LOGINVillage de la meute, 10h16.
Tout le monde était rassemblé à la place du village, c'était très émouvant. Plusieurs émotions me submergeaient : la peine, la tristesse, la mélancolie à cause de mon départ, mais de la joie de les voir tous autour de moi pour me dire au revoir. Les petits étaient ceux qui étaient les plus tristes avec Gabriella, chacun d'eux m'avait fait un câlin et me serrait le plus fort possible avec leurs petits bras. Sauf Gabriella, qui avait une poigne de fer. J'avais souhaité quitter la meute simplement, en disant au revoir à tout le monde. Mes parents voulaient faire une réception, mais ça aurait trop difficile de dire au revoir par la suite. La matinée passa à une vitesse folle, j'avais joué avec les petits jusqu'à midi et ensuite j'étais rentrée avec mes parents. Je vérifiai que je n'avais rien oublié de mettre dans mes valises, le cœur se déchirant petit à petit, les larmes montaient aux yeux et malgré mes efforts pour résister, j'éclatai en sanglots sur mon lit, tenant un cadre où une photo de moi et mes parents était à l'intérieur. Ce jour-là, nous avions fait une randonnée, il faisait un temps magnifique. Sur la photo, on voyait la forêt derrière nous, ainsi que le temps ensoleillé. Moi et mes parents riions au moment de la photo, je ne me rappelais plus pourquoi. Ma mère entra dans ma chambre et me pris dans ses bras, les yeux larmoyants. - Chut... Ça va aller mon bébé..., murmura ma mère d'une voix extrêmement douce. - Vous allez tellement me manquer..., sanglotai-je. Je vous aimes tellement ! - Ma chérie, si tu savais à quel point je t'aime, dit-elle en me serrant encore plus fort contre elle. Ça va faire vide sans toi... Promets-moi de me donner de tes nouvelles tous les jours, et la façon dont il te traite. - Je te le promets maman, affirmai-je. Je te le promets. Sur cette promesse, elle me lâcha et m'aida à terminer mes valises. Lorsque nous eûmes fini, il était trois heures et demi. Un silence régnait dans ma chambre, et il fut interrompu par le magnifique gargouillement de mon estomac. Je n'avais même pas mangé à midi. Ma maman rigola, et nous partîmes dans la cuisine. Une assiette de paella était dans le réfrigérateur, je la pris et la fit réchauffer dans le micro-ondes. Le reste de la journée était passée très rapidement, mes parents et moi avions profité de nos dernières heures ensembles. Je regardai la télé tranquillement, pour me changer les idées, quand la sonnette retentit dans le manoir. Mon estomac se serra, car je savais qui sonnait. Damien. Mon père parti ouvrir, et revint dans le salon, le visage livide. - Emilie, Damien est là..., m'informa mon père, en tentant de retenir ses larmes. J'hochai la tête, et éteignis la télévision. Lorsque je tournai la tête pour regarder mon père, Damien était derrière lui. Les yeux pétillants de bonheur. Connard. Comme quoi, ce proverbe n'était pas totalement faux : Le bonheur des uns fait le malheur des autres. Totalement véridique à cet instant. - Je vais chercher mes valises, fis-je d'une voix neutre. Je passai à côté de Damien, l'ignorant royalement et montai. J'entrai dans celle-ci, et me rendis compte qu'il m'avait suivi. - Je vais les prendre. Va dans la voiture, j'arrive le plus rapidement possible, dit-il. - Je les prends moi-même Monsieur muscle ! rétorquai-je sèchement. Il me regarda avec désapprobation et avant qu'il ne puisse rétorquer quoi que ce soit j'empoignai mes deux valises, qui étaient très lourdes, et le bousculai au passage pour descendre dans le hall d'entrée. Je posai mes valises sur le seuil, haletante, et me précipitai dans les bras de mon père, qui me serrait contre lui en prenant soin de ne pas m'étouffer. - Ma fille, prends bien soin de toi là-bas. Et si il ose te faire du mal, préviens-moi que je le descende ! fit mon père. - Ne t'en fais pas pour moi papa, le rassurai-je. Je me décollai, retenant mes larmes. Damien avait sans doute assisté à notre étreinte, car il regardait mon père avec envie, ce qui me troublait légèrement. Il avait déjà mes valises, et vu leur poids je ne voulais plus les reprendre. Damien passa le seuil, et je m'apprêtais à faire de même quand je m'arrêtai à l'encadrement de la porte, et regardai mon père une dernière fois. - Papa ? - Oui ? - Je t'aime. Ne l'oublies jamais ! déclarai-je avant de partir m'engouffrer dans l'élégante voiture noire. - Je t'aime aussi Emilie, déclara mon père, la voix tremblotante.Point de vue Peter. Un mois. Un mois que j'étais enfermé dans cette cellule miteuse avec ma femme et le Bêta de Damien, Simon. J'avais cherché un endroit de fuir cet endroit infâme, mais je n'avais rien trouvé. J'étais assis contre le mur qui était gagné par la moisissure à cause de l'humidité oppressante de l'air, face aux barreaux en acier trempé qui nous retenaient prisonniers. Chaque nuit, depuis un mois je faisais le même rêve, je revivais le moment où ils nous étaient tombés dessus. ~ Un mois plus tôt. ~Lucie voulait visiter la forêt à tout prix ce matin. Elle adorait visiter chaque nouvel endroit, et je ne pouvais jamais lui refuser ce plaisir. Voir ses magnifiques yeux ambrés entrain de pétiller de bonheur et de curiosité à chaque nouveau lieu, chaque découverte était le plus beaux des spectacles à mes yeux. Je l'aimais tellement. - Chéri ? Alors on peut y aller ? fit-elle comme une enfant. - Oui, on va y aller, fis-je en prenant une moue exaspérée devant son comportemen
Point de vue Damien. Ma mère était vivante. Enfin, il y avait une possibilité qu'elle le soit. J'avais une tante, atteinte d'une maladie respiratoire, et qui est morte quelques temps après ma naissance. Et si c'était ma tante ma véritable mère ? J'étais toujours dans les bras d'Emilie, dans mon bureau, sur le sol. Je ne pleurais plus. Ses douces caresses et son doux sifflement m'avaient apaisé, mais elle continuait. J'étais à la fois bien et torturé. Bien d'être dans les bras de la femme que j'aime, et torturé de savoir que ma mère était vivante. J'aurais dû être heureux de le savoir. Mais j'étais dévasté, détruit. M'aurait-on menti pendant toute mon enfance ? Avait-on préféré me laisser croire que ma mère était morte ? Avait-on fait exprès de ne pas me parler de ma défunte tante ? J'étais perdu. - Pourquoi as-tu fait des recherches ? demandais-je d'une voix rauque à cause de mes pleurs récents. - Je trouvais bizarre que personne ne connaissait la cause de sa mort..., admit Emili
Point de vue Emilie. Jamais, au grand jamais je n'avais ressenti cette déchirure dans ma poitrine. Voir Damien dans cet état était tout simplement insupportable. Tenir ce corps musclé contre moi, secoué par des sanglots et au regard perdu fut l'une des choses les plus dures à faire de toute ma vie. Je le berçais et sifflotais un air calme que me chantonnait ma mère lorsque j'avais des crises de larmes, petite. Cet air avait le don de me calmer, j'espèrais que celui-ci avait le même effet sur Damien. ~ Quelques heures plus tôt. ~Damien dormait profondément dans le canapé du salon. Le pauvre était complètement épuisé, ce combat l'avait vidé. Je profitais du fait qu'il se reposait pour creuser dans mes recherches qui n'avaient pas été fructueuses la veille. Je me connectais à nouveau sur la session libre, et retournais sur le site de la meute d'origine de la mère de Damien. Je cliquais sur l'onglet "Membres de la meute." et tombais sur une multitude de photos. Il y avait des photos d'
Et pour avancer mes propos, je me propulsais à l'aide de mes pattes arrières dans les airs pour atterir sur Romain. Nous commençâmes à rouler, chacun esquivant coup de dent et de griffe de l'autre. Il avait raison, j'étais épuisé mais j'avais encore quelques ressources. Romain réussit à me bloquer en se positionnant au-dessus de moi et commença à planter ses crocs dans ma gorge, ce qui me fit gémir de douleur. Hors de question que je le laisse gagner. Rassemblant quelques forces, je lui assenais un puissant coup à la cuisse avec une de mes pattes, ce qui le déséquilibra suffisamment pour que je puisse me libérer et le mordre plus férocement que tout à l'heure à l'épaule, au même endroit. Il hurla de douleur et un grognement très profond s'émana de sa gorge. Tout allait se jouer maintenant. Nous tournâmes de nouveau en rond, sans nous lâcher du regard. Romain boitait légèrement ce qui me procurait un avantage certain sur lui, il serait moins rapide et perdrait en puissance. Sans que j
Point de vue Damien. Emilie m'avait menti, elle n'était pas simplement partie boire un verre d'eau. Je l'avais entendu partir, bien qu'elle était très discrète. Qu'était-elle partie faire ? Rejoindre Louis ? Non. Elle n'aurait pas fait ça et j'aurais senti son odeur sur elle. Ma jalousie maladive me rendait complètement parano... Ainsi que ma possessivité. J'avais pris sur moi lorsqu'elle était revenue et j'avais joué la comédie. Elle me cachait quelque chose, je le sentais. Mais quoi ? Serait-ce en rapport avec ce qu'il se passe actuellement ? Peut-être ne me cachait-elle rien et qu'elle voulait se trouver seule un moment pour réfléchir tranquillement... Oui ça devait être ça. Mais pourquoi j'avais l'impression de faire fausse route ? L'idée qu'elle me puisse me cacher quelque chose me rendait fou intérieurement. Je devais savoir. Je voulais savoir. - Emilie..., fis-je doucement pour la réveiller. - Encore cinq minutes Damien..., marmonna t-elle. Je soupirais devant tant de pares
Point de vue Emilie. Damien m'avait pardonné. Il m'avait pardonné d'avoir fui le temps d'une après-midi entière, sans donner de nouvelles à quiconque et de n'être rentrée que tard dans la nuit en compagnie de Louis. Je savais d'avance qu'il serait furieux, à cause de son inquiétude, qu'il avait peur qu'il ne m'arrive quelque chose, mais j'avais faux sur toute la ligne. Il avait été furieux que mon regard était dirigé vers mon meilleur ami qui me rassurait du regard, plutôt que d'affronter son regard où la haine et la fureur étaient présentes. Sa jalousie m'avait prise de court, je ne pensais pas qu'il aurait été aussi jaloux alors que je l'avais présenté en tant que mon âme-sœur à Louis. Il ne me faisait pas confiance ? Cette question ne quittait pas mon esprit et le torturait alors que Damien dormait paisiblement contre moi, ne se souciant pas un instant de ce qui nous attendait à l'extérieur. Et cette guerre entre les meutes, pourquoi les autres Alphas ne se joignaient pas à nous
Je hochai la tête simplement, détournant mon regard vers la table. Dire que je n'étais pas gênée serait mentir, même si je ne l'appréciais pas, je ne voulais pas qu'il se fasse de fausses idées. Il me regardait en penchant la tête sur le côté et partit en haut s'habiller. Lui et mes parents descend
Point de vue Émilie. Il faisait noir dehors, la soirée devait être un peu avancée maintenant. Je m'étais endormie à cause de mes pleurs. J'étais réveillée depuis un peu plus de deux heures, et j'étais dos à la porte de ma chambre. Je ne voulais parler à personne. Tout allait bien trop vite. Trop v
Je hochai la tête, et il me fit un petit sourire triste avant de sortir. Mon cœur se serra lorsque la porte se referma derrière lui. Je n'entendais aucun bruit de pas. Il attendait derrière la porte, pour voir certainement si j'allais le retenir. Mais je ne bougeai pas de mon lit, retenant mon souf
Mon père me regarda comme si je lui avais annoncé que j'étais enceinte. Tout comme Damien. Soit, les yeux ronds comme deux billes, deux statues parfaites. Ma mère, qui s'était faite discrète jusque-là, riait d'un air cristallin et s'avança pour se mettre à côté de moi.— Je suis d'accord avec elle







