LOGINCette nuit-là, nous nous endormîmes enlacés. Pour la millième fois. Pour la énième fois. Pour la dernière fois, peut-être. Mais nous étions ensemble. Et c’était tout ce qui comptait.***Le matin se leva, doux et doré.Les oiseaux chantaient, les fleurs s’ouvraient, la vie continuait. Julien dormait encore, son visage apaisé, ses cheveux blancs éparpillés sur l’oreiller. Je le regardai longtemps.Je pensai à tout ce que nous avions traversé. L’autel vide, les nuits de larmes, les jours de pyjama. Le contrat, le gigolo, les mensonges. Les scandales, les insultes, les menaces. Les disputes, les séparations, les retrouvailles. Les enfants, les maisons, les livres. Les voyages, les rires, les larmes.Tout cela m’avait menée ici. Dans cette chambre. Dans ce lit. À côté de cet homme.– Je t’aime, Julien.Il ne répondit pas. Il dormait.Je me levai doucement, pour ne pas le réveiller. Je m’habillai, descendis à la cuisine. Je préparai du café. Le bruit de l’eau qui coule, du grain qui moud,
– Celle-ci, je la tiendrai.– Comment ?– En restant. En aimant. En ne partant pas.– C’est la même chose.– Non. C’est différent.Il sourit. Je souris.Nous rentrâmes. La maison était chaude, accueillante, pleine de souvenirs. Nous nous préparâmes pour la nuit.– Tu veux qu’on fasse l’amour ? demanda-t-il.– On est fatigués.– On est amoureux. C’est plus fort.– C’est plus fatiguant.– C’est plus beau.– C’est la même chose.– Non. C’est différent.– Pourquoi ?– Parce que la fatigue, c’est le corps. La beauté, c’est l’âme.– Et notre âme, elle est belle ?– Elle est aimante.– C’est bien.– C’est notre vie.Nous fîmes l’amour. Lentement. Doucement. Avec la tendresse des vieux amants qui se savent éternels.– Je t’aime, Léa.– Je t’aime, Julien.– On a de la chance.– On s’est battus.– On a gagné.– On a survécu.– C’est la même chose.– Non. C’est différent.– On a trois enfants.– On a tout.– On a tout.– La plus belle famille.– La nôtre.Il m’embrassa. Je me blottis contre lui.
– Je suis ton mari. C’est mon rôle.– Ton rôle, c’est de m’aimer.– C’est ce que je fais.– Et de me retrouver.– C’est ce que j’essaie.– Tu réussiras.– Tant mieux.Il m’embrassa. Je me blottis contre lui.– Je t’aime, Julien.– Je t’aime, Léa.– À la prochaine vie.– À la prochaine vie.– On se retrouvera.– On se retrouvera.– C’est promis ?– C’est promis.– Tes promesses…– Celle-ci, je la tiendrai.– Comment ?– En te cherchant. En te trouvant. En t’aimant.– C’est la même chose.– Non. C’est différent.– Pourquoi ?– Parce que chercher, c’est partir. Trouver, c’est arriver. Aimer, c’est rester.– Et toi, tu restes ?– Je reste.– Avec moi ?– Avec toi.– Pour toujours ?– Pour toujours.– Tu promets ?– Je promets.– Tes promesses…– Celle-ci, je la tiendrai.– Comment ?– En restant. En aimant. En ne partant pas.– C’est la même chose.– Non. C’est différent.Il sourit. Je souris.Nous restâmes au lit jusqu’à midi. À nous promettre. À nous aimer. À nous dire au revoir, même s
Le lendemain matin, le soleil se leva sur le jardin. Les oiseaux chantaient, les fleurs s’ouvraient, la vie continuait. Julien dormait encore, son visage apaisé, ses cheveux blancs éparpillés sur l’oreiller. Je le regardai longtemps.Il avait les mêmes yeux, quand il les ouvrait. Les mêmes yeux noisette, brillants, pleins d’amour. Les mêmes mains, fines, noueuses, mais chaudes. Le même cœur, fatigué mais vaillant. Il était là. Il était vivant. Il était à moi.– Tu me regardes dormir ? demanda-t-il, les yeux encore fermés.– Oui.– C’est creepy.– Je sais.– Tu as bien dormi ?– Un peu.– Moi aussi.– On est vieux.– On est vivants.– C’est la même chose.– Non. C’est différent.– Pourquoi ?– Parce que la vieillesse, c’est le temps. La vie, c’est l’énergie.– Et notre énergie, elle est là ?– Elle est là. Juste assez pour t’aimer.– C’est bien.– C’est notre vie.Il ouvrit les yeux. Il me regarda.– Tu veux qu’on reste au lit ? demanda-t-il.– Toute la journée ?– Toute la journée.–
Nos mouvements étaient lents, hésitants. Nos corps n’étaient plus ceux d’avant. Ils avaient vieilli, fatigué, souffert. Mais ils étaient là. Ils étaient ensemble. Ils s’aimaient.– Tu te souviens de notre première danse ? murmura-t-il.– Le Domaine Kensington.– Tu avais peur.– Toi aussi.– Tu cachais bien ton jeu.– Toi aussi.– On était de bons acteurs.– On est devenus de vrais amoureux.– C’est mieux.– C’est plus fort.– C’est plus doux.– C’est plus vrai.– C’est plus nous.Il me fit tourner, doucement. Je me laissai faire. Mes jambes tremblaient un peu, mais il me tenait. Il ne me lâchait pas.– Je t’aime, Léa.– Je t’aime, Julien.– On a de la chance.– On s’est battus.– On a gagné.– On a survécu.– C’est la même chose.– Non. C’est différent.– On a trois enfants.– On a tout.– On a tout.– La plus belle famille.– La nôtre.Il m’embrassa. Je me blottis contre lui.– Tu es fatiguée ? demanda-t-il.– Oui.– Moi aussi.– On est vieux.– On est vivants.– C’est la même chose
– Parce que montrer, c’est guider. Prendre, c’est choisir. Accompagner, c’est rester.– Et toi, tu es resté ?– Je suis resté.– Avec nous ?– Avec vous.– Pour toujours ?– Pour toujours.– Tu promets ?– Je promets.– Tes promesses…– Celle-ci, je la tiendrai.– Comment ?– En restant. En aimant. En ne partant pas.– C’est la même chose.– Non. C’est différent.Il sourit. Je souris.Louis prit sa guitare. Il joua une chanson. Une chanson qu’il avait écrite pour nous, pour nos cinquante ans de mariage. La musique était douce, émouvante, pleine d’amour.– Je t’aime, Maman.– Je t’aime, mon fils.– Je t’aime, Papa.– Je t’aime, mon fils.– Vous êtes mes héros.– Tu es le nôtre.– C’est la même chose.– Non. C’est différent.– Pourquoi ?– Parce que les héros, ça se regarde. Les fils, ça se serre.– Alors serre-moi.– Je te serre.– Fort ?– Très fort.– Encore ?– Encore.– Je t’aime.– Je t’aime aussi.Il me prit dans ses bras. Je le serrai.Julien s’approcha. Il nous prit dans ses br
L’après-midi, nous marchâmes sur la plage.Le sable était blanc, fin, chaud sous nos pieds. L’océan était turquoise, parsemé d’écume. Des crabes couraient sur le rivage, des oiseaux pêchaient au loin.Julien tenait ma main. Il était pieds nus, son pantalon relevé jusqu’aux genoux. Moi, je portais u
Deux millions. La salive sécha dans ma bouche.– Il n’aura pas un centime, dit Julien.– Il aura ce qu’il veut si on ne l’arrête pas, dis-je. La presse va s’emparer de l’histoire. Le contrat, le gigolo, le mensonge… tout va sortir.– On peut l’empêcher.– Comment ?– En le rencontrant. En lui parla
Mon visage était partout.« Qui est la femme en rouge au bras du mystérieux Julien Belmont ? »« L’ex fiancée de l’avocat Leroi refait surface – et elle est plus belle que jamais. »« Romance de gala : le nouveau couple qui fait jaser. »Les photos étaient magnifiques. Sur l’une d’elles, Julien me
Un rire poli parcourut l’assemblée. Puis quelqu’un commença à applaudir. Une personne, puis deux, puis dix, puis toute la salle. Les applaudissements roulèrent comme un tonnerre, mêlés à des vivats, à des sifflements d’admiration.Je n’avais jamais vu ça. Un PDG ovationné comme une rock star.– Il







