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LA VISITE À ARMAND

Author: Chrisso
last update publish date: 2026-08-15 03:32:50

CHAPITRE 40 : LA VISITE À ARMAND

Gabriel

La propriété Mercier n'a pas changé.

Les grilles en fer forgé, l'allée de gravier bordée de chênes centenaires, la façade de pierre grise couverte de lierre, tout est exactement comme dans mon souvenir. Comme si le temps s'était arrêté, comme si les sept dernières années n'avaient pas existé. Je gare ma voiture devant le perron, je coupe le moteur, et je reste un moment immobile, les mains crispées sur le volant, le cœur battant à tout rompre.

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    CHAPITRE 43 : LA CHAMBRE D'HÔTELÉliseLa porte de la chambre d'hôtel se referme derrière nous, et le monde extérieur cesse d'exister.Gabriel m'attendait dans le hall du palace, assis dans un fauteuil de velours, un journal déplié sur les genoux. Il ne lisait pas, évidemment. Il guettait mon retour, le visage tendu, les doigts crispés sur le papier. Quand il m'a vue franchir les portes tournantes, il s'est levé d'un bond, a traversé le hall en quelques enjambées, m'a prise dans ses bras sans se soucier des regards indiscrets.— Alors ? a-t-il demandé, le souffle court.— Pas ici. Allons dans un endroit plus discret.Il a compris immédiatement. Nous avons quitté le palace, marché jusqu'à un petit hôtel discret dans une rue perpendiculaire au lac. Il avait réservé une chambre à l'avance, au cas où. Une chambre simple, presque austère, avec un lit à une place, une fenêtre donnant sur une cour intérieure, un papier peint défraîchi. Rien à voir avec le luxe tapageur du palace. Mais c'est

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    CHAPITRE 42 : L'ENTREVUE AVEC LE SERPENTÉliseGenève est une ville magnifique, mais je n'ai pas le cœur à l'admirer.La limousine noire file le long du lac Léman, longe les façades cossues des hôtels particuliers, traverse les rues impeccablement propres de la vieille ville. Le jet d'eau, emblème de Genève, jaillit dans le ciel gris comme une colonne de fumée blanche. Tout est calme, ordonné, parfait. Trop parfait. Comme un décor de théâtre derrière lequel se cachent les pires noirceurs.Armand Mercier m'a convoquée dans un palace, le plus luxueux de la ville. C'est là qu'il réside quand il vient à Genève pour affaires. C'est là qu'il reçoit ses invités, qu'il signe ses contrats, qu'il tisse sa toile de manipulations et de mensonges. C'est là que je vais le rencontrer aujourd'hui, pour la première fois depuis sept ans, pour la première fois depuis qu'il a détruit ma vie.Je suis assise à l'arrière de la limousine, les mains croisées sur les genoux, le regard fixé sur le paysage qui d

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    CHAPITRE 41 : LA PRÉPARATION DU PIÈGEÉliseLe café en face de l'hôpital est devenu notre quartier général.C'est étrange de penser cela. Il y a encore quelques semaines, cet endroit n'était pour moi qu'un lieu de passage, un refuge anonyme où je buvais un café rapide entre deux opérations. Aujourd'hui, c'est ici que se joue le destin de ma famille, de ma mère, de tout ce en quoi je crois. C'est ici que nous préparons, dans l'ombre et le silence, la chute d'Armand Mercier.Je suis assise à notre table habituelle, près de la fenêtre, avec vue sur la rue et l'entrée de l'hôpital. J'aime cette place : elle me permet de voir arriver les gens sans être surprise. Une habitude de chirurgienne, sans doute. Ou peut-être une déformation professionnelle acquise au cours des sept dernières années, à force de me méfier de tout le monde.Claire est arrivée la première, comme toujours. Elle a étalé ses dossiers sur la table, des chemises cartonnées remplies de documents, de photos, de témoignages. E

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    CHAPITRE 40 : LA VISITE À ARMANDGabrielLa propriété Mercier n'a pas changé.Les grilles en fer forgé, l'allée de gravier bordée de chênes centenaires, la façade de pierre grise couverte de lierre, tout est exactement comme dans mon souvenir. Comme si le temps s'était arrêté, comme si les sept dernières années n'avaient pas existé. Je gare ma voiture devant le perron, je coupe le moteur, et je reste un moment immobile, les mains crispées sur le volant, le cœur battant à tout rompre.Je n'ai pas remis les pieds ici depuis le soir où j'ai confronté mon père. Ce soir où il m'a avoué le meurtre de Mathilde Morel, ce soir où il a ri en me voyant vomir à ses pieds, ce soir où il a prononcé ces mots qui me hantent encore : « Si tu t'approches d'elle, je la tue. Comme sa mère. »Aujourd'hui, je reviens. Non pas en fils prodigue, non pas en ennemi déclaré, mais en espion. En taupe. En agent double chargé d'infiltrer la forteresse ennemie.Le plan est simple, du moins en apparence. Élise et mo

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