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LA NUIT DE L'ORAGE

Autor: Chrisso
last update Data de publicação: 2026-07-05 23:36:50

CHAPITRE 11 : LA NUIT DE L'ORAGE

Élise

L'orage éclate au milieu de la nuit.

Je suis réveillée en sursaut par un coup de tonnerre qui fait trembler les murs de la chambre. Le vent hurle autour de la propriété, la pluie fouette les fenêtres avec une violence inouïe, les éclairs déchirent le ciel à intervalles réguliers, projetant des lueurs blafardes sur les meubles.

Je déteste les orages. Depuis que je suis enfant, ils me terrifient. Ma mère me prenait dans ses bras, me chantait des chansons dou
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  • Celle que tu as laissée n'existe plus    LES ROSES DE LA DISCORDE

    CHAPITRE 29 : LES ROSES DE LA DISCORDEÉliseLes roses arrivent un lundi matin.Je suis dans mon bureau, en train de compulser le dossier d'un patient que je dois opérer dans l'après-midi, quand mon assistante frappe à la porte. Elle entre sans attendre ma réponse, les bras chargés d'un bouquet si volumineux qu'il masque presque entièrement son visage.— Docteur Morel, c'est pour vous. Livraison spéciale.Elle dépose l'énorme composition florale sur le coin de mon bureau, et je reste figée, le stylo en l'air, incapable de prononcer un mot. Des roses. Des dizaines de roses rouges, somptueuses, éclatantes, qui embaument déjà toute la pièce de leur parfum capiteux. Il doit y en avoir au moins trois douzaines, arrangées dans un vase de cristal avec un goût exquis.— Qui a envoyé ça ? je demande, la voix légèrement étranglée.— Il y a une carte, répond mon assistante avec un sourire entendu.Elle me tend une petite enveloppe blanche, que je prends d'une main tremblante. Je l'ouvre, j'en so

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    CHAPITRE 28 : LE DÎNER REFUSÉGabrielJe n'aurais jamais dû l'inviter à dîner.Cette phrase tourne en boucle dans ma tête tandis que je descends les marches de l'hôpital, les poings enfoncés dans les poches de mon manteau. Le vent de novembre me fouette le visage, glacé et coupant, mais je ne le sens presque pas. Je ne sens rien d'autre que la brûlure de l'humiliation et le poids du rejet.Qu'est-ce que j'espérais ? Qu'elle tomberait dans mes bras après sept ans de silence ? Qu'elle me pardonnerait comme par magie, d'un claquement de doigts, simplement parce que j'avais daigné lui dire la vérité ? Qu'elle oublierait les nuits solitaires, les larmes sous la pluie, les années de reconstruction solitaire ?Je suis un idiot. Un idiot qui ne mérite pas mieux que ce qu'il vient de recevoir.Je m'arrête au milieu du trottoir, je ferme les yeux, je revois la scène. Son visage fermé, ses bras croisés, sa voix glaciale. « Votre consultation est terminée, Monsieur Mercier. Payez à l'accueil. » C

  • Celle que tu as laissée n'existe plus    LE CHOC DES SOUVENIRS

    CHAPITRE 27 : LE CHOC DES SOUVENIRSÉliseGabriel vient de partir, mais sa présence flotte encore dans l'air du café comme une fumée tenace. Je reste assise à notre table, les yeux rivés sur sa tasse vide, sur la petite cuillère qu'il a tournée machinalement pendant toute notre conversation, sur la trace humide laissée par son verre d'eau sur le bois verni.Il n'a pas changé. Ou plutôt, il a changé, mais pas comme je l'imaginais. Je m'attendais à retrouver l'homme froid et distant qui m'a chassée de sa vie il y a sept ans. J'ai retrouvé un homme brisé, marqué par les épreuves, rongé par la culpabilité, mais toujours habité par cette intensité qui m'avait tant fascinée autrefois.Ses yeux. Ses yeux gris-vert n'ont pas changé. Ils sont toujours aussi profonds, aussi magnétiques, aussi dangereux. Quand il m'a regardée, tout à l'heure, j'ai senti mon armure se fissurer. J'ai senti les souvenirs remonter à la surface, comme des noyés qu'on croyait disparus à jamais.Je ferme les yeux, et c

  • Celle que tu as laissée n'existe plus    LE DIAGNOSTIC IMPOSSIBLE

    CHAPITRE 26 : LE DIAGNOSTIC IMPOSSIBLEÉliseLe café en face de l'hôpital est presque vide à cette heure.J'ai choisi cet endroit délibérément. Un terrain neutre, impersonnel, loin de mon bureau et de son aura d'autorité médicale. Ici, je ne suis pas le docteur Morel. Je suis juste une femme assise à une table, attendant un homme qu'elle n'a pas revu depuis sept ans. La différence est subtile, mais elle est essentielle. Dans mon bureau, j'avais l'avantage. Ici, nous sommes à égalité.Gabriel n'est pas encore arrivé. Je suis venue en avance, comme toujours. L'exactitude est une déformation professionnelle, une habitude contractée au bloc opératoire où chaque seconde compte. Je commande un café, que je ne bois pas, et je regarde la porte.Quand il entre enfin, mon cœur fait un bond dans ma poitrine. Je le vois balayer la salle du regard, chercher mon visage parmi les rares clients attablés. Il me repère, et son expression change. Un mélange de soulagement et d'appréhension, comme un hom

  • Celle que tu as laissée n'existe plus    LA PORTE S'OUVRE

    CHAPITRE 25 : LA PORTE S'OUVREÉliseLa porte claque derrière lui, et le silence retombe sur mon bureau comme un couvercle de plomb.Je reste debout, immobile, les yeux rivés sur cette porte fermée, comme si j'attendais qu'il revienne, qu'il pousse à nouveau le battant, qu'il prononce les mots que je n'ai pas voulu entendre. Mais la porte reste close. Le couloir est silencieux. Gabriel est parti.Je m'assois, ou plutôt je m'effondre sur ma chaise, les jambes coupées, le cœur en charpie. Mes mains tremblent. Mes mains qui ne tremblent jamais, qui tiennent un scalpel avec une précision millimétrique, qui réparent des cœurs malades sans l'ombre d'une hésitation. Ces mains-là tremblent comme des feuilles sous l'orage.Je les regarde, ces mains. La droite porte encore la cicatrice de cette nuit de pluie, quand j'ai fui la propriété des Mercier, quand je suis tombée sur le gravier, quand le sang a coulé sans que je sente rien d'autre que la douleur de mon âme qui se déchirait. Sept ans. Sep

  • Celle que tu as laissée n'existe plus    L'ATTENTE

    CHAPITRE 24 : L'ATTENTEÉliseLe nom s'affiche sur l'écran de mon ordinateur, et le monde s'arrête.Gabriel Mercier. Quatorze heures trente. Consultation de cardiologie. Motif : douleurs thoraciques.Je fixe ces quelques lignes comme si elles étaient écrites dans une langue étrangère, comme si mon cerveau refusait d'en comprendre le sens. Gabriel Mercier. Ici, dans mon hôpital, dans mon service. Gabriel Mercier, que je n'ai pas revu depuis sept ans, depuis cette nuit de pluie où il m'a chassée de sa vie.Mon cœur s'emballe. Ma respiration se bloque. Mes mains se mettent à trembler, ces mains qui ne tremblent jamais, ces mains qui ont valu au docteur Élise Morel le surnom de « scalpel de glace ». Je les pose à plat sur le bureau, je les regarde, je les force à se calmer.Je devrais refuser. Je devrais dire à mon assistante d'annuler ce rendez-vous, de l'orienter vers un confrère, de trouver un prétexte. Je suis chirurgienne cardiaque, pas généraliste. Je n'ai pas à recevoir des patient

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