LOGINPoint de vue Emilie.
Manoir des Lemon, 20h27. Ma mère acceptait tant bien que mal ma décision, quant à mon père il ne l'acceptait pas du tout. Perdre sa fille pour obtenir une alliance ne le réjouissait pas, ce que je comprenais totalement. Damien m'avait laissé le lendemain pour dire au revoir à la meute, et viendrait prendre mes bagages dans la soirée. Mon père ne m'avait pas adressé un mot depuis que j'avais pris la décision de partir pour qu'il ait cette alliance, et ce silence commençait vraiment à devenir pesant. Il s'était réfugié dans son bureau, et je venais de le rejoindre pour tenter d'apaiser les tensions. - Papa..., commençai-je. - Non. Ne rends pas les choses plus difficiles..., répondit-il, pour la première fois. - Essaies de comprendre..., tentai-je. Je veux protéger la meute, celle que tu as mis si longtemps à bâtir. - Tu n'avais pas à accepter de partir avec cette enflure ! Tu sais parfaitement que si il nous avait attaqué nous aurions repoussé l'attaque sans aucun problème ! enragea-t-il. - Je sais papa ! criai-je. C'est ma décision, alors respecte-la ! - Je ne peux pas ! rétorqua-t-il, la voix étranglée. Je ne peux pas accepter de te voir partir de cette façon ! - Papa..., fis-je, émue. Je contournai le large bureau de mon père et le pris dans mes bras. Il m'emprisonna contre lui à l'aide de ses bras musclés et déposa un baiser sur mon crâne. - Tu vas tellement me manquer..., avoua mon père. - Toi aussi..., avouai-je à mon tour. - Père et fille réunis..., fit la voix de ma mère, qui nous regardait les larmes aux yeux. Je me décalai de l'étreinte de mon père et ouvris mon bras. Ma mère se précipita vers nous, et nous fîmes un câlin groupé pendant un long moment. J'aurais tant voulu mettre le temps sur pause. Mon père mit fin à l'étreinte, et se sauva en haut se changer en pyjama. Je rejoignis le salon pour regarder la télé. Un documentaire animalier était diffusé et était porté sur les loups. Un sourire se forma sur mon visage, et j'écoutais attentivement ce qu'il racontait. Une douce odeur de paella se diffusait dans la maison, arrachant un gargouillis à mon estomac. Mon père descendit de sa chambre, certainement à cause de la bonne odeur qui s'échappait de la cuisine. Il avait juste enfilé un pantalon de jogging, laissant apparaître ses magnifiques muscles bien développés. Il fallait l'avouer, mon père était une véritable bombe masculine. - Dis-donc, reluquer son père est très mal vu ! me taquina mon père. - Pas de ma faute si tu attires le regard de n'importe qui ! rétorquai-je en riant. Et je ne te reluquai pas ! Mon père rit avec moi et parti dans la cuisine. Lui et ma mère ressortirent au bout de cinq minutes, ma mère portant le plat de paella et mon père les couverts. Il mit la table, et ma mère déposa le plat au milieu de la table. On s'installa et dégusta la meilleure paella qu'il puisse exister sur cette Terre. On passa le reste de la soirée dehors, à faire la course dans les sous-bois qui nous étaient si familiers maintenant. On s'arrêta dans une clairière déserte, celle où mon père m'entraînait. Il me donna un entraînement, voulant être sûr que je saurais me défendre face à un Alpha, même si j'avais déjà fait mes preuves à plusieurs reprises. - Désolé de t'imposer cet entraînement, mais je tiens à être sûr que tu sauras te défendre..., justifia mon père. - Ne t'en fais pas papa, ça ira. Tu tiens à te prendre une raclée ? plaisantai-je. - Il faudra me passer sur le corps jeune fille ! rit-il. - Pas de souci ! Tu es aussi agile qu'un hippopotame ! rétorquai-je. Je bondis sur lui, et il esquiva à la dernière seconde. Je m'écrasai sur l'herbe humide, et grognai de mécontentement. - Agile l'hippopotame n'est-ce-pas ? me taquina-t-il. Allez on y retourne ! Il me laissa le temps de me relever, et m'attaqua. J'esquivai habilement son attaque, et ripostai en tentant de lui mordre le flanc gauche. Touché. Un grognement s'échappa de sa gorge. Il était satisfait. Dans l'euphorie de ma réussite, je ne le vis pas me sauter de dessus et me mordre l'épaule droite. - Ne jamais être satisfait tant que le combat n'est pas terminé jeune louve ! me rappela-t-il. Je grognai et lui sautai dessus à mon tour, décidée à lui rendre cette morsure. Échec. Il avait anticipé mon attaque et avait profité du moment où je retombais au sol pour me pousser et me faire tomber sur le flanc droit. Je roulai alors sur moi-même, et me redressai à la grande surprise du loup gris qu'était mon père. J'en profitai pour lui faire perdre l'équilibre en le bousculant, et il tomba lourdement sur le flan gauche, lui arrachant un petit gémissement de douleur. Je sautai sur lui, et refermai ma gueule sur sa gorge, sans serrer car il s'agissait d'un entraînement. - D'accord, tu es prête pour affronter un Alpha, constata mon père. De la tristesse était présente dans sa voix, sans doute à cause que c'était le dernier entraînement que l'on ferait ensemble. Je libérai sa gorge et me déplaçai de manière à ce qu'il puisse se relever. Il se releva et son regard bleu gris transperça le mien, la douleur de me voir partir y était omniprésente. Mais je décelai un autre sentiment : de la fierté. - Ma fille, tu as tellement grandi..., dit-il avec émotion. J'ai l'impression qu'hier encore tu étais un louveteau. Si tu savais à quel point je suis fier de toi... - Merci papa, répondis-je, émue. On pourra toujours se parler par télépathie même si je change de meute ? - Heureusement oui.. ., Les parents sont liés à leur enfant, et même le changement de meute ne détruit pas le lien qui nous unit à toi, me confia-t-il... J'étais extrêmement soulagée de savoir ceci. Je m'approchai de mon père et frottai mon museau contre sa tête, une façon de se câliner entre loups. Mon père s'éloigna de moi et nous rentrâmes à la maison, où ma mère nous attendait patiemment dans le salon.Je hochai la tête simplement, détournant mon regard vers la table. Dire que je n'étais pas gênée serait mentir, même si je ne l'appréciais pas, je ne voulais pas qu'il se fasse de fausses idées. Il me regardait en penchant la tête sur le côté et partit en haut s'habiller. Lui et mes parents descendirent quelques minutes plus tard, et nous engloutîmes le délicieux repas de Nathalie dans une ambiance assez étrange. Mon père semblait faire un débriefing avec Damien sur leur entraînement, et d'après ce que j'avais pu comprendre il y avait beaucoup à travailler. Je me levai de table puisque j'avais terminé mon repas, et partis rincer mon assiette avant de me diriger vers la grande baie vitrée. J'avais besoin de sortir. Comme s'il avait lu dans mes pensées, mon père se leva et m'accompagna dans la forêt. Damien n'eut pas le temps de répliquer que nous galopions tous les deux dans la forêt.— Alors, ma fille, que t'arrive-t-il ? me questionna mon père.— J'en sais rien, papa. Comment s'est p
Point de vue Émilie.Il faisait noir dehors, la soirée devait être un peu avancée maintenant. Je m'étais endormie à cause de mes pleurs. J'étais réveillée depuis un peu plus de deux heures, et j'étais dos à la porte de ma chambre. Je ne voulais parler à personne. Tout allait bien trop vite. Trop vite. Ma porte s'ouvrit une énième fois, et je fermai les yeux, faisant semblant de dormir.— Émilie, je sais que tu ne dors pas..., murmura Damien. Pourquoi étais-tu partie ?Ses pas s'approchèrent de mon lit, et mon lit s'affaissa. Il s'était assis à côté de moi. Mon cœur s'emballa malgré mes vaines tentatives de lui faire garder un rythme normal. Lien de malheur...— Sors de ma chambre, Damien, je veux être seule..., ordonnai-je.— Émilie, expl...— Sors d'ici ! le coupai-je en criant.Je m'étais relevée et lui faisais face. Il ne comprenait pas ma réaction. Il attendit quelques secondes, et il se leva en soupirant. Il me regarda une dernière fois et sortit en refermant la porte derrière lu
Je hochai la tête, et il me fit un petit sourire triste avant de sortir. Mon cœur se serra lorsque la porte se referma derrière lui. Je n'entendais aucun bruit de pas. Il attendait derrière la porte, pour voir certainement si j'allais le retenir. Mais je ne bougeai pas de mon lit, retenant mon souffle. Je tendis l'oreille. J'entendis son soupir, et il avança jusqu'à sa chambre. Pas de bruit de porte. Un lit s'affaissa. Il avait laissé sa porte ouverte pour voir si j'allais sortir... Un sourire se forma de lui-même sur mon visage, amusée de la situation. J'avais besoin d'une douche, j'étais toute transpirante. Je me levai et partis m'abandonner sous la douche.Damien et mon père avaient officialisé l'alliance entre les deux meutes, et il m'avait présentée à sa meute par la même occasion. J'étais à présent avec ma maman, qui discutait avec la femme de Simon, Angie. Elle était petite, mince, avec de longs cheveux noirs et de beaux yeux bleus. Elle semblait gentille et rigolait pour n'imp
Point de vue Émilie.Je courais dans les bois. Pour ma survie. J'étais couverte de sang. Il faisait noir. Les hiboux poussaient leur hululement, plusieurs créatures étaient à mes trousses. Des loups. Ils étaient une dizaine. L'un d'eux était plus en avant que les autres. Un gigantesque loup noir et blanc. Ses yeux étaient couleur améthyste. Il était rapide. Chacune de ses foulées le rapprochait, lui et les autres, de moi. J'étais fatiguée. Mes muscles me faisaient mal. Le sang perlait de mon flanc gauche, qui me lançait énormément. Nous étions en pleine forêt. Je sentais mes foulées se raccourcir, être moins rapides. Je ne voulais pas les laisser m'atteindre. Mais j'étais si fatiguée et faible. Je trébuchai sur une racine que je n'avais pas vue, et m'écroulai sur le sol. Je voulais me relever, mais mes muscles refusaient obstinément tout mouvement. Je souffrais. Les loups arrivèrent un à un, en grognant, et formèrent un cercle autour de moi. Le loup noir et blanc s'approcha de moi. Do
Mon père me regarda comme si je lui avais annoncé que j'étais enceinte. Tout comme Damien. Soit, les yeux ronds comme deux billes, deux statues parfaites. Ma mère, qui s'était faite discrète jusque-là, riait d'un air cristallin et s'avança pour se mettre à côté de moi.— Je suis d'accord avec elle ! approuva ma mère. Après tout, tu pourras t'assurer de la sécurité de notre fille en entraînant Damien, et toi Damien, tu pourras défendre correctement ce vaste territoire qui t'appartient.— Non !Damien et mon père avaient répondu à l'unisson, pour une fois ils étaient d'accord. Il fallait se douter que j'allais me dresser contre un mur. Jouons la carte sensibilité. Avec mon père, ça marchait toujours mais restait à voir avec Damien... Le lien jouerait en ma faveur.— Papa... Tu veux que je me sente en sécurité, non ? Tu es le meilleur Alpha, le meilleur entraîneur que j'aie jamais eu..., plaidai-je. Comparé à toi, les meilleurs combattants de la meute ne sont rien ! C'est grâce à toi si
Point de vue Émilie.Mes parents étaient là avec moi, chez Damien. J'étais si heureuse ! J'avais sauté dans les bras de mes parents, et on avait failli tomber à la renverse tous les trois, heureusement mon père avait réussi à nous retenir. Je pleurais à chaudes larmes, retrouver les êtres qui m'étaient si chers était un moment magique. Ma mère était comme moi, les larmes ne s'arrêtaient pas, tandis que mon père n'en versait aucune, mais ses yeux étaient tellement brillants qu'ils trahissaient les émotions qui le traversaient. Un raclement de gorge nous fit revenir à la réalité. Damien. Il tenait la porte d'entrée, et s'était mis sur le côté pour laisser mes parents entrer dans son immense demeure. Il affichait un sourire chaleureux, tout comme son regard. Cependant, celui-ci était concentré sur moi, et brillait de mille feux, comme si me voir heureuse le rendait heureux. Forcément, vous êtes âmes sœurs ! Je balayai cette pensée, voulant profiter de chaque instant avec mes parents. Je







