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CHAPITRE 13 : Le contrat

ผู้เขียน: L'encre
last update วันที่เผยแพร่: 2026-04-21 14:14:12

Je pris le contrat entre mes doigts tremblants.

Quatre pages. Quatre pages de jargon juridique, de clauses, de paragraphes numérotés, de lettres minuscules que j’aurais dû lire avec attention. Mais je ne voyais que le chiffre, en bas de la première page, écrit en gras.

15 000 euros.

Pour une nuit.

La salive sécha dans ma bouche. Quinze mille euros. C’était plus que ce que j’avais gagné en six mois de piges. C’était l’héritage de grand-mère qui fondait d’un coup, en une seule soirée. C’était la maison que je n’achèterais pas, le voyage que je ne ferais pas, la sécurité que je sacrifiais sur l’autel de la vengeance.

Je relevai les yeux vers lui. Il était calmement en train de commander un café noir au serveur, comme s’il venait de parler de la pluie et du beau temps.

– C’est une blague ? soufflai-je.

Julien ne sourit pas. Il attendit que le serveur s’éloigne, puis il se tourna vers moi.

– Ce n’est pas une nuit, dit-il. C’est une prestation sur mesure. Je ne serai pas seulement votre cavalier. Je serai votre partenaire de jeu, votre faire-valoir, votre arme secrète. Je m’adapterai à vos besoins. Je ferai sourire les photographes, danser vos ennemis, briller vos amis. Et je disparaîtrai à la fin, sans laisser de trace.

Il marqua une pause, but une gorgée de son café noir, me regarda par-dessus sa tasse.

– Quinze mille euros, c’est le prix de l’oubli.

– L’oubli ?

– Vous voulez oublier que vous avez besoin de moi, n’est-ce pas ? Alors je dois être inoubliable. Sinon, à quoi bon ?

Il avait raison. Je le détestai pour ça.

– Je ne peux pas payer ça, mentis-je. Je suis pigiste.

– Votre héritage dit le contraire.

Je sursautai. Mes doigts se crispèrent sur le contrat.

– Vous avez enquêté sur moi ?

– Agathe m’a transmis votre dossier. Je vérifie toujours qui sont mes clientes. Par sécurité. Mais aussi par curiosité.

Il posa sa tasse et se pencha légèrement vers moi. Son regard doré plongea dans le mien, et je sentis mon cœur s’emballer.

– Je sais que vous avez été abandonnée devant l’autel, il y a un an, par un certain Thomas Leroi. Je sais qu’il est maintenant marié à une certaine Claire Delmont, et qu’ils ont un fils de huit mois. Je sais que vous n’êtes pas sortie de chez vous pendant six mois. Et je sais que vous avez écrit un article magnifique sur la résilience, il y a trois semaines, que personne n’a lu parce que vous l’avez publié sous pseudonyme.

J’ouvris la bouche, la refermai. Aucun son ne sortit.

– Comment… comment savez-vous pour l’article ?

– Je vous l’ai dit : je suis curieux.

Il se recula, me laissant reprendre mon souffle. Le serveur passa, déposa une carafe d’eau. Je ne la vis même pas.

– Vous, Léa Bennett, vous êtes une femme bien plus intéressante que vous ne voulez le croire, reprit Julien. C’est pour ça que j’ai accepté ce rendez-vous. D’habitude, je refuse neuf demandes sur dix.

– Je suis censée me sentir honorée ?

– Non. Vous êtes censée vous sentir comprise. Et peut-être un peu moins seule.

Le silence s’installa. Les bruits du café – les tasses qui s’entrechoquent, les rires des autres clients, le grésillement de la machine à expresso – semblèrent s’éloigner, comme si nous étions soudain dans une bulle, tous les deux, seuls au monde.

– Pourquoi vous faites ce métier ? demandai-je, plus bas que je ne l’aurais voulu.

– Parce que je suis bon dans ce que je fais, répondit-il. Et parce que j’aime aider les gens à se réinventer. C’est plus honnête que la plupart des métiers que j’ai faits avant.

– Lesquels ?

– Ça, c’est une autre histoire. Et elle ne fait pas partie du contrat.

Il poussa le contrat vers moi.

– Lisez les clauses. Prenez votre temps. Si vous acceptez, on se revoit dans trois jours pour signer. Si vous refusez, vous oubliez mon visage et je ne vous recontacterai jamais.

Je pris le document. Mes doigts tremblaient.

– Une dernière chose, dit Julien en se levant.

Je levai les yeux vers lui.

– Oui ?

Il m’adressa un sourire – le premier vrai sourire, pas celui de façade – et ses yeux noisette s’illuminèrent d’une malice dangereuse.

– Ne tombez pas amoureuse de moi. C’est la clause numéro sept.

Il tourna les talons et disparut dans la rue, avalé par la foule.

Je restai là, assise, le contrat à la main, à regarder la place vide qu’il avait laissée.

Qui est cet homme ?

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