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CHAPITRE 114 : Les exercices

Autor: L'encre
last update Fecha de publicación: 2026-06-03 15:19:12

Le premier soir, nous nous assîmes sur le canapé, face à face.

Un cahier posé sur nos genoux, un stylo à la main. La lumière de la lampe était douce. La maison était calme.

– À toi, dit Julien.

– Non. À toi.

– J’ai peur.

– Moi aussi.

– Je vais dire des banalités.

– Dis-les quand même.

Il réfléchit. Il griffonna quelques mots sur son cahier.

– Un, dit-il. J’aime la façon dont tu ris. Ce rire qui part de tes yeux avant d’arriver à ta bouche.

– C’est vrai ?

– C’est vrai.

– Deux, continua-t-il. J’a
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  • Cœur Sous Contrat   CHAPITRE 126 : L’histoire

    Henri but une longue gorgée de thé. Ses mains tremblaient. Il posa la tasse sur la soucoupe avec précaution, comme s’il avait peur de la briser.– Je ne sais pas par où commencer, dit-il.– Par le début, répondis-je.– Le début, c’est ta mère. Je l’ai rencontrée dans un café, à Paris. Elle était serveuse. Moi, j’étais client. Je suis tombé amoureux de son sourire, de ses yeux, de sa façon de marcher.– Je ne veux pas entendre l’histoire d’amour. Je veux savoir pourquoi tu n’étais pas là.Il baissa la tête.– Ta mère est partie sans me dire qu’elle était enceinte. Elle m’a quitté du jour au lendemain, sans explication. J’ai cherché. J’ai appelé. J’ai envoyé des lettres. Rien. Elle avait disparu.– Pourquoi elle est partie ?– Parce qu’elle avait peur. De moi, peut-être. De ma famille. De mon monde. Les Delaunay sont… comment dire… une famille compliquée.– Compliquée ?– Riche. Orgueilleuse. Dangereuse. Mon père n’aurait jamais accepté qu’il épouse une serveuse. Ta mère l’a compris ava

  • Cœur Sous Contrat   CHAPITRE 125 : La rencontre

    Il alla à la cuisine, prépara le thé. Ses mains tremblaient. Il renversa un peu d’eau sur le plateau. Julien se leva pour l’aider, mais Henri refusa.– Je dois le faire moi-même, dit-il.Il revint avec le plateau, posa les tasses devant nous.– Merci, dis-je.– Merci d’être venue.Il s’assit en face de moi. Ses yeux ne me quittaient pas.– Tu ressembles à ta mère, dit-il. Mais en plus belle.– Je ressemble à toi, aussi.– Tu crois ?– J’ai tes yeux.Il sourit. Un sourire triste, fatigué.– Oui, dit-il. Tu as mes yeux.Il but une gorgée de thé. Sa main tremblait.– Je ne sais pas par où commencer, dit-il.– Par le début.– Le début, c’est ta mère. Je l’ai aimée. Je l’aime encore. Mais j’étais jeune, stupide, égoïste. Je ne savais pas aimer.– Elle est partie sans te dire qu’elle était enceinte.– Oui. Je ne l’ai su que récemment. Si j’avais su… tout aurait été différent.– Tu aurais voulu de moi ?– J’aurais voulu tout. Te voir grandir, te connaître, t’aimer.– Pourquoi tu ne m’as pas

  • Cœur Sous Contrat   CHAPITRE 124 : La lettre de mon père

    La lettre arriva deux jours plus tard.Ma mère avait tenu sa promesse – elle me l’avait envoyée par courrier recommandé, dans une enveloppe blanche, propre, sans fioritures. Mon nom était écrit en lettres manuscrites, une écriture inconnue, élégante, un peu tremblante.Je la tins un long moment dans mes mains, sans l’ouvrir.– Tu as peur ? demanda Julien.– Oui.– De quoi ?– De ce qu’elle va dire. De ce qu’elle ne va pas dire. De la vérité.– Tu veux que je l’ouvre ?– Non. C’est à moi.Je déchirai l’enveloppe.Le papier était épais, de qualité, un peu jauni. L’écriture était fine, appliquée, comme celle d’un homme qui n’écrit plus souvent.« Ma chère Léa,Je ne sais pas par où commencer. Je ne sais pas quels mots employer. Je ne sais pas si tu voudras me lire. Mais je dois essayer.Je m’appelle Henri Delaunay. Je suis ton père.J’aurais dû être là. J’aurais dû savoir. J’aurais dû chercher. Je ne l’ai pas fait. Et je le regrette chaque jour.Ta mère est partie sans me dire qu’elle ét

  • Cœur Sous Contrat   CHAPITRE 123 : La colère

    – Protégée de quoi ?– De lui. De sa famille. De son monde.– Tu veux en parler ?– Non. Je veux qu’elle disparaisse.– Elle disparaîtra.– Tu crois ?– Je le sais.Il me prit dans ses bras. Je me blottis contre lui.– Je déteste mentir, dis-je. Et elle m’a menti toute ma vie.– Je sais.– Pourquoi les gens mentent ?– Parce qu’ils ont peur. Parce qu’ils croient bien faire. Parce qu’ils ne savent pas quoi faire d’autre.– Toi aussi, tu as menti.– Oui. Et je regrette.– Moi, je regrette de ne pas avoir posé plus de questions. De ne pas avoir cherché. De ne pas avoir su.– Ce n’est pas ta faute.– Je sais. Mais ça fait mal quand même.– Je sais.Il me caressa les cheveux.– Tu veux le voir ? demanda-t-il.– Qui ?– Ton père. Henri Delaunay.– Je ne sais pas.– Tu as le temps de réfléchir.– Et s’il ne veut pas de moi ?– Il voudra.– Tu ne peux pas le savoir.– Je le sens.– Tu sens tout, toi.– Je sens ce qui est important.Il sourit. Je souris faiblement.– Je t’aime, Léa.– Je t’aim

  • Cœur Sous Contrat   CHAPITRE 122 : Le choc

    Julien rentra tard, ce soir-là.Je n’avais pas bougé du canapé. La photo était toujours posée sur la table basse. Mon thé était froid. La nuit était tombée.– Léa ? appela-t-il. Tu as la lumière éteinte.– Je suis là.– Ça va ?– Non.Il alluma la lampe. Il me vit, blanche, figée, les yeux rouges.– Qu’est-ce qui s’est passé ?– Ma mère est venue.– Ta mère ?– Elle m’a dit que mon père n’est pas mort. Il est vivant. Il est riche. Il s’appelle Henri Delaunay.Julien s’assit à côté de moi. Il prit la photo, la regarda.– Il te ressemble, dit-il.– C’est mon père.– Tu ne le connaissais pas ?– Je pensais qu’il était mort. Elle m’a menti toute ma vie.– Pourquoi ?– Elle dit qu’il m’a abandonnée. Qu’il ne voulait pas de moi. Qu’elle avait honte.– Honte de quoi ?– D’avoir cru en lui.Julien posa la photo. Il prit ma main.– Tu veux le rencontrer ? demanda-t-il.– Je ne sais pas.– Tu as le droit de savoir.– Et s’il ne veut pas de moi ?– Il voudra. Tu es sa fille.– Tu ne peux pas le

  • Cœur Sous Contrat   CHAPITRE 121 : La visite de ma mère

    Je ne l’avais pas vue depuis des années.Pas depuis l’autel vide. Pas depuis le scandale. Pas depuis le mariage. Elle m’avait appelée, quelques fois, au début. Mais ses messages étaient froids, distants. Elle me demandait si j’avais honte, si je regrettais, si j’allais enfin me ranger. J’avais arrêté de répondre.Et voilà qu’elle sonnait à ma porte.C’était un mardi après-midi. Je me reposais sur le canapé, les pieds en l’air, un livre sur le ventre. La sonnette retentit. Je pensai que c’était le facteur, ou Sophie, ou une élève. J’ouvris.Ma mère était là.Elle avait vieilli. Ses cheveux étaient plus gris, ses rides plus profondes, ses yeux plus fatigués. Elle portait un manteau bleu, une écharpe de soie, des chaussures solides. Elle sentait le parfum bon marché, celui qu’elle portait depuis toujours.– Léa, dit-elle.– Maman.– Je peux entrer ?– Pourquoi es-tu là ?– Pour te voir. Pour te parler.– On n’a rien à se dire.– Si. Beaucoup de choses.Je restai un instant figée sur le s

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