LOGINSa question, d'une dureté tranchante, est une menace à peine voilée. Sa main quitte mon ventre pour se glisser entre mes cuisses, la chaleur de sa paume brûlant à travers ma chair. Instinctivement, mes jambes se contractent, se serrant l'une contre l'autre dans un geste de défense désespéré. __ Voilà plus de cinq heures que mes désirs sont en suspens, et maintenant, tu oses te refuser à moi, Eilish ? Sa voix, murmurée à mon oreille, est un mélange troublant de reproche et d'une sensualité brutale. __ Je ne suis pas une putain ! Mon exclamation, bien que pleine de rage, manque de la conviction que je souhaiterais y entendre. __ Pourtant, tes actions aujourd'hui m'ont démontré le contraire, n'est-ce pas ? Au moment où il prononce ces mots, sa main se fraie un chemin entre mes lèvres intimes, la chaleur humide de mon désir involontaire rencontrant ses doigts impatients. Je n'ai aucun souvenir d'avoir relâché la tension de mes cuisses, pourtant… __ Lâchez-moi Duc ! Ma su
__ Ma courtisane… Le murmure du Duc vibre contre mon cou, une intonation rauque et dangereuse qui fait frissonner chaque parcelle de mon épiderme. Son visage s'enfouit dans la nuque, et une onde de chaleur mêlée d'appréhension me submerge lorsque ses lèvres brûlantes se posent sur ma peau, la mordillant avec une lenteur délibérée. Mon dos est à présent plaqué contre la rigidité de son corps musclé, et une sensation troublante, la dureté de son membre pressant le creux de mes reins, me fige. Mes yeux, exorbités de surprise et d'une angoisse naissante, fixent les étagères devant lesquelles je me retrouve captive, l'emprise de ses bras puissants ne me laissant aucune échappatoire. __ Non… pas de suçon ! Ma voix, habituellement assurée, tremble sous l'effet de sa proximité, du trouble qu'il insinue en moi. Cet homme est un brasier, et je suis une imprudente qui s'amuse dangereusement avec les flammes. Un cri étranglé s'échappe de ma gorge lorsque je sens ses dents acérées s'enfoncer d
Ma main n'étant plus prisonnière de la sienne, je recule instinctivement, mais me heurte à quelque chose de dur derrière moi. Je me raidie.. _ Christopher…Vibre la voix du Duc, rauque et menaçante, juste derrière mon oreille. Une onde de terreur me parcourt l'échine. Mon corps se retrouve involontairement plaqué contre le sien, sa présence imposante et suffocante m'enserre comme une étreinte mortelle. Un réflexe de survie me pousse à faire un bond sur le côté, le cœur battant la chamade, tel un oiseau pris au piège. Cet homme est une ombre omniprésente dans ma vie, et sa proximité immédiate provoque en moi un malaise profond, une colère lancinante.Je baisse la tête, mes yeux rivés sur le sol, et murmure une excuse indistincte, cherchant à m'éclipser de sa présence oppressante. Instinctivement, je prends le chemin opposé, celui menant à la bibliothèque, le seul sanctuaire de cet enfer où je parvenais encore à respirer, à me sentir, ne serait-ce qu'un instant, dans mon propre espac
__ Cousin La voix, maintenant derrière moi, me cloue sur place. Je garde la tête baissée, les yeux rivés sur mes pieds, et mes doigts crispent un pan de ma robe. Mes mains tremblent, mon cœur tambourine sauvagement dans ma poitrine. Le diable. Celui qui me piétine et me mutile à sa guise. Sa présence seule suffit à m'emplir d'une terreur froide. __ Je vais... ne... ne... nettoyer. Sans relever la tête, je m'éloigne à pas rapides, presque frénétiques. Il est à quelques pas de la porte menant au couloir, à la sortie. Il reste immobile, et je sens son regard peser sur moi, un regard que je me refuse à croiser. Prudentement, je passe près de lui et quitte la pièce, aspirant une bouffée d'air frais.Mon souffle se coupe lorsque je croise Thierry dans le grand hall d'entrée, au pied de l'escalier monumental qui s'élève majestueusement vers les étages supérieurs. Ses murs sont ornés de tapisseries sombres représentant des scènes de chasse complexes et de portraits austères aux regards per
_Que faites-vous, Mademoiselle ? Dépêchez-vous ! La voix aiguë de Dame Marie me ramène à la réalité. J'hoche la tête et m'exécute. Arrivée devant la grande porte à double battant de l'antre du diable, des souvenirs que j'aurais voulu oublier refont surface le soir où j'ai perdu ma virginité avec le Duc.Je secoue la tête pour me ressaisir. La porte est grande ouverte. Je pénètre dans l'immense bureau. La première chose qui attire mon regard est un homme de dos, absorbé par l'examen des étiquettes de vin sur une imposante étagère en bois sombre qui s'étend du sol au plafond. Des bouteilles de toutes formes et couleurs y sont alignées, certaines poussiéreuses, d'autres étincelantes sous la lumière des chandeliers. Il a une chevelure châtain foncé, une carrure large, et porte un costume noir impeccable. Il respire la richesse et le pouvoir à des kilomètres. Je toque doucement à la porte, tenant les verres d'une main sur un plateau pour avoir son accord avant de pénétrer dans son espace
__Embrasse-moi ! Un ordre direct, sans appel. Après un dernier regard paniqué vers la porte close, j'arquai le dos, le désespoir me donnant une force inattendue. J'enroulai mes bras tremblants autour de son cou puissant, mes jambes s'accrochant à sa taille, puis plaquai mes lèvres tremblantes sur les siennes, des lèvres charnues que je haïssais et désirais à la fois. Il ne fit rien, resta immobile, ne répondant pas à mon baiser forcé. Je mordis doucement sa lèvre inférieure, la suçotant brièvement, avant de m'écarter et de déposer un baiser rapide sur le coin de ses lèvres froides, puis un autre sur son nez parfait d'aristocrate. Finalement, je me retirai complètement, me laissant retomber sur le dos, épuisée.__ Non… vas-t'en ! ordonna-t-il d'une voix calme et détachée à son serviteur. Un souffle de soulagement quitta mes lèvres tremblantes, suivi d'un sanglot étouffé de pure détresse.__ Cela t'est-il si triste d'être vue avec moi. Ce n'était pas une question qu'il me posait, mai
__ Vous feriez mieux d'aller demander clémence auprès du Grand Duc, Mademoiselle, vu que les bijoux ont été retrouvés, m'avait conseillé le commissaire en chef d'un ton qui se voulait compatissant, mais qui sonnait comme un glas à mes oreilles.Assise face à lui, dans ce bureau qui sentait le tabac
Assise sur le bord de mon lit, je reste immobile, le regard perdu vers le plafond décrépit de ma chambre. Le silence de la maison est seulement brisé par le bruit de mes larmes qui s'écrasent sur mes mains jointes. L'échéance est là. Demain soir, l'homme au sourire lubrique reviendra, et nous n'aur
Je jette un coup d'œil furtif, presque malgré moi, vers le balcon de marbre de l'étage supérieur. Dame Marie nous a annoncé ce matin, avec son ton pincé habituel, que le Grand Duc Ferdinand était parti pour la capitale de l'empire et qu'il ne reviendrait pas avant plusieurs jours. Cette nouvelle a
EilishJe reste étendue dans mon lit, les yeux obstinément fixés sur les lattes de bois du plafond. Ma respiration est courte, saccadée, comme si l'air de la chambre était devenu trop rare. Le souvenir du baiser du Duc, ce mélange de douceur feinte et de brutalité souveraine, me hante sans relâche







