LOGINIfeoma avait trois mois le vingt-deux septembre.Ce n'était pas un anniversaire que Zola avait prévu de marquer — les mois passaient avec cette vitesse particulière des premiers mois d'une vie, trop rapides et trop pleins à la fois pour être comptés soigneusement. Mais Thandi arriva ce matin-là avec un gâteau dont la présentation était visuellement audacieuse et la saveur excellente, et dit :— Trois mois. Ça mérite quelque chose.Il y eut des gens dans le jardin en fin d'après-midi. Pas une fête — simplement les gens qui étaient là, qui trouvèrent naturel d'être là ce jour-là : Kofi, Jabari et Kojo, Amara, Segun, Thandi. Quelques membres de la meute que Zola connaissait par leurs prénoms maintenant.Ifeoma passa la journée dans les bras de différentes personnes, regardant chacune avec cette attention particulière. Elle souriait depuis une semaine — un vrai sourire, social, pas du gaz — et l'effet de ce sourire sur les adultes autour d'elle était une chose que Zola t
Le rapport arriva par Kofi, un mercredi de septembre, sous forme de trois pages dactylographiées avec un en-tête que Zola reconnut : le format utilisé pour les informations transmises dans le cadre de l'investigation du Conseil.Nkrumah Ngozi, en garde à vue depuis décembre, avait commencé à parler.Il avait fourni les informations sur les disparus de Kasane d'abord — deux noms, deux adresses, deux personnes retrouvées en vie dans des situations qui nécessiteraient du temps et du soutien pour se remettre. Deux sur quatre. Les deux autres n'étaient plus retrouvables.Puis il avait fourni autre chose.Des noms et des positions de membres de la meute Ngozi qui avaient opéré dans quatre autres territoires. Des informations sur des activités qui n'avaient rien à voir avec Downtown, mais qui concernaient des situations qui durait depuis des années.Et puis, en toute dernière partie du rapport, quelque chose que Zola lut et relut.Le sujet a indiqué avoir reçu des i
Août passa, puis septembre arriva avec ce que septembre apportait toujours à Downtown — un changement dans la lumière, une qualité d'air différente, les premières feuilles qui décidaient que l'été avait assez duré.Ifeoma avait deux mois et demi. Elle levait la tête maintenant, avec ce sérieux des nourrissons qui découvrent la gravité et l'espace. Elle suivait les gens du regard avec une constance qui dépassait les capacités de son âge, et elle continuait à faire ce son — ce son grave et court — dans les moments où quelqu'un portait quelque chose de douloureux dans son corps.Amara notait tout. Elle avait rempli un second cahier depuis la naissance.Kofi venait trois fois par semaine. Il avait ses habitudes maintenant dans la maison — son fauteuil dans le salon, son moment avec Ifeoma chaque visite, une conversation avec Jospain autour du café du matin qui durait de plus en plus longtemps. Zola observait ces conversations de loin parfois — deux hommes assis à leur table
Il envoya une lettre d'abord — une vraie lettre, papier épais, écriture régulière — pour demander si une visite était acceptable. Il ne voulait pas arriver sans permission.Zola lui répondit par oui.Il arriva le premier samedi d'août, en début d'après-midi. Pas sous un alias cette fois — Sander Duvivier, son vrai nom, dans l'entrée de leur maison avec une bouteille de vin et quelque chose de presque cérémonieux dans la façon dont il tendit la bouteille.— Je ne sais pas ce que vous buvez, dit-il. J'ai demandé à quelqu'un qui connaît.— Du rouge, ça tombe bien, dit Zola.Jospain l'accueillit avec une poignée de main — ni froide ni chaleureuse, quelque chose de juste entre les deux, la façon dont on accueille quelqu'un dont on a décidé de penser du bien sans avoir eu encore assez de temps pour que ce soit automatique.Ifeoma dormait. Duvivier la regarda dans son berceau portable avec une expression que Zola lui avait déjà vue — cette façon de regarder les enfa
Ce fut une conversation un jeudi après-midi, dans la cuisine de Zola, avec Ifeoma endormie dans la pièce voisine et du thé froid entre elles parce que ni l'une ni l'autre n'avait pensé à le reboire.Thandi dit, sans préambule, sans avoir annoncé qu'elle allait dire quelque chose :— Je suis amoureuse de Jabari.Zola posa sa tasse. La reprit. La reposa.— Depuis quand ?— Depuis le premier soir où j'ai su qui il était vraiment. La nuit de la carrière. — Thandi regardait son thé. — Avant, quand c'était juste l'ami de l'homme mystérieux de la forêt, c'était de la curiosité. Après, quand j'ai compris ce qu'il portait — son frère, sa façon d'être, comment il parle de Kojo — c'est devenu autre chose.— Est-ce qu'il sait ?— Non. — Thandi leva les yeux. — Est-ce que tu penses que ça a du sens ? Objectivement.— Objectivement, dit Zola, Jabari est quelqu'un de bien. Il est discret, loyal, et il a plus de profondeur qu'il ne le montre. Ça, objectivement.—
Ce fut un mardi de juillet, à quatre semaines exactement.Segun était passé pour un rapport — quelque chose de banal sur les patrouilles du territoire — et il s'était assis dans le salon pendant cinq minutes avec Ifeoma dans les bras, parce que Zola avait besoin de ses deux mains et qu'il avait proposé.Segun tenait des bébés comme il tenait tout le reste — avec une efficacité pratique qui ne demandait pas à être belle pour fonctionner. Ifeoma était stable dans ses bras, calme.Puis Segun dit quelque chose à voix basse. Zola ne l'entendit pas depuis la cuisine. Mais elle entendit Ifeoma.Pas un pleur. Pas un son de nouveau-né ordinaire. Quelque chose de plus bas, presque inaudible, qui venait du fond de la petite gorge — un son qui n'était pas humain dans sa qualité, même si aucun médecin ordinaire n'aurait su le définir autrement.Elle entra dans le salon. Segun avait une expression qu'elle ne lui avait jamais vue — pas de la peur, quelque chose de plus nuancé.
L'accouchement dura sept heures.Zola les vécut avec la concentration d'une infirmière et la présence d'une femme — ces deux choses coexistant en elle comme elles avaient toujours coexisté, ni l'une ne prenant le dessus, ni l'une ne réduisant l'autre.Le Dr. Omondi était là. Amara était l
La nuit du vingt-deux juin, Zola ne dormit pas.Ce n'était pas de l'insomnie — son corps savait quelque chose que sa tête n'avait pas encore formulé. Elle resta allongée dans le noir à écouter la maison, à sentir l'air chaud de juin par la fenêtre entrouverte, à percevoir les choses avec cett
Ils prirent leur journée dans le jardin quand l'enfant avait trois semaines et demie.Zola était à huit mois et demi de grossesse — large, souvent essoufflée, avec cette façon de marcher qui avait changé sans qu'elle s'en rende compte, un équilibre nouveau appris par le corps. Elle dormait av
La déclaration de Duvivier au Conseil arriva à neuf heures du matin sous forme d'un document de cinq pages.Jabari la lut d'abord, puis Jospain, puis Kofi. Zola la lut en dernier — pas par ordre hiérarchique, mais parce qu'elle avait d'abord passé la matinée à organiser le plan médical de séc







