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Chapitre 396

Author: Léo
last update publish date: 2026-09-06 00:00:58

L’anniversaire d’Owen fut d’abord une idée venue presque par hasard.

Puis Collen comprit que ce serait le cadre parfait.

Owen était l’un de ces enfants autour desquels les adultes acceptent encore de se réunir sans méfiance immédiate. Une fête familiale élargie, légèrement mondaine sans être officielle, suffisait à faire venir Julia, à la mettre en confiance, à lui faire croire qu’elle pouvait encore jouer avec la scène publique — mais cette fois dans un décor choi
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  • Cent nuits au bandeau noir   Chapitre 475

    Théronie était arrivée trop tôt à son rendez-vous. Elle posa son sac contre ses pieds, vérifia l’heure une seconde fois, puis prit le magazine abandonné sur la chaise voisine. Un coin de la couverture avait été plié ; elle le lissa avant d’ouvrir. Elle passa les premières pages sans les lire. Une publicité, des photographies de maisons, un entretien qu’elle commença avant de perdre le fil. À la page suivante, sa main s’arrêta. Collen se tenait près de Mégane, dans une salle éclairée pour une réception. Théronie rapprocha le magazine. Elle reconnut d’abord la bouche, puis la ligne des sourcils, des traits que les années avaient durcis sans les rendre étrangers. Elle baissa les yeux vers la légende pour vérifier ce qu’elle savait déjà. Les deux noms figuraient sous l’image. Mégane souriait à l’objectif. Sa main reposait sur le bras de Collen. Lui regardait un peu de côté, vers quelque chose que le cadrage ne montrait pas. — Madame ? Théronie releva la tête. On l’appelait depui

  • Cent nuits au bandeau noir   Chapitre 474

    Le premier plan fut rejeté parce qu’il ressemblait à un poisson. — Ce n’est pas un poisson. C’est la cuisine. Son frère inclina la tête pour voir autrement. — Alors pourquoi il y a une queue ? — C’est le couloir. Ils examinèrent les deux feuilles posées sur leurs genoux, derrière le tas de bois. À l’abri du regard des adultes, ils avaient décidé de préparer une réunion. La carte devait leur servir à distribuer les places. Elle compliquait surtout les choses. — On prend les chaises. — Il y en a déjà dedans. Le problème fut considéré comme réglé. Restait la question de Collen. Ils avaient compris que le nom faisait changer les conversations. Chantelle quittait parfois la pièce ; les autres baissaient la voix. À l’école, ils apprenaient qu’on pouvait lever la main lorsqu’on ne comprenait pas. À la maison, demander semblait donner davantage de soucis aux adultes. Ils se rendirent d’abord auprès de Stéphane. Il réparait un crochet dans le vestibule. L’un lui tint la boîte pend

  • Cent nuits au bandeau noir   Chapitre 473

    — Elle est à l’envers. — Non. — Regarde l’image. Le garçon baissa les yeux vers son tee-shirt. Le dessin était dans son dos. Il resta un moment silencieux, puis regarda son frère. — C’est pour les gens derrière. Chantelle, qui refermait les sacs d’école, se mordit l’intérieur de la joue. Clarisse eut moins de retenue. — L’argument se tient. — Le vêtement aussi se tiendra mieux à l’endroit, répondit Chantelle. Viens ici. À cinq ans, les jumeaux avaient pris l’habitude de discuter les consignes, surtout lorsqu’ils avaient déjà consacré beaucoup d’efforts à ne pas les suivre. Les chaussures provoquaient encore des négociations. Les sacs, préparés la veille, semblaient contenir chaque matin un objet nouveau dont personne ne connaissait l’origine. Ce jour-là, Chantelle en retira une cuillère. — Pourquoi ? — Pour la maîtresse. — Elle en a. — Tu n’as pas demandé. Elle posa la cuillère sur la table et prit une inspiration. Hélène intervint depuis la porte. — Vous lui demandere

  • Cent nuits au bandeau noir   Chapitre 472

    — Vous pouvez me le redire ? Le médecin se tut un instant, puis reprit les résultats avec elle. Mégane l’écoutait les mains fermées sur les anses de son sac. Elle connaissait déjà les mots. Ce qu’elle attendait, sans se l’avouer, était une nuance qu’il aurait oubliée, une phrase capable de rouvrir ce qu’il venait de fermer. Il n’y en eut pas. Les examens confirmaient qu’elle ne pourrait pas porter l’enfant qu’elle avait commencé à promettre autour d’elle. — Un autre avis ? demanda-t-elle. — Vous pouvez bien sûr le demander. Je vous transmettrai le dossier complet. Elle acquiesça. L’homme ajouta quelque chose sur l’accompagnement qu’on pouvait lui proposer. Elle entendit seulement le froissement de la feuille qu’il détachait pour elle. — Je peux avoir les résultats aujourd’hui ? Il lui tendit la chemise. Dans l’ascenseur, elle la serra contre elle. Un couple entra à l’étage inférieur ; la femme posa machinalement la main sur son ventre. Mégane regarda les portes jusqu’à leur

  • Cent nuits au bandeau noir   Chapitre 471

    La chaussure de Stéphane était dans la marmite. Il la regarda, puis regarda Chantelle, qui tenait un enfant sous chaque bras. — Je suppose qu’il y a une explication. — Il y en a même deux. Aucune ne parle pour le moment. Les garçons avaient deux ans. L’un se débattait pour rejoindre la marmite ; l’autre, parfaitement immobile, examinait le plafond avec un intérêt suspect. Chantelle les reposa sur le tapis et s’accroupit devant eux. — Les chaussures ne vont pas dans les casseroles. — Soupe, annonça celui au pantalon rouge. Son frère approuva. Stéphane récupéra sa chaussure. — Je préfère vous prévenir : ce sera long à cuire. Hélène se mit à rire depuis la table où elle triait du linge. Chantelle se retourna vers elle et oublia un instant ce qu’elle voulait ajouter. Sa mère avait posé le vêtement qu’elle tenait ; son rire lui avait pris tout le visage. Les enfants profitèrent de cette interruption pour retourner vers la cuisine. — Non. Le tapis, répéta Chantelle. Ils s’arrê

  • Cent nuits au bandeau noir   Chapitre 470

    Un an après. Nathan avait noué sa cravate trop court. Manon le regarda dans le miroir, attendit qu’il s’en aperçoive, puis finit par se retourner. — Tu vas la garder comme ça ? Il baissa les yeux. — Je pensais que la veste cacherait. — Approche. Elle défit le nœud. Il se laissa faire, les mains immobiles de chaque côté de son corps. La chambre était petite ; ils devaient se déplacer de concert pour ne pas heurter le pied du lit. Un an après leur arrivée au village, ils avaient choisi de se marier. La décision avait précédé les démarches de plusieurs semaines. Il avait fallu trouver une date, réunir les pièces, vérifier le dossier de la précédente union de Manon. Elle avait craint que le passé ne trouve encore un moyen d’entrer dans cette journée. Quand l’officiante avait confirmé que tout était prêt, elle avait demandé qu’on le lui répète. Nathan ne s’en était pas moqué. — Tu la serres ? demanda-t-il. — Je la noue. Ne bouge pas. Elle ajusta le tissu, recula et lissa les r

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