ログインEmma se tortilla inconfortablement sur la banquette arrière de la luxueuse Rolls-Royce, sa cuisse pressée contre celle de Sophia tandis que la voiture empruntait la route sinueuse menant au domaine Thorne. L'air semblait chargé de tension, et pas seulement à cause de leur emménagement imminent dans leur nouvelle maison. Emma n'arrivait pas à se débarrasser de l'impression que quelque chose n'allait pas, un sentiment d'inquiétude persistant qui lui nouait l'estomac depuis que leur père avait annoncé ses fiançailles avec Elizabeth Thorne.
Elle jeta un coup d'œil à sa sœur, observant ses grands yeux et ses gestes nerveux. Sophia avait toujours été la plus sociable, celle qui recherchait l'attention et s'épanouissait sous les projecteurs. Mais à présent, alors qu'elles étaient sur le point d'entrer dans un monde de richesse et de privilèges qui leur semblait étranger et intimidant, même Sophia paraissait incertaine. « Ça va ? » demanda doucement Emma en serrant la main de sa sœur. Sophia hocha la tête, forçant un sourire fragile. « Oui, ça va. Je suis juste... nerveuse, je suppose. » Emma comprenait parfaitement ce sentiment. La romance éclair entre leur père et Elizabeth Thorne les avait prises toutes les deux au dépourvu, bouleversant leur vie de classe moyenne jusque-là confortable. Et maintenant, elles étaient là, sur le point d'emménager dans un véritable manoir avec deux demi-frères par alliance qu'elles n'avaient jamais rencontrés. La voiture franchit un dernier virage et le domaine Thorne apparut devant elles. Emma retint son souffle en découvrant les vastes terrains, les pelouses impeccablement entretenues et l'immense demeure qui se dressait devant elles comme un château de conte de fées. C'était tout ce dont elle avait toujours rêvé, et pourtant quelque chose lui semblait étrange, comme un piège prêt à se refermer. Lorsque la voiture s'arrêta, les portes d'entrée s'ouvrirent et deux hommes apparurent sur le perron. Le cœur d'Emma manqua un battement lorsqu'elle remarqua leurs traits sculptés et leur allure assurée. L'aîné des deux, un homme aux yeux bleus perçants et à la présence imposante, ne pouvait être que Damien Thorne, leur nouveau demi-frère par alliance et héritier de la fortune familiale. Il était remarquablement beau, avec une mâchoire nette et des traits parfaitement dessinés. À ses côtés se tenait Ethan Thorne, le plus jeune frère et étoile montante du cinéma. Son sourire était espiègle, ses yeux pétillants de malice tandis qu'il observait les deux sœurs sortir de la voiture. Ils étaient tous les deux grands et athlétiques, leurs costumes sur mesure épousant parfaitement leur silhouette élancée. Emma ressentit une vague de chaleur lorsqu'elle croisa le regard de Damien, comme si un défi silencieux passait entre eux. Il y avait quelque chose de sombre et d'interdit dans ses yeux, quelque chose qui lui fit battre le cœur plus vite. « Bienvenue chez vous, mesdemoiselles », dit Damien d'une voix basse et suave. « J'espère que vous trouverez tout à votre goût. » Emma ouvrit la bouche pour répondre, mais les mots moururent sur ses lèvres lorsqu'Ethan s'avança, tendant la main vers elle. « Permettez-moi de vous montrer vos chambres », dit-il avec un sourire plus large. « Je suis sûr que vous avez hâte de vous installer et d'explorer les lieux. » Alors qu'Emma se laissait guider à l'intérieur, elle ne pouvait se débarrasser de l'impression qu'elle était entraînée dans quelque chose de dangereux, quelque chose qui allait changer le cours de sa vie à jamais. Pourtant, malgré les avertissements qui résonnaient dans son esprit, elle ne pouvait nier l'étincelle d'excitation qui naissait en elle à l'idée de passer plus de temps avec ses nouveaux demi-frères par alliance. Sophia suivait de près, les yeux écarquillés devant le luxe des lieux. Le hall d'entrée était immense, avec un grand escalier menant au premier étage et un lustre de cristal suspendu au plafond comme une couronne scintillante. Des domestiques s'affairaient, transportant des bagages et proposant des rafraîchissements, mais Emma les remarquait à peine. Son regard restait fixé sur Damien, qui se tenait au pied de l'escalier, les mains croisées derrière le dos. « Nous avons préparé des chambres face à face dans l'aile est », dit-il sans quitter Emma des yeux. « J'espère que vous les trouverez confortables. » Emma déglutit difficilement, sentant le poids de son regard comme un contact physique. « Merci », réussit-elle à dire d'une voix légèrement tremblante. Les lèvres de Damien s'étirèrent en un sourire en coin, comme s'il savait parfaitement l'effet qu'il produisait sur elle. « Je vous en prie », répondit-il. « N'hésitez pas à explorer le domaine à votre guise. Nous aurons beaucoup de choses à discuter plus tard, une fois que vous serez installées. » Sur ces mots, il tourna les talons et disparut dans un couloir, laissant Emma étourdie et déstabilisée. Elle regarda Sophia, qui semblait tout aussi troublée par cette rencontre. « Waouh », souffla Sophia, les joues rougies. « Ils sont... impressionnants. » Emma acquiesça, l'esprit envahi par les yeux bleus perçants de Damien et le sourire espiègle d'Ethan. Elle savait qu'elle devrait se concentrer sur son installation, défaire ses valises et s'habituer à ce nouvel univers. Pourtant, ses pensées revenaient sans cesse à la manière dont Damien l'avait regardée. Les chambres des deux sœurs étaient somptueuses, avec d'immenses lits, des dressings spacieux et des salles de bains plus grandes que leur ancien appartement. Emma passa les doigts sur les draps soyeux, émerveillée par le luxe qui l'entourait. Elle traversa la pièce et écarta les lourds rideaux, poussant un léger soupir devant la vue des jardins qui s'étendaient en contrebas. Le soleil se couchait à l'horizon, baignant les pelouses impeccables et les massifs de fleurs colorées d'une lumière dorée. C'était magnifique, digne d'un conte de fées. Mais alors qu'Emma s'appuyait contre le rebord de la fenêtre, elle ne pouvait se débarrasser de l'impression d'être observée. Elle balaya les jardins du regard à la recherche du moindre mouvement, sans rien trouver. Pourtant, cette sensation persistait, un frisson désagréable lui parcourant la nuque. Elle se détourna de la fenêtre, décidée à explorer davantage sa nouvelle chambre, lorsqu'un léger coup frappé à la porte la fit sursauter. Son cœur bondit dans sa poitrine tandis qu'elle traversait la pièce pour ouvrir. Sophia se tenait de l'autre côté. « Ça va ? » demanda Sophia en examinant son visage. « Tu as l'air... je ne sais pas. Absente. » Emma força un sourire. « Oui, ça va. J'essaie juste de tout assimiler, tu vois ? » Sophia hocha la tête. « Je comprends. Cet endroit est... énorme. » Emma s'écarta pour la laisser entrer. « Tu veux explorer ma chambre ? Elle est incroyable. » Sophia entra, les yeux grands ouverts devant le luxe de la pièce. « Mon Dieu », souffla-t-elle en passant la main sur la couette moelleuse. « On se croirait dans un film. » Emma rit, sentant une partie de la tension quitter ses épaules. « Exactement. J'ai l'impression d'être Cendrillon. » Pendant plusieurs minutes, elles explorèrent la chambre, admirant les produits de bain luxueux de la salle de bains attenante et discutant de la meilleure façon d'organiser le dressing. Cela faisait du bien de se concentrer sur quelque chose de normal, quelque chose de familier après les bouleversements des dernières semaines. Mais alors qu'elles s'apprêtaient à quitter la chambre pour descendre dîner, Sophia s'arrêta à la porte, une expression d'incertitude sur le visage. « Emma », dit-elle doucement, « tu crois que... tu crois qu'on est dépassées par tout ça ? » Le cœur d'Emma se serra. Elle comprit immédiatement ce que sa sœur voulait dire. « Je ne sais pas », répondit-elle honnêtement en prenant sa main. « Mais on s'en sortira ensemble, d'accord ? Quoi qu'il arrive, on reste unies. » Sophia hocha la tête et serra sa main plus fort. « Ensemble », répéta-t-elle. Et avec ce mot suspendu entre elles, les deux sœurs descendirent l'escalier pour affronter ce qui les attendait, leurs cœurs battant à l'unisson tandis qu'elles entraient dans ce nouveau monde plein de mystères et d'incertitudes.Six mois. Tu te rends compte ? Six mois, et pas une seule fois il ne m'a laissé gagner aux cartes."Hélène Marchand riait, assise sur un banc de pierre au milieu du jardin de la clinique, enveloppée dans un manteau rouge qu'elle n'avait pas mis depuis des années. Elle avait repris du poids. Ses cheveux, qui repoussaient en une brosse argentée et douce, brillaient dans la lumière orangée de la fin de journée. Les médecins parlaient désormais de rémission, avec la prudence ravie de ceux qui ont arrêté de compter les mois. Elle sortirait de la clinique à la fin du printemps.Tessa, assise à côté d'elle, portait une robe jaune. Un jaune vif, ensoleillé, presque insolent, qu'elle avait trouvé dans une boutique de la rue de Rennes et qu'elle n'osait toujours pas dire qu'elle avait payé le triple de ce qu'elle voulait. Dans ses cheveux, une barrette dorée, offerte par sa mère."Il a perdu exprès deux fois, maman. Je l'ai vu faire.""Menteuse. Il est bien trop fier pour ça.""Il t'adore.""Év
J'ai lu les journaux de ce matin avant même le lever du jour. À mon âge, on ne dort plus. On compte les chagrins des autres."Madame Montclair était assise dans son petit salon de lecture, un châle de laine jeté sur les épaules, une tasse de thé fumant à portée de main. Il était neuf heures. Une lumière pâle, lavée par la pluie de la nuit, tombait des fenêtres hautes sur les tapis anciens, les bibliothèques vitrées, un portrait d'homme moustachu accroché sur le mur de la cheminée. Sur le guéridon, une chemise bleue attendait, fermée par un ruban.Gabriel et Tessa, assis en face d'elle sur un canapé trop mou, échangèrent un regard. Ils n'avaient dormi que deux heures dans la voiture, sur le parking de la clinique, la tête de Tessa appuyée sur l'épaule de Gabriel. Ils avaient les yeux creusés, les vêtements froissés. À côté d'eux, dans son fauteuil, Étienne remuait son thé en silence, avec l'air d'un élève qui espère ne pas être interrogé."Édouard Verlaine a été arrêté cette nuit," dit
"Maman. Tu m'entends ? C'est moi. C'est Tessa."La chambre 214 baignait dans une lumière bleutée, celle des veilleuses de nuit, qui donnait aux murs une teinte d'aquarium. Un moniteur égrenait des bips réguliers près du lit. Une odeur de lavande flottait malgré tout dans l'air, tenace, familière, celle du savon qu'Hélène utilisait depuis toujours. Tessa respira cette odeur comme on boit de l'eau fraîche. Hélène Marchand, très pâle, les lèvres légèrement entrouvertes, reposait sur ses oreillers, un tuyau d'oxygène glissé sous le nez. Elle paraissait minuscule, perdue dans le grand lit, ses mains maigres posées sur le drap comme deux oiseaux fatigués.Tessa avait traversé tout le service en courant. Elle avait laissé Gabriel garer la voiture. Elle avait manqué de renverser un chariot de médicaments devant le poste de soins, et l'infirmière de nuit l'avait rattrapée par le bras en murmurant qu'il fallait respirer, que sa mère était stabilisée, qu'il n'y avait plus d'urgence. Elle n'avait
Je ne m'assiérai pas. Dites ce que vous avez à dire."La voix de Tessa résonna dans le grand salon blanc avec une clarté qui la surprit. Elle était restée sur le seuil, les mains dans les poches de son manteau, le dos très droit. À sa gauche, Gabriel s'était arrêté lui aussi. Un peu en retrait, Maxime fixait le tapis, incapable de lever les yeux vers la jeune femme assise à la table.Édouard Verlaine sourit, comme un hôte qui accepte la rudesse d'un invité."Comme vous voulez. Je ne suis pas rancunier." Il se détacha de la baie vitrée et s'avança vers la table à pas lents. "Voici la situation. Ma fille et moi partons demain matin pour la Suisse. Nous nous installerons à Lausanne, où j'ai quelques relations. Léa n'a pas encore signé les documents qui permettront de rapatrier une partie des avoirs de sa mère, mais je suis certain qu'elle le fera. C'est une question de temps.""Je ne signerai pas," dit Léa, sans bouger."Tu signeras, ma chérie. Tu es fatiguée, tu es bouleversée. Demain m
Il a une villa sur la côte normande. Il y emmène ses invités importants. Léa m'y avait conduit une fois, au début de l'été."Maxime attendait devant l'immeuble, sous la pluie revenue, les mains enfoncées dans les poches d'un manteau trop léger. Il avait l'air de n'avoir pas dormi depuis des jours. Une barbe naissante lui mangeait les joues, ses yeux étaient cerclés de rouge. Quand il avait aperçu Tessa et Gabriel sortir du hall, il avait fait trois pas vers eux, puis s'était arrêté, comme s'il se heurtait à une vitre invisible."Je suis venu vous aider. Je sais que je n'ai aucun droit de le demander.""Vous avez raison," dit Gabriel d'une voix glaciale. "Vous n'en avez aucun.""Écoute." Maxime se tourna vers Tessa, ignorant le regard de Gabriel. "Je n'ai pas dormi. J'ai pensé à tout ce que j'ai fait. J'ai vu Léa hier soir, avant que son père ne revienne. Elle m'a dit qu'elle ne voulait plus jamais me parler. Elle avait raison." Il avala sa salive. "Mais je connais Édouard. Quand il es
Vous voulez comprendre pourquoi je n'ai pas porté plainte ? Alors je vais vous répondre sans détour. Mais je préviens que ma réponse ne vous plaira pas beaucoup."Tessa s'était levée. Elle n'avait pas préparé de discours. Elle sentait ses genoux trembler sous sa jupe, la bouche sèche, le sang qui cognait dans ses tempes. Autour de la table, sept visages la fixaient avec une attention de jurés. Elle regarda d'abord Gabriel, qui n'avait pas bougé, les poings serrés sur le bois verni, puis Henri, qui l'observait avec un amusement poli, comme on regarde une enfant monter sur une chaise pour réciter un poème."Monsieur Berthier. Vous avez raison de poser la question. Il y a dix jours, j'aurais porté plainte sans la moindre hésitation. Quelqu'un avait fait suivre ma mère à la sortie d'une clinique. Quelqu'un avait photographié mon balcon. Je ne le pardonne pas. Je ne le pardonnerai sans doute jamais tout à fait."Un murmure de sympathie parcourut la salle. Madame Gaillard, une femme grise a
« Putain, qu'est-ce que tu crois faire ? » gronda Damien en faisant irruption dans le hall où Ethan maintenait Emma plaquée contre le mur, les doigts enfoncés dans son vagin ruisselant. « Lâche-la, immédiatement ! »Ethan leva les yeux, un sourire mauvais aux lèvres, tandis qu'il continuait de péné
Emma s'éveilla lentement, le corps encore vibrant du plaisir de sa rencontre avec Damien. Elle se retourna, cherchant instinctivement son corps, mais ne trouva que des draps vides. Un coup d'œil à l'horloge sur sa table de chevet lui indiqua qu'elle avait dormi plusieurs heures et que le soleil se
Emma se réveilla en sursaut, le cœur battant la chamade, chassant les derniers vestiges d'un rêve intense. Assise dans son lit, elle passa une main dans ses cheveux ébouriffés, tentant de se débarrasser de cette sensation désagréable qui lui collait à la peau.Trois jours s'étaient écoulés depuis l
AVERTISSEMENT : L’histoire suivante contient un contenu graphique et explicite impliquant du BDSM extrême, des dynamiques d’échange de pouvoir et des relations taboues. Elle est destinée à un public averti uniquement et peut être perturbante pour certaines personnes. Si vous êtes sensible à l’un de







