LOGINJe la hais. Je la hais de me faire ça. De me transformer en ça. En cet homme qui baise un cadavre. En cet homme qui jouit d'un corps vide. En cet homme qui n'est plus rien. Je la hais. Je la hais de ne pas me haïr. De ne pas me crier. De ne pas me griffer. De ne pas me mordre. De ne pas me rendre ma haine. Je la hais de rester là. Ce corps. Ce corps qui n'est plus un corps. Ce corps qui est une chose. Une chose que j'utilise. Une chose que je brise. Une chose que je salis.
Et je jouiRaphaëlLa chambre est plongée dans cette pénombre. Ces rideaux tirés. Ces bougies. Ces flammes qui dansent. Ces ombres. Ces ombres qui nous entourent. Qui nous cachent. Qui nous protègent. Léa est là. Nue. Allongée sur le lit. Ces draps. Ces draps blancs. Ce corps. Ce corps doré. Ces seins. Ce ventre. Ces cuisses. Ce sexe. Cette chose que j'ai possédée. Que j'ai baisée. Que j'ai damnée.Je suis nu aussi. Ce corps. Ce corps qui la désire. Ce sexe. Ce sexe qui durcit. Qui se tend. Qui pointe. Qui exige. Je la regarde. Cette femme. Ma sœur. Mon amante. Ma damnation. Et je sais. Je sais ce que nous devons faire. Ce que nous avons décidé. Cette chose. Cette chose qui est pire que le sexe. Pire que la jouissance. Pire que tout. Cette chose qui est l'abstinence. Le renoncement. Le sacrifice.Je m'approche. Ces pas. Ces pas lents. Ces pas qui tremblent. Je monte sur le lit. Ce matelas. Ce creux. Cette chaleur. Je m'allonge à côté d'elle. Ce corps. Ce co
Je la hais. Je la hais de me faire ça. De me transformer en ça. En cet homme qui baise un cadavre. En cet homme qui jouit d'un corps vide. En cet homme qui n'est plus rien. Je la hais. Je la hais de ne pas me haïr. De ne pas me crier. De ne pas me griffer. De ne pas me mordre. De ne pas me rendre ma haine. Je la hais de rester là. Ce corps. Ce corps qui n'est plus un corps. Ce corps qui est une chose. Une chose que j'utilise. Une chose que je brise. Une chose que je salis.Et je jouis. Ce spasme. Cette décharge. Ce cri. Ce cri qui sort. Ce cri qui est vide. Ce cri qui est mort. Je jouis en elle. Dans ce corps. Dans cette chose. Ce sperme. Ce sperme qui coule. Qui se perd. Qui ne sert à rien. Je m'effondre. Ce poids. Ce poids sur elle. Ces respirations. Ces halètements. Ces choses qui sont les miennes. Les siennes. Non. Les siennes ne sont rien. Les siennes n'existent pas.Je me retire. Je m'allonge à côté. Ce lit. Ces draps. Cette chose que nous venons de faire. Ce
GabrielLa chambre est sombre. Ces rideaux tirés. Cette lumière qui ne passe pas. Cette obscurité. Cette obscurité qui me va. Qui me protège. Qui me cache. Je suis assis sur le lit. Ce lit. Ces draps. Ces draps que nous avons partagés. Elle et moi. Avant. Avant tout ça. Avant cette chose. Cette chose qui a changé. Cette chose qui a brisé. Cette chose qui a tué.Léa entre. Ces pas. Ces pas silencieux. Ces pas qui glissent. Elle ne me regarde pas. Elle ne me voit pas. Elle marche vers la fenêtre. Elle tire les rideaux. Cette lumière. Cette lumière crue. Cette lumière qui nous éclaire. Qui nous expose. Qui nous juge. Elle tourne la tête. Ce visage. Ce visage fermé. Ces yeux. Ces yeux vides. Ces yeux morts.— Tu voulais quelque chose ?Sa voix. Cette voix. Froide. Plate. Clinique. Cette voix qui n'est plus la sienne. Cette voix qui n'est plus rien. Je me lève. Ces jambes. Ces jambes lourdes. Ces jambes qui tremblent. Je marche vers elle. Ces
Il bouge. Ces va-et-vient. Lents d'abord. Ces coups profonds. Ces coups qui touchent. Qui trouvent. Qui frappent. Cette chose au fond de moi. Cette chose qui n'appartient qu'à lui. Et puis plus vite. Plus fort. Cette sauvagerie. Cette brutalité. Cette faim. Cette faim de lui. Cette faim de moi. Cette faim de nous.Je le prends. Je le prends avec mon sexe. Je le prends avec mes mains. Je le prends avec ma bouche. Je le prends avec tout mon corps. Tout mon être. Toute mon âme. Chaque caresse. Chaque baiser. Chaque coup. C'est un blasphème. Chaque gémissement. Chaque cri. Chaque orgasme. C'est une damnation. Nous baisons comme des bêtes. Comme des dieux. Comme des damnés. Nous baisons comme si c'était la dernière fois. Comme si le monde allait finir. Comme si nous étions les derniers survivants. Nous baisons comme Serge et ma mère. Comme Serge et cette femme aux cheveux noirs. Comme Serge et cette femme à la peau dorée. Comme notre père. Comme notre sang. Comme notre dest
LéaLa porte se ferme derrière moi. Ce clic. Ce bruit sec. Ce bruit qui scelle. Je suis dans sa chambre. Cette chambre. Ce lit. Ces draps blancs. Cette lampe. Cette lumière qui n'éclaire que nous. Raphaël est là. Debout. Près de la fenêtre. Il me regarde. Ces yeux. Ces yeux sombres. Ces yeux qui savent. Ces yeux qui attendent.Je marche vers lui. Ces pas. Ces pas lents. Ces pas qui résonnent sur le parquet. Ce parquet froid. Ce parquet qui craque. Je m'arrête devant lui. Ce corps. Cette chaleur. Cette odeur. Cette odeur de lui. Cette odeur de Serge. Cette odeur de sang.— Nous sommes frère et sœur.Ce mot. Ce mot qui tombe. Ce mot qui explose. Ce mot qui devrait nous arrêter. Ce mot qui devrait nous sauver. Ce mot qui ne fait rien. Rien du tout. Raphaël me regarde. Ce regard. Ces yeux. Ces pupilles qui se dilatent. Cette chose qui monte. Cette chose qui brûle.— Je sais.Deux mots. Deux mots seulement. Et tout est dit.
Je regarde mes mains. Ces mains sur mes genoux. Ces mains qui tremblent. Ces mains qui serrent le tissu de mon pantalon. Je ne veux pas entendre ça. Je ne veux pas imaginer ça. Ma mère. Serge. Ces corps. Ces gestes. Mais je ne peux pas m'arrêter. Je ne peux pas me boucher les oreilles. Je ne peux pas fuir. Je suis cloué à ce fauteuil, à cette pièce, à cette confession.— Il m'a fait jouir avec sa bouche. Une fois. Deux fois. Trois fois. Je ne comptais plus. Je ne pensais plus. J'étais cette chose qui jouit, cette chose qui se tord, cette chose qui crie. Et puis il m'a pénétrée. D'un coup. Ce coup qui m'a remplie, qui m'a ouverte, qui m'a prise. Il était grand. Il était épais. Il me remplissait comme personne ne m'avait remplie. Il bougeait. Lentement d'abord. Ces va-et-vient profonds, ces coups qui touchaient quelque chose au fond de moi. Et puis plus vite. Plus fort. Cette sauvagerie. Cette brutalité. Cette chose qui n'était plus de l'amour mais de la faim.E







