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Le silence s'installe, glacial, plus lourd que tous les mots. Je soutiens le regard de Thomas sans ciller. La peur me glace l'échine, remontant de mon coccyx jusqu'à ma nuque. C'est la même peur que ce soir où j'ai arraché le collier dans un accès de rage, où j'ai failli tout perdre. Mais cette fois, je prends u
JulienDes semaines ont passé depuis le dîner avec Thomas. Un dimanche après-midi paisible, un de ces dimanches suspendus où le temps semble ralenti. Élise est assise sur le canapé, elle lit un livre, les jambes repliées sous elle. Nue, le collier autour du cou, simplement apaisée, sa respiration lente et régulière. La pièce est baignée d'une lumière douce, presque lactée, qui tombe de la fenêtre. Je la regarde depuis le fauteuil depuis de longues minutes. Je sais ce que je veux faire. Je le sais depuis plusieurs jours. Je m'assieds en face d'elle.— Élise. Pose ton livre. J'ai quelque chose à te proposer.Elle lèv
ÉliseThomas se lève lourdement. Il va jusqu'à la fenêtre, écarte le rideau, et regarde la nuit parisienne, les toits de zinc, la lune au-dessus de la Seine, nous tournant le dos. La tension est à son comble. Chaque seconde est une éternité. Ma main tremble dans celle de Julien. Il la serre doucement, un message silencieux qui dit : Quoi qu'il arrive, je suis là. Nous sommes là.Enfin, Thomas se retourne. Son visage n'est plus fermé. Il est... fatigué, marqué par l'effort intérieur qu'il vient de fournir, mais ses yeux ont perdu leur dureté, cette lueur accusatrice qui m'a tant fait peur. Il semble faire un effort immense, presque douloureux, pour accueilli
JulienLe silence s'installe, glacial, plus lourd que tous les mots. Je soutiens le regard de Thomas sans ciller. La peur me glace l'échine, remontant de mon coccyx jusqu'à ma nuque. C'est la même peur que ce soir où j'ai arraché le collier dans un accès de rage, où j'ai failli tout perdre. Mais cette fois, je prends une décision immédiate : je ne fuirai pas. Jamais plus. Je me tourne vers Élise. Elle est pâle, tremblante, ses doigts crispés sur le cadenas à travers le col roulé. Je lis dans ses yeux une terreur immense à l'idée d'être jugée, rejetée, incomprise. Mais j'y lis aussi une confiance absolue en ma capacité à décider pour nous, à nous protéger.
ÉliseUne soirée en ville, chez notre ami Thomas. Un dîner tranquille entre vieilles connaissances. Thomas est l'un des plus vieux amis de Julien, un confident de longue date. Ils se connaissent depuis l'université, ont partagé des soirées, des peines, des réussites. Personne d'autre que lui – à part nous, bien sûr – ne m'a jamais vue avec le collier. Du moins, c'est ce que je croyais avant ce soir.Le dîner se passe bien. Rires, vin, discussions légères sur la politique et le cinéma. Le collier est caché sous un col roulé en cachemire noir. Pourtant, à plusieurs reprises, je surprends le regard de Thomas posé sur moi. Un regard différent, plus aiguisé que d'h
JulienLa récompense. De retour dans l'appartement, je ne la prends pas tout de suite. Je veux faire durer ce moment, l'étirer jusqu'à la limite extrême du supportable, pour elle comme pour moi. Le désir est un muscle que je veux bander jusqu'à la rupture avant de le détendre dans l'orgasme.Élise est debout au milieu du salon, haletante, les joues encore rouges de l'excitation du bar, les pupilles dilatées. Je la regarde. Le collier brille à la lumière tamisée. Son corps est parcouru de frissons visibles.— Déshabille-toi. Mais pas vite. Lentement. Très lentement. Je veux que chaque centimètre de peau que tu dévoiles soit une
Mon cœur s'emballe. La sensation est vertigineuse. Je suis un appât, une proie consentante, offerte au danger. Je sais que mon Maître veille, tapi dans l'ombre, mais l'alchimie du moment est électrique. Le "presque". Le frisson de la transgression contrôlée. Jusqu'où cet homme osera-t-il aller ? Jusqu'où Julien le laissera-t-il aller ?L'homme aux doigts moites resserre son étreinte sur mon bras. Il se penche, ses lèvres presque collées à mon oreille. Je sens son souffle chaud et son odeur écœurante de tabac froid mêlé au whisky.— Alors ? Qu'est-ce que tu en dis ? T'es plutôt sage ou plutôt coquine ?







