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Chapitre 7

Author: Étincelle
En entendant la voix de Sarah, les yeux de Théo se sont soudain illuminés.

« Sarah ! », criait-il à haute voix.

« Papa, tu est un menteur ! Tu ne tiens jamais ta parole, je ne te parlais plus. Sarah, papa m’a menti ! »

Il s’est plaignant à Sarah.

De l’autre côté, Sarah, en entendant sa voix, a pris le téléphone et l’a consolé doucement.

Elle a fait semblant de gronder Gabriel, puis lui a promis de venir le voir ce week-end, de jouer avec lui et de l’accompagner pour des jeux vidéo. Théo a alors éclaté de rire, tout joyeux.

C’était encore Sarah qui savait toujours les mots pour rassurer.

Autrefois, quand son père le grondait ou le rendait mécontent, aller voir sa mère ne servait à rien. Son père ne prêtait jamais attention à ce que disait sa mère.

Il avait mis un bon moment avant de raccrocher à regret.

Après avoir raccroché, il s’est soudain souvenu de ce que son père avait dit plus tôt, il semblait que sa mère était rentrée.

Ça voulait dire qu’elle rentrait ce soir-là.

Il n’était pas content du tout.

Si sa mère était revenue, elle allait encore le surveiller et lui interdire de jouer aux jeux vidéo. C’était trop nul !

Son père n’aimait même pas passer du temps avec sa mère. Alors pourquoi c’était toujours à lui de rester avec elle ? Papa est méchant !

Et Théo, il ne voulait pas rester à sa place, avec sa mère.

Il voulait aller chez sa grand-mère. Comme ça, même si sa mère rentrait, il pourrait l’éviter.

Théo s’est aussitôt levé du lit, s’est habillé tant bien que mal, a pris sa console de jeu et est descendu frapper à la porte de la chambre de Linette au rez-de-chaussée.

Réveillée par le bruit, sans comprendre ce que ce petit prince mijotait encore, Linette, les yeux à moitié fermés, a appelé le chauffeur, et a accompagné Théo jusqu’à la maison de sa grand-mère.

Claire ne savait pas ce que Théo avait fait en pleine nuit.

Mais même si elle l’avait su, cela ne lui aurait plus importé. Avec les années, elle devenait de plus en plus déçue.

De toute façon, elle avait déjà pris sa décision : divorcer, et renoncer à la garde.

Le lendemain, elle s’est levée tôt, comme d’habitude.

Elle a d’abord regardé sur son ordinateur les dernières vidéos de la Fashion Week, puis, en allant au travail, elle a acheté son petit-déjeuner au pied de l’immeuble de son entreprise.

Elle n’a plus eu à se lever tôt pour préparer un petit-déjeuner nutritif pour Gabriel et Théo. Et comme elle ne faisait que séjourner ici temporairement, elle mangeait dehors depuis quelques jours. Elle disposait donc de beaucoup plus de temps, qu’elle pouvait consacrer à ses propres affaires.

Cette journée, elle a passé son temps à interviewer de nouveaux candidats, tout en mettant de l’ordre dans les tâches et dossiers récents, afin de faciliter la passation.

Malgré elle était occupée, elle quittait quand même le travail à l’heure.

À la fin du mois, Julie allait revenir, et elle devait avoir terminé son portfolio avant son retour, avec les créations de mode les plus récentes. C’était son objectif principal, son emploi du temps restait donc très chargé.

Vers six ou sept heures du soir, c’était l’heure de pointe.

Claire avait conduit pendant plus de deux heures avant d’entrer dans un quartier de villas en banlieue, Rue de Jouvières.

Elle a traversé une bambouseraie, puis s’est arrêtée devant une villa à deux étages. Sur une plaque à côté de la porte, on a gravé : « Atelier Élan ».

C’était une maison qu’elle avait achetée avec des années d’économies et l’argent gagné grâce aux commandes privées qu’elle réalisait pour la haute société. Elle l’avait transformée en atelier.

Elle se consentait sur la famille ces dernières années, tout en poursuivant des études en informatique. Mais elle n’abandonnait jamais vraiment le design artistique.

Gabriel détestait toujours la voir s’exposer en public. À l’époque, il avait refusé qu’elle est entrée dans le groupe Morel, non seulement parce qu’il la méprisait, mais aussi parce qu’il voulait qu’elle se consacre entièrement à la famille, en parfaite épouse au foyer.

Mais Claire n’était pas du genre à baisser les bras.

Elle s’était donc tournée vers l’informatique, domaine que Gabriel affectionnait, et avait passé sept ans à l’accompagner avec soin, faisant tout pour lui plaire, mais sans jamais parvenir à entrer dans son cœur. À cet instant, elle se retrouvait le divorce dont elle ne tirerait rien de la part de Gabriel.

Mais heureusement, elle a toujours gardé le cap.

Alors elle avait discrètement fondé son propre atelier, « Atelier Élan », en s’appuyant sur le bouche-à-oreille de quelques clients fidèles et amis proches. Elle se spécialisait dans les créations sur mesure.

Grâce à la confidentialité de ses services, son intégrité irréprochable, son style raffiné mêlant luxe et mystère classique, et surtout son savoir-faire en broderie artisanale traditionnelle — un art rare aujourd’hui — elle se faisait un nom dans les cercles huppés.

Mais, par manque de temps, elle n’avait pas encore l’occasion de participer à de plus grands événements internationaux. Pour l’instant, l’un de ses modèles faits main sur mesure était généralement estimé à quelques centaines de milliers d’euros, et dépassait rarement le million.

Cela a dit, elle pouvait désormais consacrer tout son esprit à la création artistique, ce qui promettait une progression bien plus rapide.

Elle a déverrouillé la porte de la villa et l’a doucement poussé, le hall spacieux s’ouvrait devant elle.

Aux murs, il y avait des toiles accrochées : des peintures à l’huile, des encres — presque toutes des portraits. Un peu partout, on pouvait voir aussi des croquis de vêtements à moitié terminés.

Des portants couvraient le sol, chargés de tissus divers, de pièces de vêtements en cours de réalisation, de mannequins, ainsi que d’autres outils ou objets liés à son travail.

Durant les deux jours du week-end qui suivaient, elle pouvait se consacrer entièrement à cet endroit.

Claire est montée directement à l’étage, où on entreposait les pièces finies, les objets précieux et les portfolios.

Elle a poussé une porte et s’est arrêtée, en voyant un mannequin couvert d’un drap dans la pièce.

Elle se rappelait cette tenue.

Elle a soulevé le tissu : sur le portant se trouvait un costume noir brodé pour homme. Au niveau des poignets, un motif de nuage en fis dorés et argentés, brodé selon la technique du double-face, arborait la signature de l’Atelier Élan.

En plus, sur l’épaule, reposait une grue blanche aux ailes déployées, brodée en fils d’argent, dont le bec portait sertie une précieuse pierre rouge, un diamant rare, placée exactement au niveau du cœur, qui scintillait sous la lumière, mêlant élégance et luxe discret.

En voyant cette tenue, Claire a ressenti une douleur aiguë dans sa poitrine.

C’était une création qu’elle avait réalisée pour Gabriel. Elle avait dessiné les croquis jusqu’à l’aube pendant ses heures libres, avait choisi avec soin les tissus, avait découpé chaque pièce elle-même, avait brodé chaque détail avec soin, et avait acheté ce diamant rouge rare auprès d’un expert.

Elle avait passé plus de trois mois à confectionner cette œuvre.

Elle avait initialement prévu de l’offrir à Gabriel pour leur huitième anniversaire de mariage, et pourtant c’était de Gabriel et de Théo qu’est venu le coup le plus dur.

En regardant cette tenue à cet instant, et en repensant à l’humiliation qu’elle avait subie la veille en pleine rue, Claire a soudainement ressenti une envie irrépressible de déchirer cette tenue devant elle.

Les ciseaux en main, prête à passer à l’action, Claire a pourtant hésité.

Elle savait que cette tenue ne parviendrait jamais à Gabriel, et elle ne voulait plus la lui offrir, mais elle ne pouvait pas s’en séparer. C’était une œuvre à laquelle elle avait consacré des mois de travail acharné.

Finalement, Claire n’a pas détruit la tenue et l’a recouverte d’un drap.

Elle comptait bien trouver un moyen de la faire disparaître autrement.

Les créations sur mesure étaient par définition uniques, taillées pour la morphologie spécifique d’une seule personne, il n’y en avait pas deux identiques dans le monde.

Mais il n’était pas difficile de trouver un autre acheteur, tant que le nom du créateur en vaut la peine.

La nuit.

Dans la villa Morel, Rue des Lilas.

Après avoir terminé sa journée de travail à l’entreprise, Gabriel est rentré chez lui en voiture, mais Claire ne l’a pas accueilli comme d’habitude.

Il a demandé négligemment à Linette :

« Où est Claire ? »

Linette, qui ne comprenait pas trop la situation, a répondu avec hésitation :

« Monsieur, Madame est partie en voyage d’affaires il y a quelques jours, elle n’est toujours pas rentrée. »

Cela l’a étonné, car il l’avait pourtant vue la veille au soir.

Mais il ne s’en est pas soucié. Après tout, Claire n’avait nulle part où aller.

Il se souvenait qu’avant leur mariage, elle s’était déjà brouillée avec sa famille, au point de ne plus avoir de contact depuis toutes ces années.

Dans la ville de Montjoie, elle ne connaissait que quelques amis, et n’avait aucune famille à qui se tourner. Il était donc peu probable qu’elle soit partie ailleurs.

Cette maison était le seul endroit où elle pouvait revenir, le seul endroit où elle pouvait rester.

Gabriel a ensuite appris que Théo se trouvait à Manoir Morel, alors il est reparti.

D’ailleurs, il est revenu uniquement pour venir chercher Théo. Il lui avait promis, pour le week-end, de l’emmener jouer avec Sarah.
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