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Chapitre 6 : Secrets dans le bureau

Autor: Phénix Noir
last update Última atualização: 2025-10-24 23:33:10

Chapitre 6 Secrets dans le bureau

L’odeur beurrée des croissants chauds et du bacon qui grésillait flottait encore dans l’air, mais l’estomac d’Aurore se tordait de nœuds. Le soleil inondait les fenêtres d’une lumière douce et dorée, peignant tout d’un halo parfait et paisible qui semblait un mensonge.

Pendant peut‑être trente secondes, après ce bref somme agité, elle s’était laissée croire que tout allait bien.

Puis la réalité l’a rattrapée.

Son esprit ne se taisait pas. Les pensées se bousculaient les unes les autres. L’enlèvement, les mains de Xavier sur sa peau, la façon dont il était parti quatre ans plus tôt sans un mot. En boucle jusqu’à lui donner envie de hurler.

Elle donna un coup de pied dans les draps, frustrée. Le repos était impossible. Pas avec ces minuscules caméras nichées dans les coins. Elle en avait compté cinq hier. Dieu sait combien elle en avait ratées. Pas quand elle était piégée dans son monde, à sa merci, sans idée de ce qu’il préparait ni pourquoi il la gardait vraiment ici.

La chambre était superbe. Rideaux en velours, tapis épais, meubles sans doute hors de prix. Mais le luxe n’équivalait pas à la sécurité. Les jolies cages restaient des cages.

Elle avait passé le téléphone jetable que Xavier lui avait donné des centaines de fois. Vide comme une page blanche. Elle avait appelé sa mère et Natacha. Natacha avait promis d’envoyer des détails sur cette photo à son adresse mail dès qu’Aurore aurait accès à un ordinateur.

Mais rester assise ici à attendre ? Pendant que Xavier Rossetti décidait de son sort ?

Absolument pas.

Elle avait besoin de réponses. Et cette pièce n’en contenait aucune.

Aurore balança ses jambes hors du lit et marcha pieds nus jusqu’à la porte. Son cœur battait contre ses côtes.

Elle tourna la poignée lentement, à moitié convaincue qu’elle serait verrouillée.

Elle ne l’était pas.

Le couloir s’étendait devant elle, vide et silencieux. Trop silencieux. Ce genre de calme qui ressemble à une respiration retenue. Des caméras de sécurité clignotaient en rouge dans les coins, traquant chacun de ses pas.

La première porte à gauche. Verrouillée.

La seconde. Verrouillée elle aussi.

Ses paumes commençaient à transpirer. À tout instant, un des vigiles de Xavier pourrait surgir et la ramener.

La dernière porte, au bout du couloir, céda sous sa main.

Elle l’ouvrit doucement. Un bureau aux lambris de bois, des bibliothèques du sol au plafond, et l’odeur du cuir et du vieux papier. Magnifique, dans ce style intimidant de vieille richesse.

Elle glissa à l’intérieur et referma la porte derrière elle, le cœur battant à tout rompre.

La pièce était impeccable. Tout était à sa place. Un grand bureau en chêne dominait le centre, sa surface presque nue, sauf pour…

Aurore s’immobilisa.

Un cadre photo reposait dans un coin du bureau. Xavier en costume sombre, souriant — réellement souriant. À côté de lui, une femme. Époustouflante. Cheveux blonds comme de l’or filé, yeux bleus, vêtue d’une robe blanche et portant une bague en diamant qui brillait comme un soleil.

Photo de mariage.

Le sol se déroba. La main d’Aurore se jeta sur le bureau, l’autre se porta à sa bouche.

«Il est marié,» murmura‑t‑elle. Puis plus fort : «Il est foutrement marié.»

Chaque baiser se rejoua dans sa tête. Chaque toucher. La façon dont il l’avait regardée, la chaleur dans ces yeux verts. La façon dont son corps avait répondu comme si elle n’avait aucune dignité.

«Putain, Xavier.» Sa voix se brisa. «Putain pour m’avoir fait ressentir…»

Elle n’arriva pas à finir. Des larmes piquèrent derrière ses yeux, mais elle refusa de les laisser couler. Elle ne pleurerait pas pour lui. Pas une seconde fois.

Reprends‑toi, Aurore. Tu n’es pas sa petite amie. Tu es quoi alors? Prisonnière? Projet? Simple passe‑temps?

«Idiote,» marmonna‑t‑elle en s’essuyant rudement les yeux. «Il t’a sauvée. Ou enlevée. Dans tous les cas, tu ne vaux rien pour lui. Tu n’as jamais compté.»

Cette pensée, froide et tranchante comme un couteau, lui clarifia l’esprit. D’accord. Elle n’était pas là pour l’amour. Elle était là parce que… en fait, elle ne savait toujours pas pourquoi. Mais elle pouvait très bien essayer de le découvrir.

Aurore commença à ouvrir les tiroirs. Les premiers contenaient le matériel de bureau habituel. Stylos, trombones, une agrafeuse qui valait sans doute plus que le loyer de beaucoup. Mais le tiroir inférieur droit coinçait un peu, comme si quelque chose y était coincé.

Elle tira plus fort.

Des papiers. Une liasse entière, planquée comme si quelqu’un avait voulu les cacher sans les détruire.

Ses mains tremblaient en les tirant. Documents juridiques. Relevés financiers. Et…

Son souffle se coupa.

Elle s’effondra dans le fauteuil en cuir, son cerveau de journaliste cataloguant les détails pendant que ses mains tremblaient. Noms. Dates. Transactions. Factures de compagnies maritimes, projets d’hôtellerie, sociétés d’import‑export.

Elle feuilletta d’autres pages. Virements bancaires. Paiements réguliers, mêmes montants, mêmes intervalles.

Et puis, sur une autre page, une note : Projet Phoenix — Paiement final — CLASSIFIÉ.

Phoenix. Xavier l’avait appelée ainsi ce matin.

Coincidence?

Ses mains tremblaient si fort qu’elle peinait à tenir les papiers. Elle attrapa son téléphone et commença à tout photographier. Les calendriers de paiements. Les itinéraires des transferts. Les noms. Les sociétés.

Elle manqua presque un détail. Une petite enveloppe glissée entre deux feuilles, non scellée. À l’intérieur, une seule photo. Vieillie, jaunie. Une femme blonde tenant un tout‑petit. Tous deux souriants.

La même photo que dans l’email anonyme, floue et ancienne.

Et au dos, écrit à l’encre pâlie : Mancini 1998. Il y avait quelques autres photos d’hommes en réunion, d’autres lors d’une fête. Certains visages revenaient dans plusieurs clichés.

Pourquoi Xavier garderait‑il ça dans un tiroir non verrouillé ? À moins que…

Clic.

Le bruit d’une porte qui s’ouvre quelque part en bas. Des pas lourds sur le parquet.

Merde.

Le cœur d’Aurore bondit dans sa gorge. Elle bafouilla avec son téléphone, prenant des clichés aussi vite que possible, les mains tremblantes. Les pas se rapprochaient. Ils montaient vers l’escalier.

Elle remit les papiers dans le tiroir, tentant de donner l’impression qu’ils n’avaient pas été dérangés. Les photos n’étaient pas parfaites, certaines floues, mais ça suffirait.

Elle hésita, puis glissa quelques‑unes dans sa poche.

Elle s’élança vers la porte, la déverrouilla aussi doucement que possible et se glissa dans le couloir.

Les pas étaient arrivés au palier.

Bouge, Aurore. Bouge !

Elle fila sur la pointe des pieds, son pouls résonnant si fort dans ses oreilles qu’on aurait dit des tambours. Sa chambre était là, si proche, encore quelques pas…

Une violente douleur explosa à la base de son crâne. Aiguë et soudaine, celle qui brouille la vue. Stress ou tension artérielle.

Plus tard. Bouge maintenant, la crise de santé attendra.

Sa main se referma sur la poignée de sa porte. Elle la tourna et poussa…

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