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Chapitre 2

Autor: Marcia778
last update Última actualización: 2026-01-21 18:51:05

Elle se leva et pointa la porte, désignant fermement la sortie à cette dame qu'elle appelait « maman », plus par habitude sociale que par affection réelle. Éléonore n'avait plus aucun sentiment affectif pour eux depuis longtemps. Ces sentiments s'étaient érodés année après année, absence après absence. Elle avait souffert de leur manque pendant son enfance, pleuré dans son oreiller en se demandant pourquoi elle n'était pas assez bien pour qu'ils restent, et elle en souffrait encore maintenant, même si elle s'était construite une carapace. C'était difficile, déchirant même, de se dire qu'elle ne l'avait jamais vraiment aimée. Elle avait toujours été plus concentrée sur sa carrière, sur les flashs des paparazzis, sur les avant-premières de ses films, que sur sa fille unique qui grandissait seule dans un hôtel particulier vide.

Elle la regarda, indignée, la bouche ouverte comme un poisson hors de l'eau, visiblement choquée qu'elle ose lui parler ainsi. Puis, dans un mouvement théâtral digne d'une scène de série, elle tourna les talons et s'en alla, faisant claquer ses Louboutin sur le parquet en bois précieux. Chaque pas résonnait comme un reproche supplémentaire. La porte claqua violemment derrière elle, faisant trembler le cadre photo sur la commode, et Éléonore ne put s'empêcher de soupirer profondément, un soupir qui venait du plus profond de sa poitrine, avant de finalement se diriger vers la salle de bain attenante à sa chambre.

Éléonore n'était pas particulièrement une femme volage ou coureuse. Elle avait simplement... des aventures. Il lui arrivait d'avoir des coups d'un soir, rien de sérieux, jamais rien de sérieux parce que s'attacher signifiait souffrir et elle avait déjà donné. Elle faisait toujours attention à utiliser une protection, méticuleuse sur ce point. Mais cette nuit-là, elle avait fait une bêtise monumentale. L'alcool, l'euphorie, le moment... et le préservatif qui s'était déchiré sans qu'ils ne s'en aperçoivent tout de suite. Le résultat de cette négligence se trouvait maintenant bien au chaud dans son ventre, grandissant chaque jour un peu plus.

Elle soupira en entrant dans la salle de bain tout en marbre italien et actionna l'eau de la douche à l'italienne. L'eau se mit à couler, d'abord froide puis progressivement chaude, glissant le long de son corps dans une cascade apaisante qui lui procura d'agréables frissons. Un soupir de plénitude sortit d'entre ses lèvres entrouvertes. Elle adorait cette sensation, la chaleur de l'eau sur sa peau, la vapeur qui envahissait progressivement la pièce, créant un cocon protecteur où le reste du monde n'existait plus.

Après une bonne vingtaine de minutes, oui Éléonore était définitivement quelqu'un qui passait plus de temps que n'importe qui sous la douche, c'était un moment sacré où elle pouvait être seule avec ses pensées, sans que personne ne la dérange, sans jugement, sans attentes. Elle enroula une serviette moelleuse autour d'elle, l'eau dégoulinant encore de ses cheveux bruns sur ses épaules pâles, et sortit de la salle de bain dans un nuage de vapeur parfumée.

Elle se rendit dans son dressing walk-in, une pièce entière dédiée à sa garde-robe qui aurait fait pâlir d'envie n'importe quelle fashionista. Elle en sortit un haut blanc Saint Laurent et un jean skinny Dior, tous deux signés de grands créateurs dont les étiquettes dépassaient probablement le salaire mensuel moyen. Elle attrapa également un sous-vêtement frais et sortit du dressing.

Elle se vêtit avec des gestes mécaniques, automatiques, puis s'installa lourdement sur son lit king size. Ses yeux se perdirent dans le vide, fixant un point invisible sur le mur blanc immaculé face à elle. Malgré l'effort surhumain qu'elle déployait pour banaliser cette histoire, pour faire comme si de rien n'était, pour continuer sa vie normalement, la réalité revenait toujours plus dure, plus puissante, comme une vague qui s'écrasait contre une digue. Elle la frappait de plein fouet, lui faisant comprendre avec une clarté brutale que tout cela était réel. Terriblement, incontestablement réel.

Elle était bel et bien enceinte. Ce n'était pas un cauchemar dont elle allait se réveiller. C'était la réalité, crue et inévitable. Ce n'était pas facile pour elle d'assimiler cette vérité qui bouleversait tout ce qu'elle avait construit. C'était effrayant, terrifiant même. Elle s'était toujours gérée seule, dans une solitude qu'elle avait fini par maîtriser, par apprivoiser. Elle n'avait jamais dépendu de personne, ne s'était jamais souciée des conséquences à long terme de ses actes. Et maintenant, dans quelques mois seulement, peut-être six ou sept, tout ceci serait encore plus réel qu'aujourd'hui.

Un petit être humain dépendrait entièrement d'elle. Elle, Dubois Éléonore, qui ne savait même pas prendre soin d'elle-même correctement. Elle qui avait grandi sans modèle parental valable. Elle qui passait ses nuits dans des clubs et ses journées à cuver. Comment pourrait-elle être mère quand elle n'avait jamais vraiment eu de mère elle-même ?

Et pourtant, elle devrait assumer tout ça. Seule, probablement. Avec la tête haute, comme elle l'avait toujours fait, parce qu'elle n'avait jamais connu autre chose que de se relever seule.

Après la nuit magique que lui avait fait passer ce jeune homme mystérieux, Julien, et c'était honnêtement l'une des plus belles et des plus magiques qu'elle ait jamais passées dans sa vie pourtant remplie d'expériences, elle aurait voulu recommencer. Revivre ces quelques heures où elle s'était sentie vivante, vraiment vivante, pas juste existante. Où quelqu'un l'avait regardée comme si elle était précieuse, pas pour son argent mais pour elle-même. Ils avaient ri ensemble, parlé de tout et de rien, et la connexion avait été... électrique. Différente.

Mais idiote comme elle était, emportée par le moment, l'idée de lui demander son numéro lui avait complètement échappé dans la précipitation du matin. Elle s'était réveillée seule, avec juste le souvenir d'un sourire et d'une voix grave qui murmurait des mots doux à son oreille. Et maintenant, elle n'avait aucun moyen de le contacter. Aucun moyen de lui dire qu'elle portait son enfant. Qu'une partie de cette nuit magique grandissait en elle.

Éléonore passa une main tremblante sur son ventre encore plat, mais où elle savait qu'une vie minuscule se développait. Une vie qu'elle avait créée avec un inconnu dont elle ne connaissait même pas le nom de famille.

Un rire amer lui échappa. Quelle ironie. Elle qui pouvait tout acheter, absolument tout, ne pouvait pas acheter un moyen de retrouver cet homme. L'argent, pour une fois, était parfaitement inutile.

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