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CHAPITRE 5 — La Vérité sur les Mates

ผู้เขียน: Torres NGABA (TNT)
last update วันที่เผยแพร่: 2026-04-05 00:51:53

Il ne disparut pas.

Zola avait attendu quarante-huit heures après le coup de téléphone, retenant son souffle à chaque bruit de pas dans le couloir de la clinique, se demandant s'il avait finalement pris la bonne décision et s'en était allé. La ville avait continué à tourner autour d'elle comme une machine ordinaire — les consultations, les prises de sang, Thandi qui apportait des croissants le jeudi et des théories romantiques sur les inconnus mystérieux. Et puis elle avait levé les yeux du comptoir, et il était là.

Pas comme patient, cette fois. Il attendait dehors, appuyé contre le mur d'en face, les bras croisés, un gobelet de café dans une main. Il regardait la porte de la clinique avec la patience de quelqu'un qui aurait attendu toute la journée si nécessaire.

Elle sortit à la pause de treize heures.

— Tu n'es pas parti, dit-elle.

— Non.

— Je t'avais demandé de partir.

— Tu avais dit on verra. — Il lui tendit le deuxième gobelet de café qu'elle n'avait pas remarqué. — Café. Je ne savais pas comment tu le prenais, alors j'ai pris noir.

Elle prit le gobelet. Elle ne savait pas pourquoi elle prenait le gobelet.

— Jabari va bien ? demanda-t-elle.

— Grâce à toi. Il s'en remettra.

La nuit précédente était encore floue dans ses souvenirs, une succession de gestes rapides et discrets dans la maison endormie de son père. Elle avait localisé la cellule de détention au sous-sol — son père l'avait construite à son retour de mission, sept ans plus tôt, en lui disant qu'elle servait à stocker du matériel. Techniquement, ce n'était pas entièrement faux. Elle avait déverrouillé la porte, trouvé Jabari — un homme compact aux traits fins, les poignets entravés par ce qui ressemblait à des menottes ordinaires mais que son père avait probablement traitées — et il l'avait regardée avec des yeux qui ne trahissaient ni peur ni surprise, juste une attention calme et mesurée.

— Tu es Zola Bamba, avait-il dit.

— Oui.

— Notre Alpha t'a envoyée.

— En quelque sorte. Bouge. On n'a pas le temps.

Il était parti par la fenêtre de la salle de bain, celle qui donnait sur l'arrière du jardin. Elle avait remonté se coucher et n'avait pas dormi de la nuit, attendant que son père descende et découvre que la cellule était vide.

À l'aube, elle avait entendu ses pas dans l'escalier. Son silence. Ses pas qui remontaient, puis redescendaient, puis se dirigeaient vers le couloir.

Il avait frappé à sa porte.

Quelqu'un a libéré le prisonnier. Tu as entendu quelque chose cette nuit ?

Non, papa. Rien du tout. Tu penses que c'était qui ?

Son père avait eu un regard long et difficile à déchiffrer, et il avait dit : Je ne sais pas encore. Puis il était parti.

Maintenant, dans la rue devant la clinique, le soleil froid de novembre sur les pavés et le café encore chaud entre ses mains, elle regardait Jospain et attendait qu'il explique pourquoi il n'était pas parti.

— Il y a quelque chose que je dois te dire, dit-il. Quelque chose que j'aurais dû dire avant, peut-être. Ou peut-être que non — je ne sais pas encore à quel moment on est censé dire ces choses-là.

Il parlait différemment que d'habitude. Moins de la certitude maîtrisée qu'elle avait appris à reconnaître, plus de quelque chose qui ressemblait à de la précaution, comme quelqu'un qui marche sur un terrain qu'il ne connaît pas bien.

— Dis, dit-elle.

— Tu es ma compagne de destin.

Elle attendit la suite. Il n'y en eut pas.

— Je ne sais pas ce que ça veut dire, dit-elle.

— Chez les miens, on appelle ça une mate. Une compagne de vie, désignée par quelque chose qui dépasse le choix individuel. Ce n'est pas une décision — ce n'est pas quelque chose qu'on peut refuser ou accepter. Ça se reconnaît. C'est dans l'odorat, dans le contact, dans... — Il s'arrêta. Chercha ses mots. — C'est difficile à expliquer à quelqu'un qui n'a pas de loup en lui.

Zola but une gorgée de café. Elle avait besoin d'une seconde pour que son cerveau trie les informations.

— Tu es en train de me dire que tu penses que je suis... ta âme-sœur.

— Oui. En termes humains, c'est l'approximation la plus proche.

— Et c'est pour ça que tu n'es pas parti.

— C'est pour ça que je ne peux pas partir.

— Je ne t'appartiens pas.

— Je sais. — Il n'y avait pas de défensive dans sa voix. Juste de la clarté. — Le lien ne fonctionne pas comme ça. Ce n'est pas une possession. C'est une... reconnaissance. Comme voir quelqu'un et savoir, à la façon dont ton cœur réagit, que cette personne compte d'une façon que rien d'autre ne compte.

Elle le regarda. Il la regardait avec ces yeux d'or qui ne cillaient pas, et pour la première fois depuis qu'elle le connaissait, elle vit quelque chose dans ce regard qui n'était pas de la certitude. Quelque chose de proche de la vulnérabilité. Il lui avait dit quelque chose qu'il ne pouvait pas reprendre. Il lui avait donné quelque chose qu'il ne pouvait pas récupérer.

— Tu n'es pas sûr de comment je vais réagir, dit-elle.

— Non.

— C'est pour ça que tu attendais dehors plutôt que d'entrer.

Il ne répondit pas, mais c'était une réponse.

Elle détourna les yeux vers la rue. Les gens passaient, indifférents — des gens ordinaires avec des vies ordinaires, personne pour qui cet échange aurait un sens ou une pertinence. Elle pensa à son père. Elle pensa à la femme dans la clairière, les mains vers le ciel, les yeux dorés. Elle pensa à toutes les façons dont cette conversation était impossible, déplacée, dangereuse.

Elle pensa à la façon dont son cœur avait fait un raté, la première fois qu'il avait ouvert les yeux.

— Tu aurais dû me dire ça au moulin, dit-elle.

— Oui. J'avais peur.

— Toi ?

— Les Alphas ont peur. Comme tout le monde.

Elle hocha lentement la tête. Le café était encore chaud dans sa main. Elle n'avait pas l'intention de le jeter.

— Je ne sais pas ce que je ressens, dit-elle. Ou plutôt — je sais ce que je ressens, et c'est précisément pour ça que je ne sais pas quoi faire de ça. Tu es le fils de la femme que mon père a tuée. Tu es une cible dans son dossier. Et moi, je...

Elle s'arrêta.

— Et toi, dit-il doucement.

— Et moi, j'ai pris le café.

Il regarda le gobelet dans sa main. Et cette fois, il y avait quelque chose dans son regard qui ressemblait à un sourire, pas de surface mais de fond, quelque chose de profond et de lumineux qui changea complètement son visage pendant une fraction de seconde.

— C'est un début, dit-il.

— C'est un café.

— C'est un début, répéta-t-il.

Elle était sur le point de répondre quand son téléphone vibra. Message de son père : Rentre directement ce soir. J'ai quelque chose à te montrer.

Elle lut le message deux fois. Quelque chose dans son estomac se contracta.

— Il sait, dit-elle.

— Qu'est-ce qu'il sait ?

— Je ne sais pas encore. Mais il sait quelque chose. — Elle rangea son téléphone. Regarda Jospain une dernière fois. — Reste à l'écart pendant quelques jours. Je vais voir ce que c'est.

— Zola.

— Quoi ?

Il hésita — et de nouveau, cette hésitation était précieuse parce qu'elle était rare chez lui.

— Fais attention à toi. Pas pour moi. Pour toi.

Elle fit demi-tour. Elle ne répondit pas. Mais elle porta le gobelet de café jusqu'à la fin de sa pause, et quand elle rentra dans la clinique, Thandi la regarda avec des yeux qui voyaient tout et ne dirent rien.

Ce soir-là, son père l'attendait à la table du dîner, et sur la table il y avait une chose qu'elle n'avait pas prévue : une photo d'elle. Prise de loin, à la longue focale, dans la rue devant la clinique. Elle et Jospain, à trente centimètres l'un de l'autre, elle avec le gobelet de café, lui avec ses yeux sur elle.

Son père la posa sur la table entre eux.

Il ne dit pas un mot. Il attendit.

Et Zola comprit, avec une clarté parfaite et brutale, que les jours de mensonge facile étaient terminés.

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