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Chapitre 53 : La Quête de la Vérité — Carnets 2

Autor: Déesse
last update Data de publicação: 2026-10-10 08:12:46

Raphaël

Le carnet est lourd dans ma main. Ce poids, ces pages, cette tranche de cuir qui s'effrite, ces coins cornés, ces taches d'encre et de café. Je le tiens comme on tient une chose fragile. Une chose dangereuse. Une chose qui pourrait me briser.

Je suis assis à mon bureau. Cette lampe, cette lumière jaune qui éclaire à peine, ces ombres qui dansent sur les murs. Devant moi, le carnet. Le troisième. Celui que j'ai trouvé hier, dans cette malle
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  • BAISE-MOI 4   Chapitre 54 : La Confession de la Mère — Union du sang

    RaphaëlLe salon est sombre. Seule cette lampe sur la table basse, ce halo jaune qui n'éclaire que les mains, que les genoux, que les visages à moitié. Ma mère est assise dans le fauteuil. Ce fauteuil où Serge s'asseyait. Ce fauteuil qui garde encore l'empreinte de son corps, cette odeur de tabac froid et de vieux cuir. Elle tient un verre. Du cognac. Ce cognac qu'elle ne boit jamais. Ses doigts serrent le cristal, ces jointures blanches, ces veines qui saillent sous la peau fine. Elle n'a pas bu. Elle regarde le liquide. Cette couleur ambrée, ces reflets qui dansent, cette chose qui attend.Léa est là debout près de la cheminée. Ses bras croisés, ce pull noir, ces cheveux tirés, ce visage fermé. Elle regarde ma mère. Elle ne dit rien. Elle attend. Nous attendons tous. Cette pièce est pleine d'attente. Cette attente épaisse, cette attente qui pèse, cette attente qui étouffe.Ma mère lève les yeux. Ces yeux. Ces yeux fatigués, ces yeux cernés, ces

  • BAISE-MOI 4   Chapitre 53 : La Quête de la Vérité — Carnets 2

    Raphaël Le carnet est lourd dans ma main. Ce poids, ces pages, cette tranche de cuir qui s'effrite, ces coins cornés, ces taches d'encre et de café. Je le tiens comme on tient une chose fragile. Une chose dangereuse. Une chose qui pourrait me briser. Je suis assis à mon bureau. Cette lampe, cette lumière jaune qui éclaire à peine, ces ombres qui dansent sur les murs. Devant moi, le carnet. Le troisième. Celui que j'ai trouvé hier, dans cette malle poussiéreuse, derrière ces vieux draps. Je l'ai ouvert. J'ai lu quelques pages. J'ai refermé. J'ai eu peur. Peur de quoi ? Je ne sais pas. Peur de ce que j'allais trouver. Peur de ce que j'allais comprendre. Peur de me reconnaître. Je l'ouvre encore. Ces pages. Ces mots. Cette écriture serrée. Serge. Serge qui écrit. Serge qui raconte. Ces nuits. Ces femmes. Ces corps. Je lis. Je lis cette page. Cette page où il parle d'une femme. D'une femme qui n'est pas celle du carnet précéde

  • BAISE-MOI 4   Chapitre 52 : La Quête de la Vérité — Carnets

    Léa Le grenier sent la poussière et le vieux papier. Cette odeur de carton humide, de bois qui craque, de choses qu'on a oubliées. Je monte les marches une par une, mes mains agrippées à la rampe branlante, cette rampe qui bouge sous mes doigts, qui grince. La lumière du jour ne passe que par ce petit vasistas, ce rectangle sale qui éclaire à peine les cartons empilés, les malles, les vieux meubles recouverts de draps blancs. Des draps comme des fantômes. Des draps qui gardent la poussière des années. Je cherche. Je ne sais pas quoi, exactement. Quelque chose. N'importe quoi. Un signe. Une trace. Une preuve que Serge n'était pas seulement ce grand-père sévère, ce patriarche au regard dur, cette main de fer qui a façonné cette famille. Je cherche l'homme derrière la légende. Je cherche le sang derrière la pierre. Raphaël m'a parlé des carnets. Il les a trouvés dans le bureau de Serge, cachés derrière une rangée de livres co

  • BAISE-MOI 4   Chapitre 51 : L'Effondrement — Bain froid. 2

    Je me hais. Je me hais de faire ça. Je me hais de bander devant cette image. Je me hais de me caresser comme un adolescent devant la femme que j'aime en train d'en baiser un autre. Mais je ne peux pas m'arrêter. Mon corps ne veut pas s'arrêter. Mon corps veut jouir. Mon corps veut cette décharge, cette libération, cette fin. Mon corps se fout de ma dignité, de ma morale, de mes larmes. Mon corps est un animal. Et moi, je suis cet animal.Je gémis. Un son bas, rauque, ce son qui sort de ma gorge sans que je le contrôle. L'eau clapote autour de mon poignet, ces petites vagues qui viennent mourir contre les parois de la baignoire. Ma respiration s'accélère, ce souffle court, ces halètements qui résonnent dans la pièce carrelée. Je pense à elle. Je pense à sa bouche. Je pense à ses seins contre la vitre, ces seins écrasés contre le verre froid, ces tétons durs, ces aréoles sombres. Je pense à ses fesses, ces fesses marquées, ces zébrures rouges que Gabriel a laissées.

  • BAISE-MOI 4   Chapitre 50 : L'Effondrement — Bain froid.

    RaphaëlJe ne sais pas combien de temps je suis resté allongé sur ce lit, les yeux ouverts, à fixer le plafond. Une heure. Deux. La lumière de la rue traverse les rideaux, ces lames orange et bleues qui glissent sur le mur, qui changent, qui tournent avec les voitures. Je n'ai pas faim. Je n'ai pas soif. J'ai juste cette chose dans la poitrine, cette boule compacte, ce poids qui m'écrase et qui m'empêche de respirer. Et sous ce poids, autre chose. Quelque chose de plus bas. Quelque chose que je ne veux pas nommer.Je me lève. Mes jambes sont lourdes, mes pieds traînent sur le parquet froid. Je marche jusqu'à la salle de bain. La lumière blanche, crue, ces carreaux blancs, ce miroir au-dessus du lavabo. Je me regarde. Ce visage, encore. Ces yeux rouges, ces cernes, cette barbe de deux jours. Je me regarde et je ne me reconnais pas. Ou plutôt, je me reconnais trop. Je reconnais ce garçon que j'ai toujours été, ce garçon qui regarde, qui attend, qui écrit de

  • BAISE-MOI 4   Chapitre 49 : Le Combat des Frères — Sang.

    RaphaëlJe suis monté. Je ne sais pas comment. Je ne me souviens pas d'avoir pris l'ascenseur, d'avoir appuyé sur le bouton, d'avoir attendu. Je me souviens seulement de la porte, de cette porte que j'ai poussée, de ce salon, de cette lumière bleue. Ils étaient encore là. Ou plutôt, ils étaient là, mais habillés. Gabriel en pantalon, torse nu. Léa en robe, les cheveux mouillés, le visage fermé. Ils buvaient un verre. Comme si de rien n'était. Comme si ce que j'avais vu n'existait pas. Comme si le monde n'avait pas basculé.Gabriel m'a vu le premier. Il a posé son verre. Il a souri. Ce sourire, ce sourire de prédateur, ce sourire que je connais depuis l'enfance, ce sourire qui m'a toujours donné envie de le frapper.— Raphaël. Quelle surprise.— Je devais récupérer les documents.— Les documents. Oui. Ils sont sur le bureau. Tu peux les prendre.Je ne bouge pas. Je regarde Léa. Elle ne me regarde pas. Elle regarde son ve

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