LOGINÀ Port-Margot, Élise Morel aimait Gabriel Mercier depuis toujours. Quand le père de Gabriel arrangea leur mariage, elle accepta avec espoir, malgré le refus évident de Gabriel. Pendant deux ans, elle lui consacra sa vie, renonçant à ses propres rêves, jusqu'à ce qu'un soir, il lui lance froidement : « Je veux divorcer, sors de ma vie. » Des années plus tard, Élise est devenue une chirurgienne cardiaque renommée à Lyon. Un jour, Gabriel réapparaît dans son bureau, le regard chargé de regrets et de désir. « Docteur Morel, mon cœur est brisé, et vous seule pouvez le réparer. » Élise sourit avec ironie et répond : « Monsieur Mercier, je suis médecin. Je ne suis pas Dieu. »
View MoreCHAPITRE 5 : LA PROMESSE DU PHAREÉliseGabriel m'a donné rendez-vous au vieux phare.C'est un endroit que je connais bien, un lieu chargé de souvenirs et de légendes. Le phare est abandonné depuis des années, dressé sur la falaise comme une sentinelle oubliée, témoin silencieux des tempêtes et des naufrages. Quand j'étais petite, ma mère m'y emmenait parfois. Elle me racontait des histoires de marins perdus en mer, de navires guidés par la lumière, d'amours impossibles scellés au sommet de la tour. Je l'écoutais, fascinée, sans savoir que ces histoires deviendraient un jour les miennes.J'arrive au pied du phare alors que le soleil commence à descendre. Gabriel est déjà là, adossé au mur de pierre, les bras croisés, les yeux perdus dans l'horizon. Il tourne la tête en entendant mes pas, et son visage s'illumine d'un sourire qui me fait chavirer le cœur. Je ne m'habituerai jamais à ce sourire, à cette façon qu'il a de me regarder comme si j'étais la chose la plus précieuse du monde.—
CHAPITRE 4 : LE BAISER SOUS LES ÉTOILESGabrielJe suis en avance.C'est ridicule. Je ne suis jamais en avance nulle part. Mon père dit que c'est un défaut, que l'exactitude est la politesse des rois, que la ponctualité est une marque de respect. Mais mon père dit tellement de choses. Trop de choses. Des mots qui ne signifient rien, des principes vides qui ne servent qu'à justifier son pouvoir et son mépris des autres.Ce soir, je m'en fiche. Ce soir, je suis assis sur le sable depuis une heure déjà, à regarder le soleil descendre vers l'horizon, à attendre qu'elle apparaisse au détour des dunes.Élise.J'aime prononcer son prénom. Il est doux, mélodieux. Il évoque la mer, le vent, les embruns. Il est à son image : discret mais puissant, fragile mais indomptable. Depuis hier soir, je ne pense qu'à elle. À ses yeux sombres, à sa voix timide, à la manière dont ses doigts se sont glissés dans les miens comme si c'était la chose la plus naturelle du monde.Je ne sais pas ce qui m'arrive.
CHAPITRE 3 : LES YEUX QUI NE S'OUBLIENT PASÉliseLe lycée est une cage.Je suis assise près de la fenêtre, le regard perdu dans le vague, tandis que le professeur de français dissèque un poème de Baudelaire avec une voix monocorde qui donne envie de dormir. Les mots glissent sur moi sans m'atteindre. « Les Fleurs du Mal », l'ennui, le spleen, l'idéal. Je devrais être attentive. Je devrais prendre des notes, écouter, participer. Mais je n'y arrive pas. Mon esprit est ailleurs, prisonnier d'une image qui ne me quitte plus depuis trois jours.Les yeux gris-vert de l'homme sur la plage.Ils sont là, gravés derrière mes paupières, imprimés dans ma mémoire comme une photographie indélébile. Chaque fois que je ferme les yeux, je les vois. Ce mélange de nuances changeantes, cette intensité brûlante qui m'a transpercée quand il a murmuré ce mot : « Un ange. » Personne ne m'a jamais regardée comme ça. Personne ne m'a jamais donné l'impression d'être autre chose qu'une adolescente ordinaire, tr
CHAPITRE 2 : LE PENDAILLON BRISÉGabrielLa première chose que je vois en ouvrant les yeux, c'est le plafond blanc de l'hôpital.Un plafond fade, anonyme, strié de néons qui bourdonnent sourdement. L'odeur de l'antiseptique me prend à la gorge. J'essaie de bouger, mais mon corps est lourd, engourdi, comme si on m'avait rempli de plomb. Ma tête me fait mal. Un élancement sourd derrière les tempes, qui pulse au rythme de mon cœur.Je tourne la tête, lentement, avec précaution. La chambre est vide, à l'exception d'une silhouette assise près de la fenêtre, droite, rigide, parfaitement immobile.Mon père.Armand Mercier en personne, vêtu d'un costume sombre qui doit coûter plus cher que ce que la plupart des gens gagnent en un mois. Il ne regarde pas dans ma direction. Il fixe la fenêtre, ou plutôt ce qu'il y a au-delà, les toits de la ville, le ciel gris, comme si le spectacle de son fils alité ne méritait pas son attention.— Père.Ma voix est rauque, étranglée. L'eau de mer, sans doute.






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