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Chapitre 27 : L'Effondrement des Digues

Author: Darkness
last update Last Updated: 2026-02-09 18:34:04

Lysandre

La porte de mon appartement se referme dans un claquement sourd. Le silence qui s’ensuit est total, absolu. Il résonne dans mes oreilles, dans mes os. Je m’adosse au bois froid, les paumes à plat, et je glisse lentement vers le sol, comme si tous mes muscles lâchaient à la fois.

Mon poignet. Là où ses lèvres ont touché ma peau. Ça brûle. Ce n’est pas une brûlure de honte ou de regret. C’est une marque. Une signature de cendres chaudes sur mon sang. Je ferme les yeux et la sensation rev
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    LysandreLa porte de mon appartement se referme dans un claquement sourd. Le silence qui s’ensuit est total, absolu. Il résonne dans mes oreilles, dans mes os. Je m’adosse au bois froid, les paumes à plat, et je glisse lentement vers le sol, comme si tous mes muscles lâchaient à la fois.Mon poignet. Là où ses lèvres ont touché ma peau. Ça brûle. Ce n’est pas une brûlure de honte ou de regret. C’est une marque. Une signature de cendres chaudes sur mon sang. Je ferme les yeux et la sensation revient, précise, dévastatrice : le choc du contact, la douceur incongrue de sa bouche sur cette parcelle fragile de moi, la chaleur qui a irradié, montant le long de mon bras pour se loger dans ma poitrine et y battre, lourde et chaude.« À bientôt, Lysandre. »Sa voix. Elle n’était plus un instrument. Elle était une vibration directe, venue du fond de la gorge, rauque de vérité. Elle résonne encore dans le hall vide. Elle a fait trembler quelque chose en moi, un verrou rouillé que je croyais soud

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    GabrielLa pluie a cessé. Elle a laissé la ville luisante, reflétant les lampadaires dans des flaques qui sont autant de lunes brisées. Je marche. Mes pas n’ont pas de destination, juste un besoin de mouvement, de faire circuler ce tourbillon à l’intérieur de ma poitrine.Le baiser sur sa main brûle encore sur mes lèvres. Un geste d’un autre temps, d’un autre homme. Pas de moi. Pas du moi que j’ai construit. Et pourtant, c’est sorti. Naturellement. Comme si cette part ancienne, enterrée sous des années de stratégie et de contrôle, venait de trouver une faille à travers laquelle respirer.« À bientôt, Lysandre. »Je l’ai dit. Je l’ai pensé. C’était une vérité, pas une ligne. C’est ça qui est le plus déstabilisant. L’absence de calcul. Le désir pur et simple de la revoir, pas pour conquérir, mais pour… continuer. Continuer la conversation. Voir où mène ce fil ténu que nous avons tiré.La peur est un acide au fond de mon estomac. J’ai montré mes cartes. Pire, j’ai montré que mon jeu étai

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    LysandreL’atelier est silencieux. Un silence différent. Il n’est plus rempli du bruit de mes doutes, du bourdonnement anxieux de mes pensées. Il est calme. Plein. Comme après une tempête, quand l’air est lavé et que chaque bruit devient distinct, précieux.Je regarde ma main. La peau à l’endroit où ses lèvres se sont posées semble porter une mémoire tactile, une marque invisible et douce. Un baiser de chevalier, ai-je pensé. Sauf que je ne suis pas une dame en détresse, et lui n’est pas un sauveur. Nous sommes deux naufragés, je le sens maintenant, jetés sur le même rivage inconnu.Mon cœur bat avec une régularité étrange, un rythme nouveau. Il n’est plus dans ma gorge, affolé. Il est profond, ancré, et chaque pulsation dit : oui, oui, oui.La peur n’a pas disparu. Elle est là, tapi dans un coin, mais elle a changé de forme. Elle n’est plus une immense vague prête à tout emporter. C’est un murmure. « Tu sais ce que tu risques. Tu sais qui il est. Ou plutôt, tu ne le sais pas. »Je sa

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    LéoLe trottoir est humide sous mes pas, reflet des lumières de la ville. Chaque respiration forme un petit nuage pâle dans l’air froid du soir. Je marche, mais mon esprit est resté là-bas, dans la chaleur de ce café, face à elle.Son « oui » résonne encore en moi. Ce n’était pas un acquiescement à une conquête. C’était un pacte. Une porte entrouverte sur un territoire inconnu, où je ne sais pas naviguer. Où je ne suis plus le capitaine, mais un explorateur égaré.Je passe ma main sur mon visage. La sensation du baiser que j’ai déposé sur sa main me brûle les lèvres. Pourquoi ai-je fait ça ? Un geste d’un autre temps, romantique à en être ridicule. Mais cela semblait être la seule chose à faire. La seule chose vraie.Je pense à son sourire timide, à la façon dont elle évitait mon regard avant de finalement le soutenir. Je pense à l’honnêteté de ses aveux. « J’avais peur de ne jamais le connaître. » L’inconnu. Mon visage.Personne ne m’a jamais regardé comme un inconnu à découvrir. On

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