INICIAR SESIÓNÀ quatorze ans, Alessia Ravenshade attend son loup, mais il ne vient jamais. Du jour au lendemain, la petite fille adorée de tous devient la fille sans loup. Les sourires disparaissent, les murmures se changent en insultes, et sa propre meute la relègue plus bas qu'une Omega. Seul son frère jumeau reste à ses côtés, refusant de lui tourner le dos. Blessée, Alessia ne croit plus à l'amour. Elle est persuadée qu'aucun homme ne pourrait la regarder avec tendresse après avoir découvert ce qu'elle est devenue. Tout bascule quand Draven Blackmoor, Alpha redouté d'une meute voisine, franchit les frontières de son territoire. Un souffle, un regard, un seul mot : « Compagne. » Mais Alessia n'a jamais appris à croire aux miracles. Elle craint que ce lien ne soit un piège, et que cet homme finisse par l'abandonner, comme tous les autres. Acculée, dos à la porte, les larmes aux yeux, elle commence à prononcer les mots du rejet : « Moi, Alessia Ravenshade, je te rejette… » Draven ne la laisse pas finir. Furieux, il frappe la porte tout près de sa tête, lui interdit d'essayer et la retient, son corps lui barrant le passage. Il est son compagnon, qu'elle le veuille ou non, et désormais personne ne l'approchera ni ne la touchera. Alessia secoue la tête : elle ne veut appartenir à personne, pas après avoir toujours été considérée comme une erreur. Pourtant, son cœur s'emballe. Entre un Alpha prêt à tout pour la garder, une meute qui l'a brisée et un secret que la Déesse de la Lune lui révèle après des années, Alessia découvrira peut-être qu'elle est bien plus qu'une erreur de la nature. Certains destins ne se brisent pas : ils attendent simplement d'être réveillés.
Ver másCHAPITRE 1
POINT DE VUE : ALESSIA Les loups-garous ne sont pas censés exister. Techniquement, ils n'existent pas, du moins aux yeux des humains, car nous avons toujours veillé à leur faire croire que ce n'étaient que des légendes. La vérité, aussi froide et amère soit-elle, c'est que nous sommes bien réels, et que nous ne sommes pas les seuls : les vampires, les sorcières et bien d'autres créatures surnaturelles vivent parmi eux, sans que la plupart des humains aient jamais soupçonné leur présence. Le problème, c'est que les médias nous dépeignent presque toujours de manière complètement erronée. Nous ne passons pas nos nuits à hurler à la lune, et nous ne sommes pas non plus couverts de poils de la tête aux pieds, comme certaines histoires aiment à le prétendre. Si un loup-garou se tenait devant vous, vous ne remarqueriez très probablement rien d'anormal, car notre nature ne se révèle pas au premier regard. Nous nous fondons dans la foule, nous sourions aux passants et nous menons une vie semblable à celle de n'importe quel être humain, la seule différence tenant à ce qui se cache sous notre peau. Les loups-garous subissent leur première transformation à quatorze ans, lorsque leur corps est enfin assez développé pour supporter la douleur, et croyez-moi, cette première fois est de loin la plus terrible. Les os se brisent, les muscles se déforment, une fourrure recouvre la peau tandis que les ongles deviennent des griffes, que les doigts se changent en pattes et que la bouche s'allonge en museau. C'est un véritable supplice que chaque jeune loup doit endurer avant de pouvoir révéler sa véritable nature. Heureusement, une fois cette épreuve passée, les transformations suivantes ne font plus souffrir. Du moins, c'est ce qu'on m'a toujours raconté. Car, contrairement à toutes les personnes que j'ai connues, que je connais encore ou que j'ai croisées au cours de ma vie, je ne me suis jamais transformée, ni le jour de mes quatorze ans ni à aucun de mes anniversaires suivants. C'est pour cette raison que je n'emploie jamais le mot « nous » lorsque je parle des loups-garous. J'ai grandi parmi eux, je suis même née de deux d'entre eux, et pourtant je n'ai jamais été l'une des leurs. Je ne suis qu'une humaine, et dans une meute où la force détermine la valeur de chacun, cette simple différence suffit à faire de vous un monstre. Lorsque les membres de la meute ont découvert que je n'avais aucun loup en moi, personne ne m'a témoigné la moindre compassion. Leur comportement a changé du jour au lendemain, comme si je n'avais jamais été qu'une étrangère parmi eux, et en l'espace d'une seule nuit, ma vie a basculé. Moi qui avais grandi en croyant appartenir à cette famille, à cette meute, je suis devenue leur esclave. On m'a obligée à cuisiner, à nettoyer et à servir les autres comme une domestique sans aucun droit, et lorsque l'Alpha est en colère, je deviens son défouloir préféré. Il suffit qu'il ait passé une mauvaise journée pour que ce soit moi qui paie à sa place. Une erreur, un regard de travers ou une réponse qui lui déplaît peuvent me valoir des coups, et quoi que je fasse, je finis toujours par être coupable de quelque chose. Ma famille et mes amis m'ont tous abandonnée. Personne n'a pris ma défense, personne n'a cherché à comprendre ce que je ressentais, et ceux qui riaient autrefois avec moi ont commencé à me regarder comme si j'étais devenue une créature indigne de partager leur existence. Ils ne supportaient pas l'idée que la famille autrefois respectée des Bêtas soit désormais associée à une Omega. Dans une meute, personne ne veut d'un maillon faible : un seul individu incapable de se transformer suffit, à leurs yeux, à ternir la réputation de tous les autres et à fragiliser l'ensemble de l'organisation. Et ce maillon faible, c'était moi. Si je suis encore en vie aujourd'hui, je le dois uniquement à mon sang et à ma famille. Mon ascendance m'a protégée d'une mort certaine, même si elle ne m'a épargné ni les humiliations ni les souffrances, et je sais pertinemment que, née dans une autre famille, je ne serais sans doute plus de ce monde. Mais être épargnée ne veut pas dire être traitée comme un être humain. On m'a chassée de ma propre maison pour me reléguer au sous-sol de la maison de la meute, où je partage mon espace avec les rats. Oui, avec les rats. Ils courent parfois près de mes pieds pendant la nuit, fouillent dans les rares affaires que je possède et disparaissent dans les recoins sombres dès que je bouge. L'odeur y est insupportable, l'humidité s'infiltre partout et le froid me réveille souvent au beau milieu de la nuit. Même un grenier aurait été préférable à cet endroit immonde que je suis obligée d'appeler chez moi. Pourtant, personne ne se soucie de mon confort. Personne ne se demande si j'ai assez chaud, si j'ai mangé à ma faim ou si je parviens seulement à dormir, car pour eux, je ne suis qu'une humaine inutile qui devrait déjà s'estimer heureuse d'être encore en vie. Alors je fais ce qu'on attend de moi : je baisse la tête, j'obéis et j'essaie de ne jamais attirer l'attention. C'est le seul moyen que j'aie trouvé pour survivre. Il existe cependant un endroit où je parviens encore à oublier, ne serait-ce que quelques instants, la vie que je mène. Le lac. Lorsque toute la meute dort, je me faufile dehors sans un bruit et je rejoins ce lac, non loin de la maison. Je m'y baigne rapidement, en prenant soin de ne réveiller personne et de ne pas me faire surprendre. Je ne sais pas vraiment pourquoi, mais l'eau a sur moi un effet que je serais bien incapable d'expliquer : dès que j'y plonge, mes soucis semblent s'éloigner, comme si elle emportait avec elle une partie de ma douleur, de ma peur et de cette tristesse qui m'étouffe depuis des années. C'est mon refuge, mon petit coin de liberté dans un monde froid et cruel. Lorsque je nage, je ne suis plus l'humaine que tout le monde méprise, ni l'esclave qui doit se soumettre aux ordres de l'Alpha, ni cette fille dont personne ne veut. Je suis simplement Alessia. Je peux bouger librement, respirer sans craindre de recevoir un coup et laisser mon corps flotter à la surface, sans avoir à me soucier du regard des autres. Pendant ces quelques minutes, j'ai presque l'impression de pouvoir m'enfuir. Parfois, je ferme les yeux et j'imagine que je nage assez loin pour atteindre un endroit où personne ne me connaît, un endroit où je pourrais recommencer ma vie, loin de cette meute et de tous ceux qui me font souffrir. J'aimerais pouvoir continuer à nager jusqu'à disparaître à l'horizon, sans jamais avoir à revenir.POINT DE VUE : ALESSIAMais ce n'est pas notre Alpha qui apparaît dans l'encadrement de la porte.C'est…Mon Dieu.L'homme qui vient d'entrer est sans conteste le plus bel homme que j'aie jamais vu de toute ma vie, et je reste immobile, incapable de détourner les yeux. Ses yeux sont d'un bleu magnifique, d'une nuance si profonde et si lumineuse que je pourrais les contempler pendant des heures, tandis que sa mâchoire parfaitement dessinée souligne ses pommettes saillantes et son nez droit. Et ses lèvres… pleines, roses, absolument parfaites. Je crois que je viens de perdre la capacité de penser correctement.Ses cheveux bruns sont coiffés vers le haut, en une élégante mèche qui leur donne un volume naturel sans jamais retomber devant ses yeux, et tout chez lui semble à sa place, comme si la nature avait décidé de créer l'homme parfait et lui avait consacré tout son temps. Je devrais probablement détourner le regard, ce serait la chose raisonnable à faire, mais je n'y arrive pas. Mon r
POINT DE VUE : ALESSIA— On arrête les câlins avant que je me mette à pleurer, lance-t-il. Je suis magnifique aujourd'hui, et je refuse que des yeux gonflés viennent gâcher mon apparence.Il passe rapidement les mains sur son visage, comme s'il essuyait des larmes invisibles, puis redresse les épaules d'un air solennel.— Voilà. Beaucoup mieux.Il acquiesce à sa propre réflexion, visiblement très satisfait de lui-même, et je ne peux m'empêcher de rire une nouvelle fois. C'est fou comme il arrive toujours à me faire rire, même lorsque j'ai l'impression que mon cœur est sur le point de se briser.Puis mon regard se pose sur l'horloge accrochée au mur, juste derrière lui, dont les chiffres rouges indiquent 11 h 34, et mon sourire disparaît instantanément.Mon Dieu, le déjeuner !J'étais tellement occupée à profiter de ce moment avec Zayden que j'en ai presque oublié la raison pour laquelle je cours dans tous les sens depuis ce matin. L'Alpha arrive bientôt, et je n'ai pas encore terminé
POINT DE VUE : ALESSIA— J'espère que tu as raison, dis-je en m'approchant de lui devant le miroir. Et j'espère aussi que tu finiras par trouver quelqu'un qui t'aime vraiment. Quant à moi, j'ai déjà renoncé à tout espoir.Zayden me lance aussitôt un regard désapprobateur.— Ne dis pas ça, ma belle. Ce n'est pas parce que ces gens ne savent pas traiter correctement ceux qui sont différents d'eux que tout le monde est pareil.Il accompagne ses paroles d'un sourire compatissant, un sourire que je connais par cœur, pour l'avoir vu tellement de fois sur son visage que je pourrais le reconnaître entre mille. Il apparaît chaque fois que mon frère pense à la façon dont les autres me traitent, et même s'il s'efforce de ne pas me montrer à quel point ma situation lui fait de la peine, je le connais trop bien pour me laisser tromper. Je lui répète souvent qu'il n'a pas besoin de se sentir mal pour moi, mais j'ai fini par cesser de lui demander d'arrêter de me regarder ainsi, car si les rôles éta
POINT DE VUE : ALESSIA— Où as-tu appris à faire tout ça ? lui demandé-je en désignant du doigt les flacons, les pinceaux et les petits instruments alignés devant lui.Certains de ces objets me sont totalement inconnus, et je n'avais jamais vu la plupart de ces produits avant aujourd'hui, alors que Zayden les manipule avec une assurance déconcertante, comme s'il avait fait cela toute sa vie.Il s'interrompt un instant, se penche vers moi et murmure à mon oreille :— Alessia, crois-moi, tu ne veux vraiment pas connaître la réponse.Avant que je puisse insister, il se redresse déjà et retourne à mes cheveux, les doigts agiles, comme si la conversation était close.Je fronce les sourcils, me demandant ce que cette phrase peut bien cacher. Pourtant, connaissant mon frère, je sais qu'il ne me donnera aucune explication de plus, car lorsqu'il décide de garder un secret, il peut se montrer aussi têtu qu'un âne. Je préfère donc ne pas insister et le laisse poursuivre son travail en silence.U






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