De la porcherie au trône

De la porcherie au trône

last updateTerakhir Diperbarui : 2026-05-10
Oleh:  DéesseBaru saja diperbarui
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DE LA PORCHERIE AU TRÔNE Altagracia a dit oui à l'insémination volontaire sans savoir que Thiago Lobo Président de Valdezia était aussi l'Alpha Suprême de tous les loups-garous de la planète et elle voulait juste l'argent pour sauver sa grand-mère. Le jour de l'accouchement le docteur Vargas s'évanouit en voyant ce qui sort de son ventre car ce sont trois chiots vivants et noirs comme l'encre. Altagracia panique elle les cache et elle ment au Président en se faisant passer pour une arnaqueuse. Condamnée à deux ans de servitude elle nettoie le palais à genoux le jour et la nuit elle descend à la porcherie présidentielle où elle allaite ses trois petits loups derrière les truies qui grognent dans la paille souillée. Leur père ignore tout et il dort dans des draps de soie pendant que ses héritiers grandissent dans la fange. Zuleika son assistante est folle amoureuse de lui depuis vingt ans et elle épie elle fouille elle flaire le secret d'Altagracia prête à tout pour éliminer sa rivale avant que Thiago ne tombe vraiment amoureux. Altagracia est prise au piège entre ses trois chiots qui grondent en bas un homme qui la désire sans comprendre pourquoi en haut et une louve qui veut sa peau à côté. Un jour les petits sortiront de la boue et tout explosera.

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Bab 1

Chapitre 1 : L'odeur du café perdu 1

Altagracia

L'eau est tiède maintenant et je la verse doucement sur le dos de Mamá avec une petite casserole émaillée qui a perdu son manche il y a trois ans déjà mais je ne l'ai pas jetée parce qu'elle appartenait à ma mère la vraie Teresa et que dans cette maison chaque objet cassé est une relique et que je n'ai pas les moyens d'acheter des reliques neuves.

Le savon glisse sur la peau parcheminée de Mamá cette peau creusée de rides profondes comme le lit d'une rivière asséchée que personne ne viendra plus irriguer et je frotte doucement toujours doucement parce que sa colonne vertébrale saille sous l'épiderme fragile et que j'ai peur de la briser si j'appuie trop fort et que si je la brise il n'y aura plus personne pour me dire que la soupe est trop salée même si ce n'est pas mon nom qu'elle prononce en le disant.

Je sais que je suis belle et cette beauté ne me sert à rien et elle ne paie pas les factures et elle n'efface pas la maladie qui dévore le cerveau de Mamá comme un ver silencieux dans une pomme trop mûre.

Mes cheveux sont noirs et ondulés et ils tombent en cascade sur mes épaules quand je les détache le soir dans l'intimité de ma chambre et ils sentent le savon bon marché et la fumée de la ville et quelque chose d'autre de plus ancien que je ne sais pas nommer et je les attache toujours en un chignon serré parce que je n'ai pas le temps de m'en occuper et parce que les hommes les regardent trop dans la rue et que leurs regards sont des mains qui salissent tout ce qu'elles touchent.

Ma peau est mate et chaude héritage d'une grand-mère aux origines mêlées d'Afrique et d'Espagne et d'indigène et elle brille légèrement sous la lumière même quand je suis fatiguée même quand je n'ai pas dormi même quand je pleure et cette lumière intérieure ne s'éteint jamais et c'est peut-être la seule chose que Mamá m'a transmise qui ne peut pas être reprise par la maladie ou par la misère.

Mes yeux sont noirs et très grands et les gens disent qu'ils ressemblent à ceux de ma mère Teresa cette femme que je n'ai presque pas connue et dont je ne me souviens que par les photos jaunies que Mamá gardait dans une boîte à chaussures sous son lit et qu'ils ont une façon de regarder qui donne l'impression qu'ils comprennent tout même ce qu'on ne dit pas et c'est vrai que je comprends beaucoup de choses que je préférerais ignorer.

Ma bouche est pleine et naturellement rouge et je ne mets jamais de rouge à lèvres mais les hommes la fixent quand même et le patron du boui-boui où je travaille m'a dit une fois que j'avais une bouche à faire damner un saint et j'ai ri pour ne pas le gifler et j'ai senti le goût du sang dans ma bouche à force de me mordre la langue pour ne pas répondre.

Mon corps est mince mais pas maigre et il a des courbes que je cache sous des vêtements trop grands parce que je ne veux pas qu'on les voie et parce que je ne veux pas qu'on me désire pour ça seulement pour ça et parce que chaque regard posé sur mon corps est une petite mort que je meurs en silence.

Je suis belle et cette beauté est une malédiction parce qu'elle attire les regards et les mains et les propositions obscènes et qu'elle ne paie pas les factures de la clinique et qu'elle ne rend pas Mamá capable de se souvenir de mon vrai prénom.

— Teresa ma fille tu as mis trop de sel dans la soupe.

La voix de Mamá est un filet d'eau trouble qui s'écoule de sa bouche édentée et je ne corrige plus j'ai arrêté de corriger il y a deux ans quand j'ai compris que chaque rectification la plongeait dans une confusion plus profonde et qu'elle passait ensuite des heures à pleurer en demandant pardon pour des fautes qu'elle n'avait pas commises et que ses larmes creusaient des sillons dans la farine des souvenirs qu'elle essayait de reconstituer sans y parvenir.

— Oui Mamá c'est moi Teresa et la prochaine fois je ferai attention je te le promets.

Je mens et ce mensonge est une couverture tiède que je pose sur ses épaules pour qu'elle n'ait pas froid dans le grand vide blanc où sa mémoire s'est dissoute et je me demande parfois si c'est un péché de mentir pour réconforter quelqu'un qui ne sait même plus ce qu'est la vérité.

Sur la table de la cuisine les factures s'empilent comme des feuilles mortes et je les regarde chaque matin en buvant un café amer et chaque soir en rentrant du travail les mains rougies par l'eau de vaisselle et le dos courbaturé d'avoir porté des plateaux trop lourds pour des pourboires trop légers.

La clinique spécialisée réclame quatre-vingt-sept mille valdeziens et le chiffre danse devant mes yeux chaque fois que je ferme les paupières comme une petite flamme qui refuse de s'éteindre et qui consume tout l'oxygène de mes poumons.

Dernier avertissement avant suspension des soins dans soixante-douze heures.

Je n'ai plus rien à vendre et j'ai déjà vendu le poste de radio de mon grand-père et mes boucles d'oreilles de première communion et mon téléphone portable remplacé par un vieux modèle à clapet qui ne sert qu'à recevoir les appels de la clinique pour me rappeler que je suis en train d'échouer.

Je travaille comme serveuse dans un boui-boui du centre-ville où la graisse suinte des murs et où les clients sont des hommes seuls qui mangent vite et qui regardent mes hanches quand je passe entre les tables et le patron un gros homme au souffle court qui sent l'ail et la sueur a pris l'habitude de frôler mes fesses quand je lui tends les additions et je serre les dents et je souris et je pense à Mamá et je ne dis rien parce que si je dis quelque chose je perds mon travail et si je perds mon travail Mamá meurt.

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