LOGINIl a posé ses mains sur mes hanches, me guidant, et j'ai laissé faire. Son souffle est devenu plus court. Puis, il a murmuré contre mon oreille, sa voix chaude et polie, un contraste absolu avec la crudité de ses mots.
— Voulez-vous me sucer la bite ?
Je me suis figée. Le choc de sa question, si directe, si crue, m'a coupé le souffle. C'était juste une danse privée, pas ça. Les règles étaient claires. Mais je l'ai regardé. J'ai vraiment regardé son visage, ses yeux sombres et brillants, la courbe parfaite de ses lèvres. Il était magnifiquement beau. Et dans cette beauté, j'ai vu une échappatoire. Une porte de sortie. Pas pour l'argent. Pour oublier. Pour oublier cette soirée, cette salle de cours, ma vie qui dérape. Baiser avec cet inconnu était la chose idéale. J'aurais pu prendre un litre d'alcool, mais non. Je voulais ça. Je voulais me lâcher. Après tout, c'était un inconnu. Juste ce soir. Ni vu ni connu.
— Oui, ai-je soufflé. Pas de souci.
Le mot a quitté mes lèvres et avec lui, toutes mes dernières inhibitions. Je me suis laissée glisser de ses genoux pour m'agenouiller sur le tapis épais. Mes mains tremblaient légèrement en atteignant sa ceinture. Le cliquetis de la boucle métallique a été le seul son, plus fort que la musique.
J'ai dénoué la ceinture, puis le bouton de son pantalon. J'ai tiré la fermeture éclair lentement, révélant le coton blanc de son caleçon. J'ai glissé ma main à l'intérieur, mes doigts rencontrant sa peau brûlante et son sexe déjà dur comme le roc.
Je l'ai sorti de son pantalon. Il était beau, aussi. Long, épais, avec une veine proéminente qui parcourait sa longueur. Sans attendre, j'ai pris sa queue dans ma bouche. Le goût de sa peau, légèrement salée, m'a rempli les sens. J'ai commencé à le sucer, lentement d'abord, savourant chaque centimètre, ma langue explorant sa tête sensible.
J'ai pris une de ses couilles dans ma main, la massant doucement, puis l'autre. J'adorais ça. Le pouvoir que ça me donnait. Le son de son souffle coupé au-dessus de moi. J'ai pris sa bite plus profondément, le laissant glisser jusqu'au fond de ma gorge, mes lèvres scellées autour de sa base. J'étais à lui, entièrement, et c'était exactement ce dont j'avais besoin.
Alors que sa queue battait ma gorge, un point douloureux me transperça soudain le mollet, une crampe aiguë qui me plia en deux. Je reculai brusquement, laissant échapper sa bite avec un son humide. Ma main se crispa sur mon muscle, le visage tordu par la douleur, toute l’excitation retombée comme un château de cartes. Je m’affalai sur le côté, incapable de tenir sur mes genoux.
« Qu'est-ce qui se passe ? » sa voix était grave, un peu rauque.
« Une crampe... rien », je parvins à articuler entre mes dents serrées.
Sans un mot de plus, il se leva du fauteuil, sa demi-érection balançant devant lui. Il se pencha, ses mains fortes mais délicates glissant sous mes bras. « Allonge-toi », dit-il doucement. Il me guida jusqu’à ce que je sois allongée sur le tapis épais, la lumière rouge tamisée me baignant le visage. Puis il s'agenouilla à mes côtés. Ses doigts trouvèrent le muscle noué de mon mollet et commencèrent à le masser avec une pression ferme et experte.
La douleur se mua peu à peu en une sensation chaude et diffuse. Je fermai les yeux, me concentrant sur ce geste de soin inattendu. Ce n'était plus du tout le même rapport. La tension érotique brute s'était dissoute, remplacée par quelque chose de plus étrange, de plus intime. Il ne me regardait plus comme une proie, mais comme une personne.
Quand la crampe fut enfin partie, il retira sa main. Je rouvris les yeux. Le silence n'était plus que le grondement lointain de la musique. Sans me parler, je me redressai, retournai à ma position initiale et repris mon travail. Cette fois, il n'y avait plus de ferveur désespérée, mais une concentration nouvelle. Je le sucai proprement, ma langue explorant chaque recoin, mes lèvres scellant hermétiquement sa tige.
Je sentis ses hanches se soulever légèrement, son souffle se couper. Ses mains se posèrent sur ma tête, non pas pour me guider, mais simplement pour s'y accrocher. Quand il jouit, ce fut avec un gémissement sourd, et je bus tout son sperme chaud, le laissant s'écouler au fond de ma gorge avant de l'avaler.
Il resta immobile un long moment, la tête renversée contre le dossier du fauteuil. Puis il se redressa, me prit par les épaules et m'aida à me relever. « Assieds-toi », dit-il, sa voix un peu essoufflée. Il m'installa dans le fauteuil de cuir encore chaud de son corps. Avant que je ne comprenne ce qu'il faisait, il s'agenouilla sur le tapis devant moi. Ses mains se posèrent sur mes genoux, puis il écarta doucement mes cuisses avec une lenteur calculée qui me coupa le souffle. Il me dévora des yeux, mon string encore humide collé à ma chatte.
Puis il se pencha et plongea son visage entre mes jambes. Sa bouche se posa sur le tissu mouillé, aspirant mon goût à travers lui avant de le repousser sur le côté avec son menton. Sa langue trouva mon clitoris, et une décharge électrique parcourut tout mon corps. C'était une ferveur qui me surprit, une dévotion absolue. Il ne se contentait pas de me lécher, il m'adorait.
Sa langue était partout, explorant, fouillant, suçant mes lèvres, pénétrant ma chatte, puis revenant marteler mon bouton sensible avec un rythme insoutenable. Je m'abandonnai totalement, mon corps archant, mes mains s'accrochant aux accoudoirs du fauteuil.
Je n'étais plus que sensations, qu'une montée inexorable vers une explosion. L'orgasme m'a submergée, une vague monstrueuse qui m'a secouée de la tête aux pieds, me faisant crier dans la pénombre du salon.
Quand les spasmes se calmèrent, il releva la tête, son visage luisant de mes humeurs. Je le regardais, prostrée, haletante. Le besoin était encore là, plus fort, plus primal. « Baise-moi », murmurai-je, ma voix rauque. « Baise-moi. Je veux... j'ai besoin d'une montée d'adrénaline. Pour oublier. Pour tout oublier ce que j'ai fait ce soir. » Il hocha lentement la tête. « Tu peux compter sur moi. »
Il se redressa, tira son pantalon et son caleçon jusqu'à ses chevilles, puis se pencha sur moi. Il entra en moi d'un seul coup, puissant et profond. Je poussai un cri de surprise et de plaisir. Il commença à me baiser, s'appliquant, chaque coup de rein bien envoyé, me frappant au plus profond de mon ventre. Il me prenait avec une intensité parfaite, ni trop brutale, ni trop douce, juste ce qu'il fallait pour m'anéantir.
Je remontai mes jambes autour de sa taille, l'attirant plus profondément encore, le mordillant au cou, ses épaules. Le monde extérieur n'existait plus. Il n'y avait plus que lui, moi, et cette connexion bestiale. Il accéléra son rythme, sa respiration devenant saccadée contre mon oreille. Avec un dernier grognement, il s'enfonça une dernière fois et jouit, me remplissant de sa chaleur.
Il resta un instant sur moi, le corps lourd, puis se redressa et se rhabilla en silence. Moi aussi, je rajustai ma jupe et mon haut, me sentant bizarrement à la fois vidée et vivifiée. Il fouilla dans sa poche et en sortit un billet, qu'il me tendit. « Comment tu t'appelles ? »
Je regardai le billet, puis lui. Si je prenais cet argent, ce serait comme si j'étais une pute. Une pute de luxe, peut-être, mais une pute quand même. Pourtant, je n'avais pas fait ça pour l'argent. J'avais choisi. J'avais profité, sacrément profité, jusqu'à avoir cet orgasme monstrueux. C'était même lui qui m'avait rendu un service. J'avais accepté d'être payée pour danser, pas pour ça.
« Tu n'as pas besoin de connaître mon nom », dis-je en repoussant doucement sa main. Je regardai le billet une dernière fois. « Non. Tu as déjà payé pour la danse. J'aimerais pas... j'aimerais pas accepter de l'argent pour une partie de jambes en l'air. » Je me le répétai intérieurement, comme un mantra. C'était pour ce qui me restait de dignité.
Il sembla comprendre. Il remit le billet dans sa poche. « D'accord. On se reverra ? »
« Non. C'est fini pour ce soir. Et je ne reviendrai plus ici. »
Sans un mot de plus, je me dirigeai vers le rideau de velours. Je le repoussai, retrouvant le chaos assourdissant du club. La musique, les lumières stroboscopiques, la foule en sueur. J'avais l'impression de revenir d'une autre planète. Je marchai d'un pas assuré jusqu'au vestiaire, récupérai mes affaires et passai au caissier. L'homme me tendit une liasse de billets, le paiement pour ma danse privée. Je les empochai.
C'était l'argent de la danse. Pas celui de la baise. Je sortis dans la nuit froide, l'air vif me piquant les joues, et je sentis le poids de cet argent dans ma poche, et le poids de ce que j'avais fait sur mon âme.
Chapitre 20LE POINT DE VUE DE Lambert Elle a hésité, la main toujours sur la poignée, et j'ai vu quelque chose vaciller dans son regard — cette même lueur que j'essayais de déchiffrer depuis qu'elle avait ouvert cette porte.— Assieds-toi, j'ai répété, plus doucement cette fois.Elle a fini par obéir, refermant la porte derrière elle avant de s'installer sur la chaise face à mon bureau, les mains croisées sur ses genoux, cette posture raide qu'elle prenait toujours quand elle cherchait à paraître plus assurée qu'elle ne l'était vraiment.— Ce n'était pas vraiment une question sur le devoir, que tu venais me poser, j'ai dit, l'observant attentivement.— Non.— Alors ?Elle a détourné les yeux, fixant un point quelconque sur mon bureau, et j'ai remarqué la façon dont ses doigts se resserraient légèrement sur le tissu de sa jupe.— C'est rien. Oublie ça.— Maya.— C'est rien, j'ai dit.Le silence s'est installé entre nous, différent de celui que je connaissais déjà, chargé de quelque c
Chapitre 19LE POINT DE VUE DE Lambert J'étais penché sur une pile de copies quand on a frappé à ma porte, deux coups légers, presque hésitants. J'ai levé les yeux, et Camille — non, pas l'étudiante, l'autre, celle de l'administration, je ne me souvenais jamais de son prénom — se tenait dans l'encadrement, dans une tenue nettement plus soignée que celle qu'elle portait habituellement. Une robe ajustée, des talons, ses cheveux tombant en vagues soigneusement travaillées.— Je ne vous dérange pas ?— Pas du tout, entrez.Elle a refermé la porte derrière elle, un geste qui n'avait rien d'anodin, et s'est avancée avec cette démarche assurée de quelqu'un qui savait exactement l'effet qu'elle produisait.— On n'a jamais vraiment eu l'occasion de faire connaissance, tous les deux, a-t-elle dit, s'installant sur le bord de mon bureau plutôt que sur la chaise qui lui était destinée. Et vous ne m'avez jamais fait signe, pour ce café.Je me suis frotté la nuque, cherchant une excuse qui sonne à
Chapitre 18 LE POINT DE VUE DE LAMBERT La voiture roulait doucement dans les rues désertes, l'hôpital déjà loin derrière nous, le silence entre nous plus apaisé que tendu, cette fois. Maya regardait par la vitre, épuisée, les traits tirés par cette nuit interminable.— Indique-moi où aller, j'ai dit, ralentissant à l'approche d'un carrefour.— Deuxième à droite, puis tout droit.Je l'ai regardée du coin de l'œil, notant l'adresse qu'elle me donnait, et quelque chose a tilté dans mon esprit — ce n'était pas le même chemin que la première fois, cette nuit où je l'avais raccompagnée après le club. Je m'en souvenais parfaitement, chaque détail de cette soirée gravé dans ma mémoire avec une précision presque obsessionnelle. Le coin de rue où elle m'avait demandé de m'arrêter était à l'opposé de celui vers lequel elle me guidait maintenant.— C'est pas ici que je t'avais déposée, la dernière fois.Elle a eu un petit rire sans joie, fixant toujours la vitre.— Non. C'est pas ici.— Tu m'av
Chapitre 17Le silence est revenu peu à peu, entrecoupé seulement de nos souffles encore irréguliers. J'étais appuyée contre lui, la tête posée contre son épaule, sentant son cœur battre sous ma joue, presque aussi affolé que le mien. Pendant quelques secondes, dans cette obscurité poussiéreuse entre deux rayonnages, plus rien d'autre n'existait — ni le règlement, ni les rumeurs, ni la peur du lendemain.Puis mon téléphone a vibré dans la poche arrière de mon jean, insistant, brisant cette bulle fragile dans laquelle je m'étais laissée dériver.— Laisse sonner, a murmuré Lambert contre mes cheveux.Mais la sonnerie a repris, une deuxième fois, presque immédiatement après la première, et cette insistance-là, je la connaissais trop bien. Personne n'appelait deux fois de suite pour rien.Je me suis dégagée doucement, cherchant mon téléphone à tâtons, le cœur déjà serré par un pressentiment sourd.— Allô ?— Mademoiselle Lefort ? C'est l'hôpital Saint-Michel. On essaie de vous joindre con
Chapitre 16La vague montait, irrésistible, une chaleur qui s'accumulait à la base de mon ventre, s'étirait, se resserrait, promettant une explosion. Les doigts de Lambert étaient un ouvrage du diable, connaissant chaque pli, chaque point sensible, jouant de ma chatte comme d'un instrument. Je fermai les yeux, laissant le monde extérieur se dissoudre dans le bourdonnement de mon sang. C'était ça, le seuil, l'instant de bascule où tout devient possible…C'est à ce moment précis qu'un bruit sourd et métallique déchira le silence feutré de la librairie. Le déclic de la serrure, suivi du grincement lourd de la porte d'entrée qui s'ouvrait sur la rue. Mon corps se figea, le plaisir se retirant aussi brusquement qu'une marée, laissant un vide glacial. Une voix masculine, vieillotte et un peu lasse, résonna dans le grand espace vide. « Fermeture dans cinq minutes ! Mesdames et Messieurs, je vous en prie. »La main de Lambert ne bougea pas, mais sa pression changea. Elle n'était plus active
Chapitre 15Son baiser a été le point de non-retour. Une vague de chaleur qui a submergé les dernières bribes de ma volonté, me laissant flottante, ancrée uniquement par la pression de son corps contre le mien et l'étagère qui me cisaillait le dos. J'ai senti sa main quitter ma joue pour glisser le long de mon cou, son pouce caressant mon pouls frénétique, un geste de possession à la fois doux et implacable. L'autre main a continué son voyage le long de ma colonne vertébrale, s'arrêtant dans le creux de mes reins pour me plaquer encore plus contre lui, jusqu'à ce que je ne puisse plus ignorer la dureté de son désir qui me pressait contre le ventre à travers les tissus de nos vêtements.Il a rompu le baiser, mais seulement de quelques millimètres, son souffle chaud se mêlant au mien dans l'air poussiéreux de la librairie. Ses yeux étaient deux braises dans la pénombre, fixés sur moi, lisant chaque micro-expression sur mon visage. Il n'avait pas besoin de mots pour savoir qu'il avait







