par la fatigue et les coups. Sa respiration est régulière, mais son front est plissé, même dans le sommeil. Il lutte. Il lutte encore, même inconscient.Je ne dois pas abandonner. Pour lui. Pour Lucien. Pour n
Chapitre 113SophiaLa cave est mon théâtre, et Isabelle, mon public captif. Je descends les marches lentement, savourant chaque craquement du bois sous mes talons, chaque oscillation de la lampe tempête qui projette des ombres dansantes sur les murs de pierre. L'air est froid, humide, chargé de l'odeur de la terre et de la peur — sa peur, qui imprègne chaque recoin de cette prison comme un parfum entêtant. Je la hume avec délice. C'est l'odeur de ma victoire.Isabelle est agenouillée contre le mur, les bras liés au-dessus de la tête, la robe déchirée, les cheveux collés par la sueur et la poussière. Ses yeux noisette, si semblables à ceux de notre mère, lèvent vers moi un regard où la terreur le dispute à la haine. Elle ne pleure plus. Elle a épuisé ses larmes
# Chapitre 38## Point de vue de LucasDepuis plusieurs semaines…Le silence d’Isabelle est devenu ma pire punition.Installé derrière l’immense bureau noir de mon en
Chapitre 37Point de vue de SophiaLe silence de la nuit enveloppe complètement le jardin pendant que j’avance lentement entre les allées éclairées par les petites lanternes ext&eac
# Chapitre 35## Point de vue d’AgathaSix mois.Cela faisait déjà six mois que toute cette histoire entre nos deux familles avait commencé.Et honnêtement…
Chapitre 31 Point de vue de SophiaJe bouillonne littéralement de joie intérieurement.Enfin.Enfin cette hypocrite allait tomber de son piédestal.Je regarde attentivement le visage d’Isabelle pendant qu’elle fixe les photos avec horreur.Et honnêtement…Voir cette honte dans ses yeux me procure







