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last update Petsa ng paglalathala: 2026-08-09 02:27:51

# Chapitre 5

Le soir descendait lentement sur la ville.

Des ombres violettes glissaient sur les bâtiments, tandis qu’un vent venu de la mer traversait les rues.

La voiture s’arrêta devant l’entrée de l’hôpital militaire.

Zachary ouvrit la portière et descendit avec assurance.

Avant de partir, il se retourna vers Jacob, resté à l’intérieur.

C’était Jacob qui avait insisté pour venir.

Il voulait rencontrer Liyane et la remercier comme il se devait. La veille, affaibli et sous tension, il s’était montré froid au point de paraître ingrat.

Mais une erreur s’était glissée entre eux.

Jacob croyait que Tina était la femme qui l’avait soigné la nuit précédente.

Zachary referma sa veste contre le vent.

— Je m’en vais.

Il n’attendit pas de réponse.

Quelques secondes plus tard, sa silhouette disparut dans l’obscurité.

Tina descendit à son tour.

Elle avança jusqu’à Jacob, puis prit place face à lui.

Ses doigts se crispèrent légèrement sur ses genoux.

Elle savait qu’il la confondait avec une autre femme.

Et pourtant, elle n’avait aucune intention de corriger cette erreur.

Parce que cette confusion lui avait déjà ouvert une porte qu’elle n’aurait jamais pu franchir seule.

Grâce à Jacob, elle avait obtenu une place pour la formation de la deuxième région militaire, celle que Liyane espérait décrocher depuis longtemps.

Le directeur de l’hôpital avait d’abord voulu choisir Liyane.

Puis Jacob avait parlé.

Une seule phrase avait suffi à changer la décision.

Tina comprit alors qu’elle se trouvait devant une occasion exceptionnelle.

Une chance qui ne se présenterait peut-être qu’une seule fois.

Elle ne devait pas la laisser lui échapper.

Tina leva les yeux vers Jacob.

Une détermination tranquille se dessina sur son visage.

— J’ai pris ma décision.

Jacob resta silencieux.

Il ne s’attendait pas à une réponse aussi ferme.

Son visage demeura impassible, mais son regard changea légèrement.

Une curiosité nouvelle y apparut.

Tina poursuivit d’une voix douce :

— Je ne veux rien.

Jacob fronça à peine les sourcils.

Elle savait parfaitement ce que son offre pouvait cacher.

Un mariage.

Ou peut-être quelque chose de bien plus important.

Mais réclamer quoi que ce soit maintenant aurait donné l’impression qu’elle profitait de lui.

Elle risquait alors de perdre bien plus qu’elle ne gagnerait.

Alors elle choisit d’attendre.

De laisser le temps travailler pour elle.

Un léger sourire effleura ses lèvres.

— Soyons amis… du moins pour le moment.

Jacob la fixa.

Ses lèvres se pressèrent légèrement.

Quelque chose d’incompréhensible se nouait en lui.

De la confusion.

Peut-être même une forme d’admiration.

Il finit par demander :

— C’est vraiment ce que vous voulez ?

Tina hocha lentement la tête.

Pas un mot de plus.

Jacob détourna un instant le regard.

Il ne voulait pas revenir sur ce qui s’était passé dans la clinique.

Ces quelques minutes dans l’obscurité avaient laissé en lui une empreinte qu’il ne parvenait pas à effacer.

Mais peut-être que, pour elle, tout cela n’avait rien signifié.

Il sentit une déception inattendue lui serrer la poitrine.

Sa voix resta pourtant calme.

— Je respecterai votre décision.

Derrière les vitres, la nuit s’épaississait.

La ville disparaissait peu à peu dans l’obscurité.

Et dans le silence de la voiture, les derniers mots de Jacob restèrent suspendus entre eux.

Comme une promesse repoussée.

Une promesse dont aucun des deux ne savait encore quand elle serait tenue.

………

À cet instant, Liyane était plongée dans les pages d’un livre épais, assise dans la salle de repos.

Elle s’était réfugiée derrière les mots pour échapper au bruit du monde.

Sa garde était terminée depuis longtemps.

Mais rentrer chez elle ne l’attirait pas.

Pas plus que retourner dans cette maison désormais associée au nom de Jacob.

Alors elle avait choisi l’hôpital.

Ses couloirs silencieux lui offraient un refuge provisoire.

Un léger coup frappé à la porte brisa le calme.

La porte s’ouvrit presque aussitôt.

Zachary entra avec un sourire teinté de surprise.

Il leva un sourcil.

— Pourquoi tu te caches ici ?

Liyane referma lentement son livre et le posa sur la table avant de se lever.

— Je ne me cache pas.

Elle le regarda avec une pointe de curiosité.

— Qu’est-ce qui t’amène ici à cette heure, mon ami ?

Zachary éclata de rire et passa une main dans ses cheveux.

— Je ne devrais pas commencer par te remercier pour ton aide ?

Il désigna ensuite le couloir d’un mouvement de tête.

— Viens. Je vais t’emmener dans un endroit sympa. Un endroit digne d’une héroïne comme toi.

Liyane secoua doucement la tête.

— Je vais me contenter de ce que j’ai.

Le sourire de Zachary s’effaça peu à peu.

Il observa son visage.

Quelque chose n’allait pas.

— Qu’est-ce qu’il y a ? Il s’est passé quelque chose ?

Liyane détourna les yeux.

Une ombre traversa son regard.

— Rien.

Zachary ne fut pas dupe.

Il s’approcha d’un pas.

— Allez… Dis-moi. Ou alors tu ne me fais pas confiance ?

Elle répondit aussitôt :

— Non. Ce n’est pas ça.

Elle hésita.

Puis ajouta :

— Mais nous ne serons bientôt plus collègues.

Le visage de Zachary se ferma.

Son sourire disparut.

— Quoi ?

Il la fixa, incrédule.

— Le directeur a changé d’avis ? Qui a pris ta place ?

Il se détourna déjà, visiblement décidé.

— Je vais lui parler immédiatement.

Liyane lui attrapa le poignet.

— Zachary, non.

Il se retourna.

Sa voix tremblait de colère et d’inquiétude.

— Ce n’était pas ton rêve de devenir une excellente médecin militaire ? Comment veux-tu y arriver si on t’empêche même de suivre la formation ?

Il s’arrêta.

Son regard resta accroché au sien.

Il venait de comprendre.

La Liyane qu’il connaissait n’aurait jamais abandonné aussi facilement.

Celle qui luttait contre le sommeil pour étudier un chapitre de plus.

Celle qui poursuivait ses rêves avec la même obstination que la mer poursuit la marée.

Liyane baissa les yeux.

Une lueur brisée passa dans son regard.

Elle aurait voulu lui dire que ce n’était pas elle qui avait renoncé.

C’était le monde qui lui avait fermé la porte.

Mais elle ne voulait pas transformer Zachary en arme dans une bataille qui ne ferait que s’envenimer.

Il serra les mâchoires.

Un silence lourd s’installa.

Finalement, il souffla :

— D’accord… Comme tu veux.

Liyane esquissa rapidement un sourire, essayant de cacher le tremblement de son cœur.

Elle changea de sujet.

— Laisse-moi au moins t’offrir un dîner tranquille ce soir.

Zachary tourna légèrement la tête.

Une idée traversa son regard.

Rapide.

Calculée.

— Peut-être… une autre fois.

Il fit quelques pas vers la porte.

La décision était déjà prise.

Cette formation aurait dû revenir à Liyane.

Elle l’avait méritée.

Mais une main invisible venait de la lui arracher.

Liyane, fidèle à son tempérament calme et réservé, avait choisi le silence.

Zachary, lui, sentait la colère monter en lui.

Une colère qu’il refusait encore de montrer.

Il s’arrêta devant la porte et se retourna.

Son visage était redevenu calme.

Trop calme.

— Je viens de me souvenir que j’ai quelque chose d’urgent à régler.

Il lui adressa un dernier regard.

— On se voit plus tard.

Puis il sortit.

La porte se referma derrière lui.

Et à peine fut-il dans le couloir que son expression changea.

La douceur disparut de ses yeux.

Il avait décidé de se battre.

Zachary se retourna brusquement et s’éloigna d’un pas décidé.

Ses chaussures résonnaient dans les couloirs de l’hôpital, chaque pas semblant annoncer la colère qu’il retenait à peine.

Ce n’était pas une simple réaction impulsive.

Zachary avait l’habitude d’être écouté.

Son statut, son rang et surtout le poids de sa famille lui donnaient une influence que peu de gens osaient défier.

Il arriva devant le bureau du directeur et poussa la porte d’un geste sec.

À l’intérieur, le directeur était encore au téléphone.

En voyant Zachary entrer, il se redressa immédiatement et mit fin à la conversation.

— Docteur Zachary ! Que faites-vous ici à cette heure ?

Zachary ne lui laissa pas le temps de s’asseoir.

— Vous n’aviez pas décidé d’accorder la formation à Liyane ?

Sa voix claqua dans la pièce.

— Qui a changé la décision ? Et qui vous a fait changer d’avis ? Je veux une réponse. Maintenant.

Le sourire du directeur disparut.

Il se retrouva face à une question à laquelle aucune réponse ne pouvait vraiment le protéger.

Il tenta néanmoins de garder son calme.

— J’ai été obligé de modifier la décision… Ne pensez pas que je l’ai fait de mon plein gré.

Il marqua une pause.

— Jacob Jibril lui-même m’a demandé de donner cette opportunité à la docteure Tina.

Le nom suffit à changer le visage de Zachary.

Ses sourcils se froncèrent.

— Jacob Jibril…

Le directeur hocha la tête.

— Si vous avez quelque chose à lui reprocher, adressez-vous directement à lui. C’est lui qui a le dernier mot.

Zachary ne répondit pas.

Il tourna les talons et quitta le bureau.

Dans son esprit, les questions se heurtaient les unes aux autres.

Pourquoi Jacob ?

Pourquoi Tina ?

Et surtout, pourquoi Liyane ?

Lorsqu’il atteignit le hall, il aperçut encore la luxueuse voiture stationnée devant l’entrée.

Son moteur tournait toujours.

Les vitres teintées reflétaient les lumières de l’hôpital.

Puis la portière arrière s’ouvrit.

Tina descendit.

Zachary ralentit.

Son regard se durcit.

Il se dirigea vers elle.

Tina lui adressa un sourire froid, presque provocateur.

— Docteur Zachary.

Il resta silencieux une seconde.

Son regard glissa vers la voiture avant de revenir sur elle.

— Bonsoir.

Tina passa devant lui sans ajouter un mot.

Sa démarche était légère, assurée.

Puis elle disparut dans le bâtiment.

Zachary resta immobile.

Une pensée lui traversa l’esprit.

Quelque chose d’injuste venait d’arriver à Liyane.

Et la main qui lui avait arraché sa chance appartenait peut-être à quelqu’un qu’il considérait comme un ami.

Mais une autre question le troublait davantage.

Jacob Jibril n’était pas connu pour s’intéresser aux femmes.

Pourtant, il venait d’accorder à Tina un traitement privilégié que personne ne pouvait ignorer.

Une coïncidence ?

Ou y avait-il quelque chose entre eux ?

---

Lorsqu’il retrouva finalement Jacob, Zachary ne parvint pas à garder le silence.

Il le fixa quelques secondes avant de lâcher :

— Je ne comprends pas… Qu’est-ce que tu trouves exactement à Tina ?

Jacob leva lentement les yeux vers lui.

Zachary poursuivit, incapable de dissimuler son étonnement :

— Personnellement, je ne vois pas ce qu’un homme comme toi peut lui trouver.

La question resta suspendue entre eux.

Dans le regard de Zachary se mêlaient l’incompréhension et la désapprobation.

Celui de Jacob demeura impénétrable.

Une lueur étrange y brillait pourtant.

Comme s’il détenait une réponse que Zachary était encore loin d’imaginer.

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