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Chapitre 5 : La garder près de soi, c’est saigner

Penulis: Phénix Noir
last update Terakhir Diperbarui: 2025-10-23 19:18:54

Quelques hommes de Xavier attendaient dehors lorsque Xavier et Arturo sortirent de la planque. Les hommes se mirent rapidement en rang, traînant derrière eux comme des ombres. La brise printanière, fraîche et piquante sur le visage de Xavier, ne calmait en rien ses émotions en ébullition. Le silence pesant d’Arturo alourdissait l’air, tirant son humeur vers le bas à chaque pas.

«Crache‑le,» maugréa Xavier en traversant le gravier vers la voiture en attente.

Arturo ne dit rien.

Le chauffeur ouvrit la portière, et les deux hommes montèrent.

Arturo glissa aussitôt un mince papier plié vers Xavier. Il l’ouvrit d’un coup, et sa mâchoire se contracta, une veine palpitant à sa tempe.

TU AS APPORTÉ LE FEU SOUS TON TOIT. GARDE-LA PRÈS ET TU VERRAS TON SANG.

«Qu’est‑ce que ça veut dire?» Xavier agita le papier vers Arturo.

«Je ne suis pas encore sûr, Patron. Mais c’est évident à qui ça s’adresse.» Les yeux d’Arturo, perçants, étaient dépourvus d’émotion.

«Je suppose qu’il n’y a aucune preuve pour identifier l’expéditeur?» Xavier fixa le billet comme s’il voulait en tirer des réponses.

«Rien. Aucun expéditeur. Aucune piste. Il a été trouvé coincé sous l’essuie‑glace de ma voiture. Pourtant aucune caméra ni garde n’a vu personne près du véhicule.» Le ton d’Arturo était sec. «Celui qui l’a laissé savait comment nous contourner.»

«Ou c’est l’un d’entre nous,» observa Xavier. Il froissa le papier et le lança. Il atterrit sur la vitre avant de tomber. Arturo le ramassa et le glissa dans sa poche.

«Bon sang!» La tête de Xavier menaçait d’exploser. Il massait la veine battante à sa tempe.

«Il est grand temps que tu te fasses examiner, tu sais, » dit Arturo à voix basse. « Tu n’es plus un enfant. Ta santé est primordiale.»

Xavier l’ignora. «Trouve d’où ça vient. Je veux savoir qui l’a envoyé et ce que ça signifie. Avant qu’on nous surprenne.»

«Xav, va voir ton médecin. Tout ça ne servira à rien si tu meurs pour une cause évitable.»

La voix du chauffeur résonna dans les haut‑parleurs. «Nous sommes arrivés, Monsieur Rossetti.»

Les deux hommes descendirent et prirent l’ascenseur jusqu’au penthouse où se trouvait le bureau de Xavier.

«Une chose encore. Je veux que tu fouilles tout ce qui concerne Aurore. Chaque détail. Ne laisse aucune pierre non retournée, Arturo.» Xavier ouvrit son tiroir et sortit une bouteille de médicaments, avalant des pilules. Arturo lui tendit de l’eau.

Le téléphone de Xavier vibra sur son bureau en acajou. Il regarda l’écran et soupira, puis fixa les baies vitrées du sol au plafond. Il se tapa la tempe, grimaçant quand la lumière du soleil ricocha sur le verre. Le téléphone continua de vibrer. Les yeux d’Arturo passèrent de son patron à l’appareil, mais il ne dit rien. Xavier serra et desserra le poing avant de finir par glisser pour décrocher.

«Zosia,» murmura‑t‑il, toujours tourné vers la vue du matin.

«Occupé?» Sa voix glissa sur la ligne, glaciale et basse, teintée de suspicion.

Les yeux de Xavier se plissèrent. «Je gère des affaires. Que veux‑tu?»

Un silence. Puis le bruit feutré de glaçons frappant un verre. Xavier regarda sa montre. 11 h 09.

«Mon chéri,» ronronna‑t‑elle. «J’espère que tu ne recueilles pas des vagabonds de nouveau dans tes petits refuges?»

Xavier soupira, allongeant ses longues jambes, les yeux fermés. «Continue de renifler, Zosia. Maintenant, si tu veux bien, j’ai des choses plus urgentes à faire.»

«Oh, ça m’ennuie, Xavier.» La douceur de sa voix se mua en acier. «Je te connais. Je connais chacun de tes mouvements, cher mari. Alors je repose ma question : qui est cette femme?»

La tête de Xavier se transforma en migraine. Il massa sa tempe et souffla sèchement : « Zosia, je suis sûr que tes informateurs te mettent au courant de ce détail mineur. Maintenant, va t’occuper. J’ai du travail. »

«Oh, une chose encore.» Sa voix prit un ton presque enjoué. «Un petit incident m’a intriguée hier. Je suis tombée sur un vieux nom qui m’a fascinée. Mancini. Ça te dit quelque chose ? Je me suis dit que tu trouverais ça aussi intéressant, Monsieur Rossetti.»

La ligne se coupa.

Xavier jeta son téléphone sur le bureau, le visage de pierre.

«Avec qui la Reine de Glace traîne‑t‑elle?» souffla Arturo à mi‑voix.

«Trouve la source qui alimente Zosia et fais taire cette source. ASAP.» La voix de Xavier était froide.

Arturo hocha la tête. «Déjà lancé.»

«Et puis, trouve tout ce que tu peux sur l’affaire Mancini. Que s’est‑il vraiment passé cette année‑là? Pourquoi ça ressurgit maintenant ? » Xavier se pencha en avant. «Je veux chaque détail, et je les veux pour hier.»

«Et cette podcasteuse? Celle qui fouille les vieilles affaires?» demanda Arturo prudemment.

Le visage de Xavier s’assombrit. «Quelle podcasteuse?»

«Réa Brun. True crime. Elle tourne autour de la famille Rossetti depuis des semaines. Son dernier épisode laissait entendre des familles mafieuses puissantes et des affaires enterrées.» Arturo sortit son téléphone. «Je la surveille. Elle est bonne. Méticuleuse. Et elle s’approche trop près de ce qui doit rester enterré.»

L’esprit de Xavier s’emballa. Une podcasteuse qui enquête sur les Rossetti. Zosia qui mentionne les Mancini. Aurore enlevée par des pros attendant un acheteur. La note menaçante parlant de feu sous son toit.

«Lance sa diffusion. Je veux entendre ce qu’elle dit.»

Arturo lança l’épisode le plus récent sur son téléphone. La voix d’une femme emplit le bureau — calme, menaçante, précise.

«…Il y a une piste froide qui nous mène à l’une des familles mafieuses les plus puissantes d’Amérique. Ils l’ont enterrée comme ils ont enterré l’homme, mais nous ravivons les cendres enfouies, mes amis…»

Xavier écouta, impassible. La voix était modifiée, modulée, mais il y avait quelque chose dans la cadence, dans le soin des mots.

«Identifie‑la,» dit‑il d’une voix basse. «Son identité réelle. D’où elle opère. Qui sont ses sources.»

«J’y bosse déjà.» Arturo marqua une pause. «Elle est précautionneuse. Multicouches d’encryptage, VPN, serveurs anonymes. Mais tout le monde finit par faire une erreur.»

«Que veux‑tu que je fasse quand on la trouvera?» demanda Arturo en se levant.

Xavier resta silencieux un instant. « Rien. Pas encore. Si elle fouille l’affaire Mancini, elle pourrait nous mener à celui qui remue les vieux fantômes.» Il regarda Arturo. «Mais garde‑la à l’œil. Je veux savoir ce qu’elle sait avant qu’elle ne le diffuse.»

Arturo hocha la tête et se dirigea vers la porte.

«Et Arturo?» Arturo se retourna. Les yeux de Xavier étaient durs. «Garde ton enquête sur Aurore objective. Je veux des faits, pas des impressions.»

La bouche d’Arturo esquissa un tressaillement. «Pourquoi tu t’inquiètes, Patron?»

«Parce que cette note dit que la garder près te fera saigner. » La voix de Xavier s’abattit. « Je dois savoir si c’est un avertissement ou une menace. Si c’est une victime ou un appât.»

«Et si c’est un appât?»

Xavier ne répondit pas tout de suite. Quand il parla, sa voix était glaciale. «Alors quelqu’un va saigner. Juste pas moi.»

Arturo fit un salut moqueur et referma la porte.

Seul, Xavier resta debout à la fenêtre, regardant la ville qui s’étendait en dessous. Quelque part, quelqu’un jouait une partie avec des pièces qu’il ne comprenait pas entièrement.

Aurore. Les Mancini. Cette podcasteuse. L’intérêt soudain de Zosia. La faille dans sa sécurité.

Tout était lié. Ils devaient l’être.

Il n’avait plus qu’à comprendre comment avant que le feu sous son toit ne tout consume.

Son téléphone vibra de nouveau. Un texto d’un numéro inconnu.

LA PHÉNIX NE T’APPARTIENT PAS. RENDS‑LA AVANT DE TOUT PERDRE.

Xavier fixa le message. Phénix. Le surnom qu’il avait donné à Aurore ce matin et depuis des années.

Le même mot que dans la note menaçante.

Quelqu’un observait. Quelqu’un savait.

Et ils voulaient Aurore de retour.

Sur son cadavre, plutôt.

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